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Capacités d’inhibition et comportements impulsifs chez les personnes atteintes du syndrome Gilles de la Tourette : une méta-analyse significative

Marc Lavoie, chercheur

Une évaluation systématique des symptômes de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les patients atteints du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) pourrait permettre de mieux encadrer et de diminuer les comportements impulsifs chez ces derniers. C’est ce que démontre une méta-analyse réalisée par une équipe de chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal), dont les résultats sont publiés dans la revue Neuroscience & Biobehavioral Reviews.

Le SGT, qui se caractérise principalement par des tics moteurs et vocaux, est aussi marqué par des déficits d’inhibition, à l’origine de comportements impulsifs (par ex. comportements explosifs et/ou agressifs, crises de colère, comportements d’automutilation, etc.).

« Notre méta-analyse permet de clarifier la littérature scientifique dans ce domaine, qui aboutissait jusqu’à présent à des résultats parfois contradictoires », déclare Marc Lavoie, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur-chercheur titulaire au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

Simon Morand-Beaulieu, étudiant au doctorat

« Cette étude démontre que plusieurs facteurs diminuent les capacités d’inhibition. Entre autres, les patients qui sont aussi atteints du TDAH ont davantage de problème d’inhibition que les patients qui ne le sont pas », soutient Simon Morand-Beaulieu, doctorant au Département de neurosciences de l’Université de Montréal et premier auteur de l’étude. « De plus, les patients ayant des tics plus sévères ont aussi plus de difficultés à inhiber leurs comportements. »

Cette méta-analyse recense 61 études et inclut 1 717 patients atteints du SGT et 1 399 participants contrôles. Les études incluses utilisaient une tâche neuropsychologique dans laquelle les patients devaient inhiber une réponse motrice ou verbale.

Les déficits d’inhibition peuvent être à la base de nombreux comportements impulsifs chez les patients atteints du SGT, comme les épisodes explosifs. « Les problèmes qui découlent de l’impulsivité sont souvent plus problématiques pour les patients et leur entourage que les tics eux-mêmes » affirme Marc Lavoie.
« Les résultats de cette étude encouragent les professionnels de la santé à évaluer et traiter les symptômes du TDAH de manière systématique chez les patients atteints du SGT. »

Toutefois, cette méta-analyse démontre que les problèmes d’inhibition sont aussi présents chez les patients qui ne présentent aucun trouble concomitant, bien qu’ils soient moins sévères. Cela suggère que ces déficits seraient inhérents au SGT. Sur une note plus positive, l’étude démontre que les déficits d’inhibition tendent à diminuer à mesure que les patients vieillissent. Cela est probablement lié à la maturation des régions frontales du cerveau, ce qui entraîne un meilleur contrôle des inhibitions.

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Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Bureau : 514 251-4000, poste 2986 | Cell. : 514 235-4036
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Compréhension des variations individuelles de la susceptibilité au cancer

Nouveau rôle du suppresseur de tumeur Trp53 dans la maturation des cellules NK

Sylvie Lesage, chercheure HMR

Le laboratoire du Dre Sylvie Lesage, chercheure au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) a mené chez les souris une étude importante pour la compréhension du rôle du système immunitaire dans l’élimination des cellules cancéreuses. Ces travaux permettent de mieux comprendre pourquoi la susceptibilité au cancer et aux infections est augmentée chez certains individus, ce qui pourrait, à terme, paver la voie vers des traitements plus efficaces chez l’humain.

Cette étude, publiée dans le Journal of Immunology, visait à identifier les gènes qui contrôlent l’efficacité des cellules Natural Killer ou cellules NK. Ces cellules font partie du système immunitaire et permettent d’éliminer les cellules cancéreuses ou les cellules infectées par des virus. L’efficacité des cellules NK dans la prévention du cancer et l’élimination des infections est déterminée par nos gènes et varie d’un individu à l’autre.

L’étude a adopté une approche combinée tenant à la fois de la génétique et de la bio-informatique. Elle a révélé plusieurs gènes pouvant affecter la maturation des cellules NK. Parmi les gènes identifiés, Trp53, un gène suppresseur de tumeur dans lequel des mutations sont fréquemment retrouvées dans les cancers, s’est avéré particulièrement intéressant. Les résultats montrent que l’absence de Trp53 a effectivement un impact sur la maturation des cellules NK. Ainsi, non seulement le gène Trp53 affecte-t-il la survie des cellules tumorales elles-mêmes, mais il pourrait aussi affecter la maturation des cellules NK et leur capacité à éliminer les cellules cancéreuses.

Ce projet est financé par la Société de recherche sur le cancer et par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie.

À propos de Dre Sylvie Lesage
La Dre Sylvie Lesage est professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal et son laboratoire est situé au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal). Elle est récipiendaire de la bourse Sénior du Fonds de recherche du Québec – Santé.

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Catherine Dion
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Compréhension des pathologies oculaires – Une nouvelle distinction pour le chercheur Mike Sapieha

Dr Przemyslaw (Mike) Sapieha
Dr Przemyslaw (Mike) Sapieha

Le chercheur de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île de Montréal) Mike Sapieha voit la liste de ses distinctions s’allonger une nouvelle fois. Il recevra en effet le 21 novembre prochain, lors de la conférence annuelle de la Société canadienne de recherches cliniques, le Prix Joe-Doupe qui reconnait l’excellence des dix premières années de recherche d’un jeune scientifique.

« Le vieux proverbe voulant que la valeur n’attende pas le nombre des années semble avoir été inventé pour Dr Sapieha », a déclaré Dr Denis-Claude Roy, directeur de la recherche au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, ajoutant que « l’excellence de sa recherche ouvre un champ de possibilités infini pour penser guérir un jour les plus incapacitantes des pathologies de l’œil. »

Directeur de l’unité de recherche des maladies neuro-vasculaires oculaires du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biologie cellulaire de la rétine, Mike Sapieha est également professeur aux départements d’ophtalmologie et de biologie et médecine moléculaire de l’Université de Montréal.

En mai dernier, Mike Sapieha avait déjà reçu le prix 2017 du jeune chercheur de l’Association canadienne des neurosciences (ACN) pour ses réalisations remarquables en début de carrière.

Titulaire d’un doctorat de l’Université de Montréal et de deux post-doctorats en biologie vasculaire, l’un de l’Université McGill et l’autre de l’École de médecine de l’Université Harvard, Mike Sapieha se penche entre autres sur l’impact du métabolisme des neurones sur les vaisseaux sanguins oculaires. Plusieurs de ses travaux, qui pavent la voie à une meilleure compréhension des pathologies oculaires et ultimement à la mise au point de thérapies efficaces pour celles-ci, ont été publiés dans des revues scientifiques de premier plan.

Pour information et entrevues
Florence Meney
Relations avec les médias | CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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