Nos chercheurs à l’Acfas

Les chercheurs du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) seront en action lors du 85e congrès de l’Association canadienne française pour l’avancement des sciences qui se tiendra à l’Université McGill du 8 au 12 mai 2017. Le congrès annuel de l’Acfas est le plus important rassemblement multidisciplinaire du savoir et de la recherche de la francophonie et accueille des milliers de chercheurs et d’utilisateurs de la recherche provenant d’une trentaine de pays.

Premiers résultats de la Banque Signature
Le 10 mai, se tiendra un colloque, organisé par Nathe François, coordonnatrice de la Banque Signature, et Stéphane Guay, chercheur et directeur scientifique du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, où seront réunis plusieurs chercheurs de l’IUSMM. La Banque Signature est la plus vaste banque de données biologiques, psychosociales et cliniques de personnes atteintes de problèmes de santé mentale, et la seule étude au monde qui collecte des données auprès d’usagers de l’urgence psychiatrique. Cette rencontre permettra de présenter la Banque Signature, ses fondements, ses données et son accessibilité internationale. On profitera de l’occasion pour dévoiler les premiers résultats de recherche très prometteurs obtenus auprès de personnes souffrant de troubles de santé mentale en lien avec des marqueurs biologiques. Pour en savoir plus : centresignature.ca

 

Biomédecine et sciences humaines
Le 11 mai, Jean-François Pelletier, chercheur à l’IUSMM, et ses collègues de l’Université de Montréal, Ouanessa Younsi et Vincenzo Di Nicola, seront les hôtes d’un colloque sur la possible réconciliation entre les sciences biomédicales et humaines pour le bien-être du patient. Ces deux grandes classes de savoir sur l’humain, celui du corps et celui de l’esprit, sont souvent présentées comme étant en rapport dialectique, voire antagoniste. Ces deux orientations sont pourtant également indispensables à la médecine. Pour soulager la souffrance de la personne qui se trouve en face de lui dans son cabinet, tout particulièrement en ce qui concerne la santé mentale, le médecin doit interpréter la parole et les comportements de cette personne afin de pouvoir la comprendre. Ce symposium multidisciplinaire participe à ce mouvement de réconciliation en accordant une place prépondérante à la parole des patients, lesquels sont détenteurs d’un savoir d’expérience.

Activité physique et santé mentale
Le 12 mai, Paquito Bernard, chercheur à l’IUSMM et professeur au Département des sciences de l’activité physique de l’UQAM, présidera et anima le colloque « Activité physique et santé mentale : de la promotion du bien-être aux soins ». Concrètement, un nombre croissant d’études suggère que l’activité physique est un facteur clé de prévention, de développement et de maintien de la santé mentale, que sa pratique améliore aussi les troubles mentaux ou cognitifs sévères. Cet événement, regroupant des spécialistes de la question, souhaite offrir une vision multidisciplinaire des relations entre l’activité physique et la santé mentale, et faire émerger une réflexion collective sur la question des mécanismes en jeu.

Utilisation des banques de données administratives
Le 12 mai, le Dr Alain Lesage, psychiatre et chercheur à l’IUSMM, et ses collègues, Christophe Huynh de l’Institut universitaire sur les dépendances et Sylvanne Daniels du Réseau québécois sur le suicide, les troubles de l’humeur et les troubles associés de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, ont réuni des experts nationaux et internationaux pour présenter les avantages et les façons d’utiliser les données administratives pour améliorer les services en santé mentale, en dépendance et en prévention du suicide.

Dans le milieu de la santé et des services sociaux, les banques de données administratives (BDA) constituent un outil significatif afin d’accroître les connaissances des individus ayant des troubles mentaux ou des troubles liés aux substances psychoactives (TUS). En comparaison avec les études épidémiologiques et cliniques, ces ressources rendent possibles la constitution, à moindre coût, de vastes cohortes et l’élaboration de devis longitudinaux incluant des périodes pouvant même s’étendre sur des générations entières, tout en mettant à disposition des données actuelles sur la population. À partir des BDA, jusqu’à maintenant peu exploitées dans la recherche en santé mentale, les projets présentés durant ce colloque analysent les données relatives aux individus ayant un trouble mental, des conduites suicidaires ou un TUS et examinent l’utilisation des ressources médicales au Québec au cours des dernières décennies. La détermination de certaines des lacunes du réseau sociosanitaire permettra de trouver des pistes d’amélioration de la qualité des services.

Pour information

Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Honneurs pour le Centre d’études en sciences de la communication non verbale

Félicitations à Vincent Denault, codirecteur du Centre d’études en sciences de la communication non verbale de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal qui a reçu le 11 novembre dernier à Philadelphie le prix Emerging Scholar Award de la division des études non-verbales de la National Communication Association. Premier récipiendaire de ce prix, monsieur Denault est très fier d’être récompensé par la plus importante association de chercheurs en communication en Amérique du Nord.

Cindy White, de l'Université du Colorado à Boulder remet le prix à Vincent Denault
Cindy White, membre du comité du Emerging Scholar Award remet le prix à Vincent Denault

The Emerging Scholar Award récompense un nouveau chercheur qui étudie la communication non verbale et dont les travaux sont prometteurs afin de favoriser une meilleure compréhension de ce champs d’étude. Le travail accompli par le récipiendaire contribue au domaine de la communication non verbale puisqu’il démontre un potentiel pour enseigner les éléments de la communication non verbale de manières intéressante et pertinente et s’implique à faire évoluer la discipline par son engagement et ses services professionnels.

Avocat et chargé de cours au Département de communication de l’Université de Montréal, monsieur Denault est l’auteur de l’ouvrage « Communication non verbale et crédibilité des témoins ». Il codirige depuis 2015, avec le chercheur Pierrich Plusquellec, le Centre d’études en sciences de la communication non verbale. Les recherches de Vincent Denault se concentrent principalement sur des questions liées à l’évaluation de la crédibilité, la détection du mensonge et la communication non verbale lors de procès.

En savoir plus – www.sciencenonverbal.ca

Schizophrénie : un dysfonctionnement des fonctions cérébrales liées aux émotions négatives pourrait expliquer les comportements violents

Les personnes atteintes de schizophrénie qui ont des antécédents de violence présentent un dysfonctionnement des fonctions cérébrales liées aux émotions négatives qui n’est pas observé chez la majorité des gens souffrant de cette maladie. Ces constats découlent d’une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal dont les résultats viennent d’être publiés dans Neuropsychiatric Disease and Treatment.

Dr Alexandre Dumais
Dr Alexandre Dumais

« Il est faux d’associer schizophrénie et violence, » rappelle le Dr Alexandre Dumais, psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal. « Dans les faits, un faible pourcentage peut présenter des comportements violents envers leur environnement. Nous avons cherché à savoir si ces manifestations de violence sont causées par un dysfonctionnement de certaines fonctions cérébrales lié à la gestion des émotions, » explique Dr Dumais, qui est l’un des auteurs principaux de l’article.

Stéphane Potvin
Stéphane Potvin

L’objectif de cette étude était d’identifier les régions du cerveau qui présentent des altérations (détectées par l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle) lors d’une tâche associée à une émotion, chez des hommes atteints de schizophrénie. « Bien que les personnes violentes en général ont des problèmes de gestion des émotions négatives, il n’y a que peu d’études de neuroimagerie fonctionnelle qui ont examiné le traitement des émotions chez les hommes souffrant de schizophrénie ayant des antécédents de violence » affirme Stéphane Potvin, co-auteur de l’étude, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur agrégé au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

L’équipe de recherche a présenté à soixante hommes des images émotionnelles à connotation positive, négative et neutre. L’échantillon était composé de 20 participants atteints de schizophrénie avec des antécédents de violence grave (meurtre, tentative de meurtre, voie de fait avec lésions, menaces de mort avec une arme, etc.), de 19 hommes atteints de schizophrénie sans antécédents de violence et de 21 individus qui ne souffraient d’aucune maladie mentale.

Résultats
Les chercheurs ont observé un dysfonctionnement au sein de plusieurs régions du cerveau impliquées dans le traitement des émotions chez les participants qui avaient des comportements violents. Concrètement, ils ont constaté, chez ces participants, une augmentation spécifique du cortex cingulaire antérieur, des gyrus lingual et précentral gauche en réponse à des images négatives. Puisque ces régions du cerveau sont impliquées dans la gestion des émotions, ces résultats indiquent un dysfonctionnement spécifique dans le traitement des émotions négatives et, possiblement, un indice de risque de comportement violent.

« Pour conclure officiellement que l’activation du cortex cingulaire antérieur explique les comportements violents des gens atteints de schizophrénie, il faudrait également étudier les personnes qui ont des antécédents de violence et qui n’ont pas de maladie mentale » explique Dr Dumais. « Néanmoins, cette étude pousse à se demander si les manifestations de violence chez une minorité de personnes atteintes de schizophrénie ne sont pas dues à des facteurs extérieurs à la maladie mentale comme telle », conclut monsieur Potvin.

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Catherine Dion
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Exposition – Le cerveau, c’est génial!

cerveau-smallSonia Lupien, directrice du Centre d’études sur le stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, a participé à un fascinant projet d’exposition intitulé «Le cerveau, c’est génial» ayant pour but de démystifier l’un des organes les plus importants du corps humain. Elle a notamment contribué à la création d’une activité-laboratoire intitulée « Teste ton stress ! », offerte à tous les visiteurs en complément de l’exposition.

À la fois récréative et éducative, cette exposition interactive s’adresse autant aux adultes qu’aux enfants. L’exposition sera présentée jusqu’en septembre 2017, au Musée Armand‐Frappier à Laval.

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Inhibition des HDAC de classe III

Vers une meilleure compréhension des mécanismes bloquant la croissance des cellules cancéreuses

Les dommages à l’ADN peuvent conduire à l’inactivation ou à la dérégulation de gènes et causer diverses maladies telles que le cancer. Plusieurs mécanismes de réparation de l’ADN permettent par contre aux cellules de survivre à ces dommages. Or, une étude dirigée par Antoine Simoneau, du laboratoire d‘Hugo Wurtele, chercheur en immunologie-oncologie à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, affilié à l’Université de Montréal) et récemment publiée dans la prestigieuse revue Nucleic Acids Research, fournit de précieux renseignements sur certains mécanismes gouvernant la réparation de l’ADN. Ces travaux, fruit de la collaboration entre plusieurs établissements, ouvrent aussi la voie à une meilleure compréhension des mécanismes d’action des médicaments qui préviennent la croissance des cellules cancéreuses.

La recherche

Hugo Wurtele, chercheur
Hugo Wurtele, chercheur

Afin de s’adapter à la taille restreinte du noyau cellulaire, l’ADN est enroulé autour de protéines appelées histones pour former la chromatine. Les cellules peuvent modifier chimiquement les histones, de façon à changer la structure de la chromatine et ainsi réguler les diverses fonctions de l’ADN. Des recherches récentes montrent que de nouveaux médicaments du type inhibiteurs de déacétylases d’histones (HDAC), qui influencent la chromatine, sont prometteurs pour le traitement du cancer.

Les recherches de l’équipe du Dr Hugo Wurtele et de ses collaborateurs ont utilisé la levure comme système modèle pour comprendre, au niveau moléculaire, les mécanismes qui influencent la croissance cellulaire en présence d’une classe particulière d’inhibiteurs d’HDAC.

Ses expériences démontrent que l’inhibition des HDAC de classe III, qui influencent divers processus cellulaires impliqués dans la carcinogénèse et la réponse aux agents de chimiothérapie, bloque fortement la prolifération des cellules en prévenant le fonctionnement normal de divers facteurs impliqués dans la réponse aux dommages à l’ADN générés de façon spontanée par le métabolisme cellulaire.

« Ces recherches fondamentales permettent une meilleure compréhension des effets globaux des inhibiteurs de HDAC sur les cellules, et pourraient conduire, à terme, à une optimisation de leur utilisation en clinique », explique Dr Wurtele.

Ces observations guideront les études à venir du laboratoire de Dr Wurtele pour tenter de déterminer comment cette nouvelle classe de médicament inhibe la croissance des cellules cancéreuses.

Fruit d’une collaboration

Cette étude est une collaboration entre les groupes de recherche d’Hugo Wurtele (Hôpital Maisonneuve-RosemontUniversité de Montréal), Martine Raymond (IRIC-Université de Montréal), Corey Nislow et Gury Giaever (University of British Columbia), et d’Adnane Sellam (chercheur au CHUQ/Université Laval).

Financement de ces travaux

Cette recherche a reçu des fonds des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), de l’Institut Mérieux et a bénéficié d’un octroi de la Fondation Cole.

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Une étudiante en médecine moléculaire à l’honneur

La prestigieuse publication scientifique américaine Journal of Biological Chemistry (JBC) a récemment mis en vedette une de nos étudiantes en biochimie et médecine moléculaire (Université de Montréal) et jeune chercheuse au laboratoire du Dr. El Bachir Affar au centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (une installation du CIUSSS de l’Est-de-l’’Île-de-Montréal)

Salima-Daou-250x250Salima Daou en effet fait l’objet d’une mention spéciale (highlight) dans la publication JBC pour ses travaux sur les mécanismes complexes entourant le dérèglement des cellules qui mène au cancer (Tumor Suppressor BAP1 Forms Complexes with Two Transcriptional Regulators That Get Disrupted in Cancer)

Salima explique avoir été de tous temps fascinée par les mécanismes cellulaires et leurs liens avec les problèmes de santé.

Félicitations à cette jeune scientifique de talent!

Comprendre les comportements antisociaux : sur la piste de l’influence des gènes et de l’environnement

Un gène impliqué dans la régulation des émotions et du comportement pourrait influencer l’impact à long-terme de la violence vécue au cours de l’enfance sur les comportements antisociaux des individus. Cette conclusion est le fruit d’une étude longitudinale menée par une équipe de chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale (CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal sur 327 jeunes hommes vivant au Québec (Étude longitudinale des enfants de maternelle au Québec) et dont certains ont été exposés à de la violence au cours de leur enfance.

Isabelle-Ouellet-Morin-250« On sait déjà que les personnes victimes ou témoin de violence au cours de l’enfance sont plus susceptibles de s’engager dans des trajectoires antisociales à l’adolescence et à l’âge adulte », déclare Isabelle Ouellet-Morin, chercheure à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. « Des études génétiques ont par la suite rapporté que cette influence pouvait être exacerbée par des différences inscrites dans l’ADN, dont le gène de la monoamine oxydase A (MAOA) », explique la professeure à l’École de criminologie de l’Université de Montréal.

La MAOA est un enzyme qui dégrade des neurotransmetteurs appelés monoamines (noradrénaline, sérotonine et dopamine), dont le déséquilibre dans certaines zones du cerveau pourrait jouer un rôle dans la régulation des émotions et le comportement d’inhibition. « Les résultats investiguant le rôle du gène MAOA dans l’interaction entre les expériences adverses vécues à l’enfance et les comportements antisociaux étaient jusqu’à présent inconstants, c’est pourquoi nous voulions faire cette étude, pour tenter de clarifier la situation » affirme madame Ouellet-Morin.

Cette cohorte de participants, suivi pendant plus de 15 ans, a servi de base aux chercheurs pour évaluer le rôle du gène MAOA dans divers comportements antisociaux, comme la violence dans les relations intimes et les symptômes associés à une personnalité antisociale (pr. ex., effectuer des activités illégales, être impulsif, n’avoir aucun remord, etc.). Ils ont également voulu savoir si l’influence exercée par ce gène se manifestait différemment selon l’exposition relative des participants à de la violence au cours de leur enfance.

Résultats

Après l’analyse des données, madame Ouellet-Morin et son équipe ont confirmé que l’exposition à la violence est associée à une :

  • augmentation de symptômes associés à un trouble de conduite à l’adolescence et à une personnalité antisociale à l’âge adulte;
  • probabilité plus élevée de manifester des comportements d’agression dans leurs relations intimes.

Dans les faits, cette étude met en évidence l’effet modulateur du gène MAOA sur la manifestation de comportements antisociaux chez les jeunes hommes ayant été exposés à de la violence lorsqu’ils étaient enfants.

  • Les hommes porteurs d’un polymorphisme moins commun du gène MAOA dans la population (environ 30% des hommes) sont, en moyenne, plus à risque de manifester ces comportements à l’adolescence et au début de l’âge adulte comparativement à ceux n’ayant pas ce polymorphisme, mais aussi exposés à de la violence au cours de leur enfance.

«Ce résultat montre bien que nos gènes n’ont pas toutes les réponses sur le devenir des individus, pas plus que l’environnement d’ailleurs. L’opposition entre l’inné et l’acquis est un faux débat. Le défi est maintenant de chercher à mieux comprendre les mécanismes par lesquels la vulnérabilité et la résilience persistent chez des personnes exposées à des contextes de vie adverses. Une partie de cette réponse se trouve dans l’interaction constante entre l’individu et son environnement, incluant notre bagage génétique » conclut madame Ouellet-Morin.

À propos de l’étude

Source : Isabelle Ouellet-Morin, Sylvana M. Côté, Frank Vitaro, Martine Hébert, René Carbonneau, Eric Lacourse, Gustavo Turecki and Richard E. Tremblay. Effects of the MAOA gene and levels of exposure to violence on antisocial outcomes. The British Journal of Psychiatry 1–8. doi: 10.1192/bjp.bp.114.162081

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Catherine Dion
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Livres de croissance personnelle : lecteurs stressés ou lecture stressante?

Les consommateurs de livres de croissance personnelle seraient plus sensibles au stress et présenteraient une symptomatologie dépressive plus élevée, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal, dont les résultats viennent d’être publiés dans Neural Plasticity.

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Sonia Lupien, directrice du CESH

« La vente de livres de croissance personnelle a engendré des profits de plus de 10 milliards en 2009 aux États-Unis. Voilà une bonne raison de savoir s’ils ont un impact réel sur leurs lecteurs, » affirme Sonia Lupien, directrice du Centre d’études sur le stress humain (CESH) et professeure au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal. « Au départ, nous pensions observer chez les participants une différence au niveau de la personnalité, du sentiment de contrôle et de l’estime de soi selon les habitudes de lecture de livres de croissance personnelle, » explique Catherine Raymond, première auteure de l’étude et doctorante au CESH de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. « En réalité, il semble n’y avoir aucune différence entre le fait de lire ou non ce type d’ouvrages. Concrètement, les résultats démontrent plutôt que ce n’est pas la lecture elle-même mais bien le type de livres qui peut avoir un effet sur le stress et les symptômes dépressifs de ses consommateurs, » poursuit l’étudiante en neurosciences de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Méthode

L’équipe du Centre d’études sur le stress humain a recruté 30 participants dont la moitié était adepte de lectures de croissance personnelle. Elle a mesuré plusieurs éléments chez chacun des participants, dont la réactivité au stress (mesure du cortisol par la salive), l’ouverture d’esprit, l’autodiscipline, l’extraversion, la compassion, la stabilité émotionnelle, l’estime de soi et les symptômes dépressifs. Le groupe de consommateurs d’ouvrages de croissance personnelle était lui-même divisé en deux types de lecteurs : un groupe qui préférait les livres orientés sur le problème (pr.ex. Why Is It Always About You? ou How Can I Forgive You?: The Courage to Forgive, the Freedom Not To) et l’autre sur l’actualisation de soi (pr.ex. You’re Stronger Than You Think ou How to Stop Worrying and Start Living). Les résultats démontrent que les consommateurs de livres orientés sur le problème présentent plus de symptômes dépressifs que les non-consommateurs. De plus, les participants qui lisent des livres axés sur l’actualisation de soi présentent une réactivité au stress plus élevée comparativement aux non-consommateurs.

L’œuf ou la poule?

Est-ce la lecture d’ouvrages de croissance personnelle qui augmente la réactivité au stress et la symptomatologie dépressive de ses lecteurs ou ceux-ci sont-ils plus sensibles aux situations stressantes? Difficile de déterminer la cause de cette observation. « Il faudrait poursuivre nos recherches pour en savoir plus, » selon Sonia Lupien. « Néanmoins, il semble que ces ouvrages n’entraînent pas les effets escomptés. Quand nous constatons que le meilleur prédicteur de l’achat d’un livre de croissance personnelle est le fait d’en avoir acheté un dans la dernière année (1), ça sème le doute sur leur efficacité. Si de tels ouvrages étaient véritablement efficaces, logiquement la lecture d’un seul serait suffisante pour régler nos problèmes, » explique la chercheure à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. En conséquence, elle encourage plutôt les gens à consulter des ouvrages qui rapportent des faits démontrés scientifiquement et écrits par des chercheurs ou des cliniciens affiliés à une université, un établissement de santé ou un centre de recherche reconnus. « Vérifiez vos sources, pour éviter d’être déçus. Un bon ouvrage de vulgarisation scientifique, ça ne remplace pas un professionnel de la santé mentale, mais ça permet une meilleure compréhension du stress ou de l’anxiété et ça peut encourager le lecteur à aller chercher de l’aide. »

À propos de l’étude

Source : C. Raymond, M-F Marin, A. Hand,S. Sindi, R-P Juster and S.J. Lupien. Salivary Cortisol Levels and Depressive Symptomatology in Consumers and Nonconsumers of Self-Help Books: A Pilot Study. Neural Plasticity. Article ID 624059. 2015

(1) Salerno, Steve. « Sham: How the Self-Help Movement Made America Helpless », Crown Publishing Group, 273 p., 2005

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Réponse biologique au stress: l’orientation sexuelle joue un rôle important

Les gais, lesbiennes et bisexuels ne réagissent pas de la même façon que les hétérosexuels à des situations stressantes.

Telles sont les conclusions d’une étude publiée dans Biological Psychiatry par une équipe de chercheurs du Centre d’études sur le stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) affilié à l’Université de Montréal.

robert-paul-juster-2-250La recherche a déjà démontré que les différences sexuelles et socioculturelles ont une influence sur la manière dont notre organisme réagit à une augmentation du cortisol – une hormone de stress. Les hommes réagissent de manière plus marquée que les femmes à une situation stressante. Cependant, il restait à déterminer si l’orientation sexuelle a un impact sur la réactivité au stress.

« Les lesbiennes, les gais et les bisexuels (LGB) ont fréquemment rapporté une détresse plus marquée à l’égard de situations stressantes associées au stigma de leur orientation sexuelle. Nous avons voulu savoir s’il existe une différence des niveaux de cortisol entre les LGB et les hétérosexuels en réponse à un test de stress », déclare Robert-Paul Juster, premier auteur de l’étude.

Quatre-vingt sept adultes (moyenne d’âge = 25 ans) ont été regroupés selon leur orientation sexuelle : femmes lesbiennes/bisexuelles (n = 20), femmes hétérosexuelles (n = 21), hommes gais/bisexuels (n = 26) et hommes hétérosexuels (n = 20). Les niveaux de cortisol salivaire ont été mesurés au cours d’une épreuve de stress social classique appelé le « Trier Social Stress Test ».

Les résultats révèlent :

  1. Qu’il y a une augmentation plus marquée du cortisol chez les hommes hétérosexuels que chez les femmes hétérosexuelles.
  2. Que l’orientation sexuelle est un facteur prépondérant, puisque les niveaux de cortisol sont plus élevés :

• chez les femmes gaies/bisexuelles, comparés aux femmes hétérosexuelles;
• chez les hommes hétérosexuels, comparés aux hommes gais/bisexuels.

« C’est la première fois qu’une étude indique que la réactivité au stress dépend non seulement du sexe, mais de l’orientation sexuelle », déclare Jens Pruessner, co-auteur senior et chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. « Elle ouvre la voie à d’autres études sur le fonctionnement physiologique des minorités sexuelles », conclut-il.

Source : Robert-Paul Juster, Mark L. Hatzenbuehler, Adrianna Mendrek, James G. Pfaus, Nathan Grant Smith, Philip Jai Johnson, Jean-Philippe Lefebvre-Louis, Catherine Raymond, Marie-France Marin, Shireen Sindi, Sonia Lupien, Jens C. Pruessner, Sexual Orientation Modulates Endocrine Stress Reactivity, Biological Psychiatry,

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Délinquance : comment prévenir efficacement la récidive ?

Deux chercheurs du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale du CIUSSS viennent d’éditer un numéro spécial sur les moyens de prévenir efficacement la récidive de personnes incarcérées en France.

Massil Benbouriche, coéditeur et doctorant à l’École de criminologie de l’Université de Montréal
Massil Benbouriche, coéditeur et doctorant à l’École de criminologie de l’Université de Montréal

« Prévenir la récidive nécessite d’évaluer le niveau de risque des personnes placées sous main de justice (PPSMJ) afin de proposer une intervention adaptée, permettant une diminution significative du risque de récidive », déclare Jean-Pierre Guay, l’un des coéditeurs et chercheur au Centre de recherche de l’IUSMM et à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal.

Il s’agit ainsi de mettre en place une évaluation qui permette d’identifier :
– les vulnérabilités
– les ressources des PPSMJ et
– les facteurs qui permettraient de prévenir la récidive.

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