Actualité

Un coup de pouce pour l’innovation de la recherche à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal

Félicitations à Marie-France Marin, chercheure et à Stéphane Guay, directeur de la recherche à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) qui viennent d’obtenir un financement de 274 469 $ du Fonds des Leaders John-R.-Evans de la Fondation canadienne pour l’innovation, pour l’installation de nouveaux laboratoires et d’équipements de mesures psychophysiologiques.

Selon Yvan Gendron, président-directeur général du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, « cet appui accordé aux chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal constitue assurément une reconnaissance de l’excellence de leurs travaux. Il permettra d’améliorer notre compréhension des problèmes de santé mentale et nos interventions auprès des personnes qui en sont atteintes. »

Marie-France Marin

« Concrètement, cette subvention nous aidera à mettre sur pied un laboratoire de recherche pour étudier les mécanismes impliqués dans l’apprentissage de la peur par observation chez les enfants, » explique Marie-France Marin qui est également professeure adjointe au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal. « Ainsi, nous pourrons entreprendre des études afin de mieux comprendre les facteurs environnementaux et familiaux qui influent sur la transmission des peurs et du trauma entre les générations. »

Stéphane Guay

« Ces installations ainsi que les équipements mobiles associés pourront être utilisés par d’autres chercheurs et étudiants du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, » souligne Stéphane Guay qui est aussi professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. « C’est un apport significatif pour notre organisation qui favorisera le développement de nouvelles expertises en santé mentale. »

Dans les faits, ce financement permettra l’aménagement d’une salle d’observation, l’achat de matériel de mesures psychophysiologique (rythme cardiaque, tension artérielle, etc.) et l’acquisition d’ordinateurs.

Ces initiatives sont rendues possibles grâce à la participation financière du Gouvernement du Québec et celle de la Fondation de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Les récipiendaires du Fonds des Leaders John-R.-Evans doivent être des chefs de file reconnus dans leurs domaines de recherche respectifs ou qui ont la capacité de faire preuve – d’excellence dans le domaine de la recherche proposé. Également, ils doivent être engagés, ou sur le point de l’être, dans un programme de recherche ou de développement technologique original, de haute qualité et concurrentiel sur la scène internationale

Le Fonds des leaders John‑R.‑Evans (FLJE) appuiera 94 projets de 33 universités canadiennes dans le cadre du présent cycle de financement. Administré par le gouvernement fédéral par l’entremise de la FCI, le FLJE a pour objet d’aider les universités à recruter et à maintenir en poste les meilleurs chercheurs du monde. Les subventions du présent cycle totalisent près de 20 millions de dollars.

Les effets de la banalisation de la violence au travail sur les victimes

Banaliser la violence au travail entraînerait des conséquences psychologiques importantes chez les victimes, selon leur profession et leur sexe. C’est ce que conclut une recherche du Centre d’études sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal qui vient d’être publiée dans Annals of Work Exposures and Health.

Steve Geoffrion, chercheur

« Banaliser la violence au travail, c’est d’être convaincu que la violence fait partie du boulot et qu’il ne faut pas s’en plaindre » explique Steve Geoffrion, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. « Ainsi, beaucoup de travailleurs victimes d’actes de violence se taisent parce qu’ils pensent qu’un tel comportement conduirait à un jugement négatif de la part de leurs collègues ou de leur hiérarchie. Notre étude est la première du genre à s’intéresser à l’impact de cette banalisation sur le bien-être psychologique des travailleurs » affirme le professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Le but premier de cette recherche était d’évaluer concrètement les conséquences psychologiques de cette banalisation sur des individus victimes d’un acte de violence au travail et ce, en tenant compte des facteurs individuels (par exemple : l’âge, l’historique d’exposition à la violence au travail) et de soutien. Les chercheurs avaient également comme objectif de mesurer si le fait d’être un homme ou une femme et le type de profession pouvaient influencer la relation entre la banalisation de l’acte et les conséquences psychologiques.

Pour la réalisation de cette recherche, trois cent soixante-dix-sept participants qui exerçaient un métier d’agents chargés d’appliquer la loi (agents de sécurité, gardiens de parcs et policiers) ou qui travaillaient dans le réseau de la santé (majoritairement des infirmières et infirmiers) ont répondu à l’enquête. Les deux tiers des travailleurs de la santé étaient des femmes alors que la majorité des policiers étaient des hommes (74 %).

Les chercheurs ont demandé aux répondants de compléter un questionnaire afin de connaître le nombre de fois où ils ont été victimes et/ou témoins de différents actes de violence au travail au cours des 12 derniers mois, tels que des agressions verbales, des comportements destructeurs, des menaces, des vols avec violence ou à main armée ou des agressions sexuelles. De plus, ils interrogeaient leur perception de la violence dans leur milieu de travail et leur état de santé psychologique.

Résultats
Plus de la moitié (54 %) des participants pensent que la violence est normale dans leur environnement de travail tandis que 58 % estiment que leurs collègues ou employeurs les auraient jugés négativement s’ils s’étaient plaints d’être exposés à cette violence. La majorité des participants ont également rapporté avoir eu des séquelles psychologiques suite aux événements violents tels que des troubles de sommeil et de concentration, de l’irritabilité et de l’hyper vigilance.

Or, les travailleurs – et non les travailleuses – du milieu qui ont normalisé les actes de violences (c.-à-d. qu’ils acceptent qu’il s’agit d’une composante de leur travail et qu’ils sont formés pour gérer ce type de comportements) ont connu moins de problèmes psychologiques, contrairement à ceux qui n’osent pas se plaindre auprès de leurs collègues ou employeur. En somme, peu importe qu’ils soient travailleurs du milieu de la santé ou agents de la force, hommes ou femmes, les travailleurs qui croient qu’ils seront jugés par des collègues ou supérieurs s’ils se plaignent de la violence au travail ont subi davantage de problèmes psychologiques suite à un événement de violence au travail.

Stéphane Guay, directeur du Centre d’étude sur le trauma

Cette recherche nous apprend donc que plus les collègues et l’employeur soutiennent la victime, moins celle-ci aura des séquelles psychologiques. « L’importance du soutien social peut être lié au fait que la victime se sent comprise, a une meilleure estime de soi et parvient à utiliser des stratégies d’adaptation, » explique Stéphane Guay, directeur du Centre d’étude sur le trauma. « En revanche, il faut être prudent car un faible soutien social est un facteur de risque d’état de stress post-traumatique. Bref, le soutien social apporté par les employeurs ou les collègues peut représenter un mécanisme de protection pour les travailleurs, » complète le professeur titulaire à l’École de criminologie et au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

Retombées
Cette étude a démontré que les organisations devraient encourager les employés à discuter librement des actes de violence dont ils ont été victimes, car cela peut contribuer à leur bien-être au travail. Elle a également permis de mieux informer les organisations sur les interventions à prendre pour minimiser les conséquences psychologiques. Cette étude soulève aussi les potentiels bienfaits de la normalisation comme une stratégie adaptée aux hommes du milieu de la santé pour composer avec la violence au travail.

« Davantage de recherches sont cependant nécessaires afin d’évaluer les conséquences de la banalisation des actes de violence au travail sur les conséquences psychologiques des travailleurs, » affirme Steve Geoffrion. « Elles devront s’appuyer sur un échantillon plus large tout en contrôlant d’autres facteurs, tels que les antécédents personnels d’abus et les stratégies organisationnelles visant à prévenir la détresse psychologique. »

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Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
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Schizophrénie et déficit de mémoire : certaines zones du cerveau en cause

Le déficit de mémoire des personnes atteintes de schizophrénie est associé à une baisse d’activité de certaines zones du cerveau, selon les résultats d’une étude publiée par des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal.

« Les gens souffrant de schizophrénie sont souvent aux prises avec un déficit cognitif, et en particulier, un déficit de la mémoire de travail. Cela se traduit par des difficultés à mémoriser à court terme les informations », explique David Luck, chercheur à l’ l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur adjoint au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

La mémoire de travail est une forme de mémoire à court terme qui retient temporairement une information. Cette information est retenue de manière inconsciente (par exemple : se souvenir de la couleur du vêtement de son voisin) ou intentionnelle (par exemple : retenir un numéro de téléphone pour le composer ensuite).

Cependant, aucune étude ne s’est intéressée, jusqu’à présent, à la façon dont le cerveau des personnes atteintes de schizophrénie fonctionne lors du traitement de l’information, que celle-ci soit intégrée de manière consciente ou non. « Il est probable que les gens souffrant de schizophrénie ont du mal à mémoriser de manière intentionnelle une information, alors que leur mémoire de travail inconsciente semble préservée, » affirme Stéphanie Grot, première auteure de l’étude et assistante de recherche dans le laboratoire de David Luck. « Notre objectif était de vérifier cette hypothèse et de regarder l’activité du cerveau de personnes atteintes de schizophrénie lors de tâches de mémoire de travail. »

Concrètement, l’équipe de recherche a recruté 42 participants, 19 personnes atteintes de schizophrénie et 23 sujets témoins, et leur a demandé d’effectuer une tâche faisant appel à la mémoire de travail inconsciente et une tâche faisant appel à la mémoire de travail intentionnelle. En parallèle, l’activité du cerveau était mesurée à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle.

Résultats
L’étude a révélé que les participants atteints de schizophrénie ne présentaient aucun problème pour mémoriser inconsciemment les informations, contrairement à la mémorisation intentionnelle qui s’est montrée hautement perturbée. Ce déficit spécifique pour les processus intentionnels se traduisait par une diminution de l’activation des lobes pariétal et frontal sur le plan cérébral. Le fait que le lobe pariétal soit moins activé dans la schizophrénie expliquerait pourquoi les patients ont plus de difficulté à prêter attention à une information, alors qu’une activité réduite du cortex préfrontal reflèterait une incapacité à utiliser des stratégies efficaces pour maintenir une information et la stocker temporairement.

« Ces observations nous suggèrent que les patients atteints de schizophrénie pourraient souffrir d’un déficit d’attention et que des techniques de stratégies de mémorisation pourraient les aider à encoder correctement l’information intentionnelle, » explique le chercheur David Luck.

La découverte d’un tel dysfonctionnement pourrait ouvrir la voie à de nouvelles interventions thérapeutiques, telles que les techniques de neuromodulation, comme la stimulation électrique transcrânienne par exemple, qui possèdent un potentiel prometteur pour améliorer la cognition et la mémoire en particulier.

Source : Grot S, Légaré VP, Lipp O, Soulières I, Dolcos F, Luck D. Abnormal prefrontal and parietal activity linked to deficient active binding in working memory in schizophrenia. Schizophr Res. 2017 Jan 14. pii: S0920-9964(17)30030-0. doi: 10.1016/j.schres.2017.01.021.

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Événement « À livres ouverts » du 18 au 25 mars 2017

 

 

 

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal vous invite à venir rencontrer des « livres vivants », des personnes qui vivent ou qui ont vécu avec un problème de santé mentale et qui partageront une page de leur histoire pour l’occasion. Elles livreront leur vibrant témoignage dans le cadre de l’événement national de lutte contre la stigmatisation en santé mentale : À livres ouverts.

Une personne sur quatre vivra avec un problème de santé mentale au cours de sa vie. La discrimination et les préjugés vécus par les personnes vivant avec un problème de santé mentale sont les principaux obstacles à leur rétablissement. Ainsi, près des deux tiers de celles-ci n’iront pas chercher l’aide dont elles ont besoin par peur des préjugés (Organisation mondiale de la Santé, 2001).

À livres ouverts est une façon de lutter contre la stigmatisation en santé mentale et le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal est le premier CIUSSS au Québec à participer à cette activité. Cet événement est organisé par l’Association québécoise pour la réadaptation psychosociale en partenariat avec l’Association des bibliothèques publiques du Québec et plusieurs organismes communautaires et publics.

Les « livres vivants » livreront leur témoignage dans les centres de documentation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et de l’Hôpital Santa Cabrini de 11 h à 13 h 30.

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal vous invite à y assister en grand nombre.

Les témoignages de ces « livres vivants » changeront vos perceptions !

Mardi 21 mars 2017, 11 h à 13 h 30
Bibliothèque médicale et Centre d’information pour l’usager et ses proches
Hôpital Maisonneuve-Rosemont
Pavillon J.A.-DeSève
5415, boul. de l’Assomption
Montréal (Québec) H1T 2M4

Mercredi 22 mars 2017, 11 h à 13 h 30
Centre de documentation
Hall d’entrée de l’Hôpital Santa Cabrini
5655, rue Saint-Zotique Est
Montréal (Québec)  H1T 1P7

Jeudi 23 mars 2017, 11 h à 13 h 30
Centre de documentation
Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Pavillon Bédard, 3e étage, local BE-316-34
7401, rue Hochelaga
Montréal (Québec)  H1N 3M5

Pour plus d’information, communiquez avec Éric Skulski au 514 251-4000, poste 2832