Un nouveau traitement pour les comportements répétitifs axés sur le corps

Un traitement cognitif psychophysiologique mis au point par des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal permet maintenant de traiter différemment les comportements répétitifs centrés sur le corps, selon une étude publiée dans le Journal of Clinical Psychology.

Ces comportements répétitifs regroupent des gestes compulsifs tels que la trichotillomanie (s’arracher les cheveux), l’excoriation (s’arracher la peau sans s’automutiler) et l’onychophagie (se ronger les ongles).

Kieron O’Connor, chercheur

« Le traitement habituel pour les comportements répétitifs centrés sur le corps est une thérapie comportementale qui consiste principalement en l’apprentissage d’une réponse incompatible avec l’action, permettant ainsi de supprimer l’habitude, » explique Kieron O’Connor, chercheur et directeur du Centre d’études sur les tics et les tocs (CETOCT) de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

« Par exemple, pour empêcher son comportement, une personne qui se ronge les ongles de manière compulsive pourrait les vernir. En s’occupant différemment, l’habitude finie par changer et elle devient alors plus facile à arrêter. »

Cette étude a évalué 54 personnes qui ont suivi un nouveau traitement cognitif de la gestion des comportements répétitifs axés sur le corps sur une période de 14 semaines. Lors de la thérapie, les chercheurs ont évalué les facteurs déclencheurs du comportement chez les participants, en s’intéressant plus spécifiquement à l’interprétation de l’environnement de chacun lorsque l’habitude se manifeste. L’objectif du traitement était de permettre aux participants d’apprendre à réagir différemment à leur environnement, en particulier, en tentant d’être moins perfectionniste dans la planification leurs actions.

« Prenons l’exemple d’une personne qui a tendance à s’arracher des bouts de peau lorsqu’elle doit conduire sa voiture » explique Kieron O’Connor, premier auteur de l’article et professeur titulaire à l’Université de Montréal. « Pour cette personne, la conduite automobile est stressante et elle craint constamment les critiques des autres, ce qui fait qu’elle planifie minutieusement chaque aspect de sa conduite. Lors du traitement, elle apprend à accepter que sa conduite n’est pas parfaite et à abandonner la planification excessive de chacun de ses déplacements. Puisque la personne tolère mieux les critiques des autres et qu’elle n’essaie plus de contrôler chacun de ses gestes, elle ne ressent plus le besoin de s’arracher des petits bouts de peau ».

Résultats
Les résultats démontrent que le traitement cognitif psychophysiologique amène une amélioration significative chez 74% des participants, un taux de réussite qui est plus de 2 fois (2,24) supérieur à celui de participants qui sont en attente pour suivre une thérapie.

« Le progrès a autant été constaté chez les hommes que chez les femmes. La diminution des symptômes s’accompagne d’une baisse du perfectionnisme et de la planification excessive. Concrètement, la qualité de vie de ces personnes est grandement améliorée », souligne Kieron O’connor.

Les gains acquis par les participants étaient maintenus six mois après le traitement. Ce traitement cognitif innovateur est donc une alternative valable aux approches comportementales et à l’utilisation de médication pour les personnes aux prises avec des comportements répétitifs centrés sur certaines parties du corps.

Pour information
Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
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Trouble de la personnalité limite : nouveau cadre de référence pour les soins de première ligne en santé mentale

Le Centre national d’excellence en santé mentale (CNESM), conjointement avec les instituts universitaires santé mentale de Québec (IUSMQ), de Montréal (IUSMM) et le Centre universitaire de santé de McGill (CUSM), viennent tout juste de publier un cadre de référence afin de restructurer l’offre de service des soins en première ligne en santé mentale pour les personnes présentant un profil trouble de la personnalité limite (TPL).

Pierre David

« Actuellement, les soins offerts sont inégaux dans le réseau de la santé. Malgré la bonne volonté des gestionnaires et des équipes en santé mentale, mettre un programme en place est un processus long et ardu et ils n’ont pas tous nécessairement les outils ou les ressources pour le faire. Le CNESM et ses partenaires veulent proposer un cadre de référence qui constitue un document de base des soins à offrir aux personnes atteintes de trouble de la personnalité », explique Pierre David, psychiatre et chef médical du Programme des troubles relationnels et de la personnalité à l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal). Les services de premières lignes, qui incluent CLSC et cliniques médicales, représentent la porte d’entrée des services de santé et doivent être en mesure de répondre aux besoins en santé mentale de la population.

« Le Centre national d’excellence en santé mentale a réuni un comité de travail composé d’experts, provenant d’instituts universitaires en santé mentale, ayant développé une réflexion et aussi expérimenté une offre de service plus adaptés aux services de proximité de 1re ligne. L’objectif est de proposer une offre de service qui rejoint les orientations du plan d’action en santé mentale 2015-2020, qui vise entre autres à assurer une réponse à 70 % des besoins en santé mentale en contexte de 1re ligne », explique Michel Gilbert, coordonnateur du CNESM . Ainsi, ce comité propose un modèle de soins par étape qui prend en considération la complexité et l’intensité des symptômes du patient. On évite alors les soins de longues durées qui ne sont pas nécessaires pour toutes les personnes et qui utilisent des ressources inutilement. Les soins par étape permettent une intervention efficace et de basse intensité, en premier lieu, et ce pour une grande portion des personnes ciblées, puis de plus forte intensité seulement si nécessaire.

Ils conseillent aussi d’établir une hiérarchisation des soins en mettant en place une meilleure définition des services offerts à chaque niveau (1re, 2e et 3e ligne). Ainsi, les patients, selon ses symptômes et son intensité, seraient référés à la bonne ressource. Chaque ligne d’intervention serait munie d’un plan d’intervention pour les patients présentant un profil TPL.

Des données inquiétantes                                                                                               Les personnes présentant des troubles de la personnalité, dont le TPL, sont une réalité clinique importante et comportent des enjeux de santé publique incontournables au Québec (200 000 Québécois). Selon une étude de l’Institut nationale de santé publique du Québec (INSPQ) récemment publiée dans la Revue canadienne de psychiatrie, les personnes atteintes de troubles de la personnalité de type B auraient une espérance de vie plus courte que la population générale. « Concrètement, elles présentent une espérance de vie réduite de 9 ans chez les femmes et de 13 ans chez les hommes, comparativement à la population générale », explique le Dr Lionel Cailhol, psychiatre et chercheur associé à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal qui est l’un des auteurs de l’article.

L’étude met en évidence que le taux de mortalité des personnes atteintes de trouble de la personnalité de type B est plus élevé que la moyenne. Le suicide est la principale cause de mortalité et représente 20.4 % des cas. Les personnalités limites et narcissiques seraient les plus grands contributeurs de ce résultat et les femmes sont deux fois plus à risque que les hommes. Outre la prévalence élevée du suicide, on retrouve aussi comme cause de mortalité les maladies cardiovasculaires (19.1 %), le cancer (18.6 %) et les maladies respiratoires (8.1 %). « Toutes les causes de mortalité sont surreprésentées. Un mode de vie à risque et des mauvaises habitudes de vie sont au centre de la problématique », précise Dr Cailhol.

De plus, l’étude démontre aussi que les individus atteints d’un TP de type B sont de grands utilisateurs des services de santé physique et mentale tous confondus. 78 % d’entre eux ont consulté un médecin omnipraticien, 62 % un psychiatre, 44 % ont été admis à l’urgence et 22 % ont dû être hospitalisés.

Au sein du milieu médical, il existe une stigmatisation des troubles de la personnalité qui entraîne des lacunes au niveau des soins offerts. « En plus d’être des cas complexes, il faut que les médecins généralistes soient en mesure d’évaluer et de gérer l’instabilité mentale de ces patients. Il arrive qu’un individu souffrant d’un TP de type B arrive chez le médecin pour un ajustement de sa médication et sera traité uniquement pour celui-ci alors que le problème du patient va bien au-delà», rapporte le Dr Pierre David. « Un diagnostic inadéquat ou incomplet de leur état de santé entraîne de la confusion pour les patients, mais aussi pour le réseau de santé, puisqu’ils utilisent plus souvent les services de soins ».

Les constats et propositions de l’équipe d’experts conjointement avec les conseillers du CNESM visent la prise en compte de ce contexte de même que le déploiement de services de base simples, plus accessibles, mieux coordonnés et plus équitables pour le bien-être de la personne atteinte et de ses proches.

Le CNESM espère que grâce à ce document les services de premières lignes soient mieux définis et outillés à répondre aux divers besoins des personnes atteintes de troubles de la personnalité limite. « En leur donnant un cadre de référence clé en main, il devient plus facile de faire l’application concrète de nos recommandations », ajoute Dr Pierre David. Les impacts réels de ce document pourraient apporter de grands changements puisqu’il vise une restructuration de l’offre de soin en santé mentale.

Au cours des prochains mois, une deuxième phase viendra consolider ce cadre de référence pour apporter des précisions sur les éléments plus spécifiques de l’offre de service.

Visionner le reportage de TVA Nouvelles à ce sujet

À lire…
Offre de services de groupe pour troubles de la personnalité en contexte de 1re
ligne santé mentale – Le trouble de personnalité limite

Surveillance des troubles de la personnalité au Québec : prévalence, mortalité et profil d’utilisation des services

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Catherine Dion
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Victimes d’actes de violence au travail : une nouvelle étude pour évaluer l’efficacité du soutien aux employés des centres jeunesse

L’équipe du Centre d’études sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) entame une importante étude sur l’efficacité des programmes de soutien par les pairs pour aider les travailleurs victimes d’événements potentiellement traumatiques (EPT) dans les centres jeunesse du Québec.

Concrètement, ce type de programmes est mis en place dans des organismes à plus haut risques d’EPT comme les hôpitaux, les services de police et les milieux d’enseignement. Les principaux objectifs du soutien par les pairs sont de fournir une écoute empathique, d’identifier des collègues qui peuvent être à risques de conséquences psychologiques adverses et de faciliter l’accès à l’aide professionnelle suite à des EPT.

Steve Geoffrion, chercheur

Un programme de ce genre a notamment été développé dans les centres jeunesse du Québec où le personnel (éducateurs, travailleurs sociaux, agents de sécurité, etc.) est régulièrement exposé à des EPT et principalement à de la violence au travail. Selon une enquête réalisée en 2010-2011 auprès de 586 éducateurs de centres jeunesse, plus de la moitié (54 %) des répondants affirment avoir été agressés physiquement par un jeune au cours des 12 derniers mois. Cette étude, dirigée par Steve Geoffrion, chercheur au Centre d’études sur le trauma et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, rapporte que 60 % des participants avaient été agressés plus d’une fois et 10 % plus de cinq fois au cours de la dernière année. Enfin, 95 % des travailleurs interrogés avaient été témoins d’au moins un incident de violence.

Stéphane Guay

« Dans les faits, peu d’études ont démontré l’efficacité de programmes de soutien par les pairs lors d’événements potentiellement traumatiques (EPT) en milieu de travail d’un point de vue scientifique », a précisé Stéphane Guay, directeur du Centre d’études sur le trauma et professeur à l’École de criminologie ainsi qu’au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

Le but de cette nouvelle étude est de comparer l’évolution de la détresse psychologique (par exemple : stress aigu, stress post-traumatique, dépression, anxiété), du fonctionnement au travail (par exemple : absentéisme, qualité de travail, sécurité au travail) et des besoins concernant le soutien auprès de trois groupes de travailleurs ayant vécu un EPT dans deux centres jeunesse du Québec.

Au cours de la prochaine année, 222 travailleurs vont participer à cette étude et vont répondre à des questionnaires auto-rapportés à quatre moments précis après le début du programme (1, 2, 6 et 12 mois). Parmi ces travailleurs, 45 vont également participer à des entretiens qualitatifs approfondis avec un psychologue de l’équipe de recherche.

« Nous espérons que cette étude nous aidera à confirmer l’efficacité d’une intervention de soutien par les pairs sur le bien-être psychologique et le fonctionnement au travail chez les travailleurs qui subissent un EPT », explique Stéphane Guay. « Elle permettra également de mieux comprendre les besoins des travailleurs en matière de soutien. En somme, cette étude aura un impact important sur les programmes de santé et de sécurité des centres jeunesse au Québec et ailleurs », conclut-il.

Source : Guay S, Tremblay N, Goncalves J, Geoffrion S, et al. Effects of a peer support programme for youth social services employees experiencing potentially traumatic events: a protocol for a prospective cohort study. BMJ Open 2017 ;7:e014405. doi: 10.1136/bmjopen-2016-014405

 

En savoir plus
Analyse d’un protocole d’intervention post-traumatique et de mesures de gestion associées au Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire
Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Équipe VISAGE – Violence au travail selon le sexe et le genre

À propos des auteurs
Steve Geoffrion est chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de- Montréal) et professeur adjoint à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Jane Goncalves est analyste en recherche au Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Stéphane Guay est directeur adjoint à la recherche du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, directeur du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, directeur et chercheur du Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur titulaire à l’École de criminologie et au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

 

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Nos chercheurs à l’Acfas

Les chercheurs du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) seront en action lors du 85e congrès de l’Association canadienne française pour l’avancement des sciences qui se tiendra à l’Université McGill du 8 au 12 mai 2017. Le congrès annuel de l’Acfas est le plus important rassemblement multidisciplinaire du savoir et de la recherche de la francophonie et accueille des milliers de chercheurs et d’utilisateurs de la recherche provenant d’une trentaine de pays.

Premiers résultats de la Banque Signature
Le 10 mai, se tiendra un colloque, organisé par Nathe François, coordonnatrice de la Banque Signature, et Stéphane Guay, chercheur et directeur scientifique du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, où seront réunis plusieurs chercheurs de l’IUSMM. La Banque Signature est la plus vaste banque de données biologiques, psychosociales et cliniques de personnes atteintes de problèmes de santé mentale, et la seule étude au monde qui collecte des données auprès d’usagers de l’urgence psychiatrique. Cette rencontre permettra de présenter la Banque Signature, ses fondements, ses données et son accessibilité internationale. On profitera de l’occasion pour dévoiler les premiers résultats de recherche très prometteurs obtenus auprès de personnes souffrant de troubles de santé mentale en lien avec des marqueurs biologiques. Pour en savoir plus : centresignature.ca

 

Biomédecine et sciences humaines
Le 11 mai, Jean-François Pelletier, chercheur à l’IUSMM, et ses collègues de l’Université de Montréal, Ouanessa Younsi et Vincenzo Di Nicola, seront les hôtes d’un colloque sur la possible réconciliation entre les sciences biomédicales et humaines pour le bien-être du patient. Ces deux grandes classes de savoir sur l’humain, celui du corps et celui de l’esprit, sont souvent présentées comme étant en rapport dialectique, voire antagoniste. Ces deux orientations sont pourtant également indispensables à la médecine. Pour soulager la souffrance de la personne qui se trouve en face de lui dans son cabinet, tout particulièrement en ce qui concerne la santé mentale, le médecin doit interpréter la parole et les comportements de cette personne afin de pouvoir la comprendre. Ce symposium multidisciplinaire participe à ce mouvement de réconciliation en accordant une place prépondérante à la parole des patients, lesquels sont détenteurs d’un savoir d’expérience.

Activité physique et santé mentale
Le 12 mai, Paquito Bernard, chercheur à l’IUSMM et professeur au Département des sciences de l’activité physique de l’UQAM, présidera et anima le colloque « Activité physique et santé mentale : de la promotion du bien-être aux soins ». Concrètement, un nombre croissant d’études suggère que l’activité physique est un facteur clé de prévention, de développement et de maintien de la santé mentale, que sa pratique améliore aussi les troubles mentaux ou cognitifs sévères. Cet événement, regroupant des spécialistes de la question, souhaite offrir une vision multidisciplinaire des relations entre l’activité physique et la santé mentale, et faire émerger une réflexion collective sur la question des mécanismes en jeu.

Utilisation des banques de données administratives
Le 12 mai, le Dr Alain Lesage, psychiatre et chercheur à l’IUSMM, et ses collègues, Christophe Huynh de l’Institut universitaire sur les dépendances et Sylvanne Daniels du Réseau québécois sur le suicide, les troubles de l’humeur et les troubles associés de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, ont réuni des experts nationaux et internationaux pour présenter les avantages et les façons d’utiliser les données administratives pour améliorer les services en santé mentale, en dépendance et en prévention du suicide.

Dans le milieu de la santé et des services sociaux, les banques de données administratives (BDA) constituent un outil significatif afin d’accroître les connaissances des individus ayant des troubles mentaux ou des troubles liés aux substances psychoactives (TUS). En comparaison avec les études épidémiologiques et cliniques, ces ressources rendent possibles la constitution, à moindre coût, de vastes cohortes et l’élaboration de devis longitudinaux incluant des périodes pouvant même s’étendre sur des générations entières, tout en mettant à disposition des données actuelles sur la population. À partir des BDA, jusqu’à maintenant peu exploitées dans la recherche en santé mentale, les projets présentés durant ce colloque analysent les données relatives aux individus ayant un trouble mental, des conduites suicidaires ou un TUS et examinent l’utilisation des ressources médicales au Québec au cours des dernières décennies. La détermination de certaines des lacunes du réseau sociosanitaire permettra de trouver des pistes d’amélioration de la qualité des services.

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Honneurs pour le Centre d’études en sciences de la communication non verbale

Félicitations à Vincent Denault, codirecteur du Centre d’études en sciences de la communication non verbale de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal qui a reçu le 11 novembre dernier à Philadelphie le prix Emerging Scholar Award de la division des études non-verbales de la National Communication Association. Premier récipiendaire de ce prix, monsieur Denault est très fier d’être récompensé par la plus importante association de chercheurs en communication en Amérique du Nord.

Cindy White, de l'Université du Colorado à Boulder remet le prix à Vincent Denault
Cindy White, membre du comité du Emerging Scholar Award remet le prix à Vincent Denault

The Emerging Scholar Award récompense un nouveau chercheur qui étudie la communication non verbale et dont les travaux sont prometteurs afin de favoriser une meilleure compréhension de ce champs d’étude. Le travail accompli par le récipiendaire contribue au domaine de la communication non verbale puisqu’il démontre un potentiel pour enseigner les éléments de la communication non verbale de manières intéressante et pertinente et s’implique à faire évoluer la discipline par son engagement et ses services professionnels.

Avocat et chargé de cours au Département de communication de l’Université de Montréal, monsieur Denault est l’auteur de l’ouvrage « Communication non verbale et crédibilité des témoins ». Il codirige depuis 2015, avec le chercheur Pierrich Plusquellec, le Centre d’études en sciences de la communication non verbale. Les recherches de Vincent Denault se concentrent principalement sur des questions liées à l’évaluation de la crédibilité, la détection du mensonge et la communication non verbale lors de procès.

En savoir plus – www.sciencenonverbal.ca

Schizophrénie : un dysfonctionnement des fonctions cérébrales liées aux émotions négatives pourrait expliquer les comportements violents

Les personnes atteintes de schizophrénie qui ont des antécédents de violence présentent un dysfonctionnement des fonctions cérébrales liées aux émotions négatives qui n’est pas observé chez la majorité des gens souffrant de cette maladie. Ces constats découlent d’une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal dont les résultats viennent d’être publiés dans Neuropsychiatric Disease and Treatment.

Dr Alexandre Dumais
Dr Alexandre Dumais

« Il est faux d’associer schizophrénie et violence, » rappelle le Dr Alexandre Dumais, psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal. « Dans les faits, un faible pourcentage peut présenter des comportements violents envers leur environnement. Nous avons cherché à savoir si ces manifestations de violence sont causées par un dysfonctionnement de certaines fonctions cérébrales lié à la gestion des émotions, » explique Dr Dumais, qui est l’un des auteurs principaux de l’article.

Stéphane Potvin
Stéphane Potvin

L’objectif de cette étude était d’identifier les régions du cerveau qui présentent des altérations (détectées par l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) lors d’une tâche associée à une émotion, chez des hommes atteints de schizophrénie. « Bien que les personnes violentes en général ont des problèmes de gestion des émotions négatives, il n’y a que peu d’études de neuroimagerie fonctionnelle qui ont examiné le traitement des émotions chez les hommes souffrant de schizophrénie ayant des antécédents de violence » affirme Stéphane Potvin, co-auteur de l’étude, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur agrégé au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

L’équipe de recherche a présenté à soixante hommes des images émotionnelles à connotation positive, négative et neutre. L’échantillon était composé de 20 participants atteints de schizophrénie avec des antécédents de violence grave (meurtre, tentative de meurtre, voie de fait avec lésions, menaces de mort avec une arme, etc.), de 19 hommes atteints de schizophrénie sans antécédents de violence et de 21 individus qui ne souffraient d’aucune maladie mentale.

Résultats
Les chercheurs ont observé un dysfonctionnement au sein de plusieurs régions du cerveau impliquées dans le traitement des émotions chez les participants qui avaient des comportements violents. Concrètement, ils ont constaté, chez ces participants, une augmentation spécifique du cortex cingulaire antérieur, des gyrus lingual et précentral gauche en réponse à des images négatives. Puisque ces régions du cerveau sont impliquées dans la gestion des émotions, ces résultats indiquent un dysfonctionnement spécifique dans le traitement des émotions négatives et, possiblement, un indice de risque de comportement violent.

« Pour conclure officiellement que l’activation du cortex cingulaire antérieur explique les comportements violents des gens atteints de schizophrénie, il faudrait également étudier les personnes qui ont des antécédents de violence et qui n’ont pas de maladie mentale » explique Dr Dumais. « Néanmoins, cette étude pousse à se demander si les manifestations de violence chez une minorité de personnes atteintes de schizophrénie ne sont pas dues à des facteurs extérieurs à la maladie mentale comme telle », conclut monsieur Potvin.

Communiqué PDF

Les médias en parlent…
Journal de Montréal
TVA.ca
Journal de Québec
UdeM Nouvelles
Psychomédia
La Presse+
98,5 FM – Le midi
Rythme FM.ca

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Catherine Dion
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Exposition – Le cerveau, c’est génial!

cerveau-smallSonia Lupien, directrice du Centre d’études sur le stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, a participé à un fascinant projet d’exposition intitulé «Le cerveau, c’est génial» ayant pour but de démystifier l’un des organes les plus importants du corps humain. Elle a notamment contribué à la création d’une activité-laboratoire intitulée « Teste ton stress ! », offerte à tous les visiteurs en complément de l’exposition.

À la fois récréative et éducative, cette exposition interactive s’adresse autant aux adultes qu’aux enfants. L’exposition sera présentée jusqu’en septembre 2017, au Musée Armand‐Frappier à Laval.

Plus de détails >>>

Inhibition des HDAC de classe III

Vers une meilleure compréhension des mécanismes bloquant la croissance des cellules cancéreuses

Les dommages à l’ADN peuvent conduire à l’inactivation ou à la dérégulation de gènes et causer diverses maladies telles que le cancer. Plusieurs mécanismes de réparation de l’ADN permettent par contre aux cellules de survivre à ces dommages. Or, une étude dirigée par Antoine Simoneau, du laboratoire d‘Hugo Wurtele, chercheur en immunologie-oncologie à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, affilié à l’Université de Montréal) et récemment publiée dans la prestigieuse revue Nucleic Acids Research, fournit de précieux renseignements sur certains mécanismes gouvernant la réparation de l’ADN. Ces travaux, fruit de la collaboration entre plusieurs établissements, ouvrent aussi la voie à une meilleure compréhension des mécanismes d’action des médicaments qui préviennent la croissance des cellules cancéreuses.

La recherche

Hugo Wurtele, chercheur
Hugo Wurtele, chercheur

Afin de s’adapter à la taille restreinte du noyau cellulaire, l’ADN est enroulé autour de protéines appelées histones pour former la chromatine. Les cellules peuvent modifier chimiquement les histones, de façon à changer la structure de la chromatine et ainsi réguler les diverses fonctions de l’ADN. Des recherches récentes montrent que de nouveaux médicaments du type inhibiteurs de déacétylases d’histones (HDAC), qui influencent la chromatine, sont prometteurs pour le traitement du cancer.

Les recherches de l’équipe du Dr Hugo Wurtele et de ses collaborateurs ont utilisé la levure comme système modèle pour comprendre, au niveau moléculaire, les mécanismes qui influencent la croissance cellulaire en présence d’une classe particulière d’inhibiteurs d’HDAC.

Ses expériences démontrent que l’inhibition des HDAC de classe III, qui influencent divers processus cellulaires impliqués dans la carcinogénèse et la réponse aux agents de chimiothérapie, bloque fortement la prolifération des cellules en prévenant le fonctionnement normal de divers facteurs impliqués dans la réponse aux dommages à l’ADN générés de façon spontanée par le métabolisme cellulaire.

« Ces recherches fondamentales permettent une meilleure compréhension des effets globaux des inhibiteurs de HDAC sur les cellules, et pourraient conduire, à terme, à une optimisation de leur utilisation en clinique », explique Dr Wurtele.

Ces observations guideront les études à venir du laboratoire de Dr Wurtele pour tenter de déterminer comment cette nouvelle classe de médicament inhibe la croissance des cellules cancéreuses.

Fruit d’une collaboration

Cette étude est une collaboration entre les groupes de recherche d’Hugo Wurtele (Hôpital Maisonneuve-RosemontUniversité de Montréal), Martine Raymond (IRIC-Université de Montréal), Corey Nislow et Gury Giaever (University of British Columbia), et d’Adnane Sellam (chercheur au CHUQ/Université Laval).

Financement de ces travaux

Cette recherche a reçu des fonds des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), de l’Institut Mérieux et a bénéficié d’un octroi de la Fondation Cole.

Les médias en parlent…
TVA.ca
Eureka Alert
UdeM Nouvelles
Canoe.ca

Pour information et entrevues 

Florence Meney – Équipe relations médias
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Une étudiante en médecine moléculaire à l’honneur

La prestigieuse publication scientifique américaine Journal of Biological Chemistry (JBC) a récemment mis en vedette une de nos étudiantes en biochimie et médecine moléculaire (Université de Montréal) et jeune chercheuse au laboratoire du Dr. El Bachir Affar au centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (une installation du CIUSSS de l’Est-de-l’’Île-de-Montréal)

Salima-Daou-250x250Salima Daou en effet fait l’objet d’une mention spéciale (highlight) dans la publication JBC pour ses travaux sur les mécanismes complexes entourant le dérèglement des cellules qui mène au cancer (Tumor Suppressor BAP1 Forms Complexes with Two Transcriptional Regulators That Get Disrupted in Cancer)

Salima explique avoir été de tous temps fascinée par les mécanismes cellulaires et leurs liens avec les problèmes de santé.

Félicitations à cette jeune scientifique de talent!

Comprendre les comportements antisociaux : sur la piste de l’influence des gènes et de l’environnement

Un gène impliqué dans la régulation des émotions et du comportement pourrait influencer l’impact à long-terme de la violence vécue au cours de l’enfance sur les comportements antisociaux des individus. Cette conclusion est le fruit d’une étude longitudinale menée par une équipe de chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale (CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal sur 327 jeunes hommes vivant au Québec (Étude longitudinale des enfants de maternelle au Québec) et dont certains ont été exposés à de la violence au cours de leur enfance.

Isabelle-Ouellet-Morin-250« On sait déjà que les personnes victimes ou témoin de violence au cours de l’enfance sont plus susceptibles de s’engager dans des trajectoires antisociales à l’adolescence et à l’âge adulte », déclare Isabelle Ouellet-Morin, chercheure à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. « Des études génétiques ont par la suite rapporté que cette influence pouvait être exacerbée par des différences inscrites dans l’ADN, dont le gène de la monoamine oxydase A (MAOA) », explique la professeure à l’École de criminologie de l’Université de Montréal.

La MAOA est un enzyme qui dégrade des neurotransmetteurs appelés monoamines (noradrénaline, sérotonine et dopamine), dont le déséquilibre dans certaines zones du cerveau pourrait jouer un rôle dans la régulation des émotions et le comportement d’inhibition. « Les résultats investiguant le rôle du gène MAOA dans l’interaction entre les expériences adverses vécues à l’enfance et les comportements antisociaux étaient jusqu’à présent inconstants, c’est pourquoi nous voulions faire cette étude, pour tenter de clarifier la situation » affirme madame Ouellet-Morin.

Cette cohorte de participants, suivi pendant plus de 15 ans, a servi de base aux chercheurs pour évaluer le rôle du gène MAOA dans divers comportements antisociaux, comme la violence dans les relations intimes et les symptômes associés à une personnalité antisociale (pr. ex., effectuer des activités illégales, être impulsif, n’avoir aucun remord, etc.). Ils ont également voulu savoir si l’influence exercée par ce gène se manifestait différemment selon l’exposition relative des participants à de la violence au cours de leur enfance.

Résultats

Après l’analyse des données, madame Ouellet-Morin et son équipe ont confirmé que l’exposition à la violence est associée à une :

  • augmentation de symptômes associés à un trouble de conduite à l’adolescence et à une personnalité antisociale à l’âge adulte;
  • probabilité plus élevée de manifester des comportements d’agression dans leurs relations intimes.

Dans les faits, cette étude met en évidence l’effet modulateur du gène MAOA sur la manifestation de comportements antisociaux chez les jeunes hommes ayant été exposés à de la violence lorsqu’ils étaient enfants.

  • Les hommes porteurs d’un polymorphisme moins commun du gène MAOA dans la population (environ 30% des hommes) sont, en moyenne, plus à risque de manifester ces comportements à l’adolescence et au début de l’âge adulte comparativement à ceux n’ayant pas ce polymorphisme, mais aussi exposés à de la violence au cours de leur enfance.

«Ce résultat montre bien que nos gènes n’ont pas toutes les réponses sur le devenir des individus, pas plus que l’environnement d’ailleurs. L’opposition entre l’inné et l’acquis est un faux débat. Le défi est maintenant de chercher à mieux comprendre les mécanismes par lesquels la vulnérabilité et la résilience persistent chez des personnes exposées à des contextes de vie adverses. Une partie de cette réponse se trouve dans l’interaction constante entre l’individu et son environnement, incluant notre bagage génétique » conclut madame Ouellet-Morin.

À propos de l’étude

Source : Isabelle Ouellet-Morin, Sylvana M. Côté, Frank Vitaro, Martine Hébert, René Carbonneau, Eric Lacourse, Gustavo Turecki and Richard E. Tremblay. Effects of the MAOA gene and levels of exposure to violence on antisocial outcomes. The British Journal of Psychiatry 1–8. doi: 10.1192/bjp.bp.114.162081

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