Cancer et maladies immunitaires

Le Dr Chris Rudd et son équipe au cœur d’une meilleure compréhension des mécanismes de l’immunité

Chris Rudd, chercheur

Une équipe de recherche internationale dirigée par le Dr Chris Rudd, directeur de la recherche en immunologie et en thérapie cellulaire au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et professeur à l’Université de Montréal, a mis au jour un important mécanisme qui contrôle la capacité des cellules T à adhérer à une autre cellule. Ces travaux, publiés dans la prestigieuse revue scientifique Nature Communications, revêtent une importance significative sur la longue route que constitue la lutte contre plusieurs maladies, à commencer par le cancer. En effet, le système immunitaire se révèle souvent un frein à l’efficacité des outils thérapeutiques qui combattent les cancers et aussi les infections. Or, l’adhérence d’une cellule T aux autres cellules qui lui présentent l’antigène détermine la capacité de cette cellule T à répondre à une infection virale et à attaquer les cellules tumorales.

«Avec ce travail, explique le Dr Rudd, nous avons trouvé une autre façon de modifier la réponse immunitaire globale. Dans le cas du cancer, nous avons de nouveaux outils pour augmenter les réponses immunitaires et inversement bloquer le développement de l’auto-immunité. La découverte pourrait s’avérer un atout majeur dans la lutte contre plusieurs maladies par une seule composante immunitaire.»

«Il est clair que la découverte du Dr Rudd représente une avancée déterminante dans notre capacité à comprendre le système immunitaire et à l’utiliser dans la lutte contre le cancer et les infections, ajoute de son côté le Dr Denis-Claude Roy, directeur de la recherche à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Ce nouveau mécanisme nous permet de repérer les failles de nos présentes approches immunologiques et de mettre au point des armes encore plus efficaces.»

Une étude d’envergure internationale
Ces recherches ont mis à profit l’expertise du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et celle de l‘Université de Cambridge. La première auteure de l’étude est la Dre Monika Raab, de l’Université de Cambridge, aussi chercheuse principale à l’Université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main. Les chercheurs ont pu compter sur des subventions du Wellcome Trust (Londres) et de la Fondation du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (Montréal).

À propos du Dr Chris Rudd
Recruté récemment par le Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le Dr Chris Rudd, qui se spécialise dans les mécanismes de signalisation contrôlant la fonction immunitaire des cellules T, apporte une impressionnante expertise à l’équipe de recherche du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, dont fait partie l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Il a notamment acquis et consolidé ses compétences en tant que professeur et chercheur aux universités de Cambridge et Harvard.

À propos de l’étude
L’article « LFA-1 activates focal adhesion kinases FAK1/PYK2 to generate LAT-GRB2-SKAP1 complexes that terminate T-cell conjugate formation » a été écrit par Monika Raab, Yuning Lu, Karsten Kohler, Xin Smith, Klaus Strebhardt et Christopher E. Rudd. Il est paru dans Nature Communications le 12 juillet 2017. DOI: 10.1038/ncomms16001

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CLSC de Saint-Michel reconnu comme Groupe de médecine familiale

Le 11 juillet dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Gaétan Barrette, et le député de Viau et ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, monsieur David Heurtel ont annoncé que le CLSC de Saint-Michel a été reconnu en vertu du Programme de financement et de soutien professionnel destiné aux groupes de médecine de famille (GMF).

« C’est une très bonne nouvelle puisque l’accès à un médecin de famille et à des soins de santé de proximité pour notre population sont une priorité pour notre organisation, » affirme monsieur Yvan Gendron, président-directeur général du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. « Ce nouveau statut confirme l’offre de service de qualité pour les résidents de St-Michel. »

« Je me réjouis de la mise en place de la reconnaissance du GMF CLSC de Saint-Michel. Ce modèle d’organisation est bénéfique pour les citoyens du quartier qui pourront profiter d’une meilleure accessibilité aux soins de santé, » selon David Heurtel, député de Viau. « En misant sur la collaboration et l’interdisciplinarité, il est possible de répondre aux attentes des Micheloises et des Michelois quant aux services de proximité en santé ».

Les GMF sont des regroupements de médecins de famille qui constituent la porte d’entrée privilégiée pour les soins et les services de proximité. Ces médecins travaillent en étroite collaboration avec d’autres professionnels de la santé, notamment des infirmières et des travailleurs sociaux. Ils doivent répondre à certaines exigences, notamment en ce qui a trait au nombre d’inscriptions, au taux d’assiduité, aux heures d’ouverture et à l’utilisation d’un dossier médical informatisé.

« En 2015, j’ai présenté un tout nouveau programme pour les GMF, encore plus axé sur le patient et sur la collaboration interprofessionnelle en première ligne. Ce programme vise notamment un octroi plus équitable des ressources accordées aux GMF, proportionnelles au nombre de patients inscrits, de même qu’une offre de service conséquente. Cela permet entre autres de maximiser l’accessibilité et de bonifier la gamme des services offerts, » explique Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux.

Lire le communiqué complet

Trouble de la personnalité limite : nouveau cadre de référence pour les soins de première ligne en santé mentale

Le Centre national d’excellence en santé mentale (CNESM), conjointement avec les instituts universitaires santé mentale de Québec (IUSMQ), de Montréal (IUSMM) et le Centre universitaire de santé de McGill (CUSM), viennent tout juste de publier un cadre de référence afin de restructurer l’offre de service des soins en première ligne en santé mentale pour les personnes présentant un profil trouble de la personnalité limite (TPL).

Pierre David

« Actuellement, les soins offerts sont inégaux dans le réseau de la santé. Malgré la bonne volonté des gestionnaires et des équipes en santé mentale, mettre un programme en place est un processus long et ardu et ils n’ont pas tous nécessairement les outils ou les ressources pour le faire. Le CNESM et ses partenaires veulent proposer un cadre de référence qui constitue un document de base des soins à offrir aux personnes atteintes de trouble de la personnalité », explique Pierre David, psychiatre et chef médical du Programme des troubles relationnels et de la personnalité à l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal). Les services de premières lignes, qui incluent CLSC et cliniques médicales, représentent la porte d’entrée des services de santé et doivent être en mesure de répondre aux besoins en santé mentale de la population.

« Le Centre national d’excellence en santé mentale a réuni un comité de travail composé d’experts, provenant d’instituts universitaires en santé mentale, ayant développé une réflexion et aussi expérimenté une offre de service plus adaptés aux services de proximité de 1re ligne. L’objectif est de proposer une offre de service qui rejoint les orientations du plan d’action en santé mentale 2015-2020, qui vise entre autres à assurer une réponse à 70 % des besoins en santé mentale en contexte de 1re ligne », explique Michel Gilbert, coordonnateur du CNESM . Ainsi, ce comité propose un modèle de soins par étape qui prend en considération la complexité et l’intensité des symptômes du patient. On évite alors les soins de longues durées qui ne sont pas nécessaires pour toutes les personnes et qui utilisent des ressources inutilement. Les soins par étape permettent une intervention efficace et de basse intensité, en premier lieu, et ce pour une grande portion des personnes ciblées, puis de plus forte intensité seulement si nécessaire.

Ils conseillent aussi d’établir une hiérarchisation des soins en mettant en place une meilleure définition des services offerts à chaque niveau (1re, 2e et 3e ligne). Ainsi, les patients, selon ses symptômes et son intensité, seraient référés à la bonne ressource. Chaque ligne d’intervention serait munie d’un plan d’intervention pour les patients présentant un profil TPL.

Des données inquiétantes                                                                                               Les personnes présentant des troubles de la personnalité, dont le TPL, sont une réalité clinique importante et comportent des enjeux de santé publique incontournables au Québec (200 000 Québécois). Selon une étude de l’Institut nationale de santé publique du Québec (INSPQ) récemment publiée dans la Revue canadienne de psychiatrie, les personnes atteintes de troubles de la personnalité de type B auraient une espérance de vie plus courte que la population générale. « Concrètement, elles présentent une espérance de vie réduite de 9 ans chez les femmes et de 13 ans chez les hommes, comparativement à la population générale », explique le Dr Lionel Cailhol, psychiatre et chercheur associé à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal qui est l’un des auteurs de l’article.

L’étude met en évidence que le taux de mortalité des personnes atteintes de trouble de la personnalité de type B est plus élevé que la moyenne. Le suicide est la principale cause de mortalité et représente 20.4 % des cas. Les personnalités limites et narcissiques seraient les plus grands contributeurs de ce résultat et les femmes sont deux fois plus à risque que les hommes. Outre la prévalence élevée du suicide, on retrouve aussi comme cause de mortalité les maladies cardiovasculaires (19.1 %), le cancer (18.6 %) et les maladies respiratoires (8.1 %). « Toutes les causes de mortalité sont surreprésentées. Un mode de vie à risque et des mauvaises habitudes de vie sont au centre de la problématique », précise Dr Cailhol.

De plus, l’étude démontre aussi que les individus atteints d’un TP de type B sont de grands utilisateurs des services de santé physique et mentale tous confondus. 78 % d’entre eux ont consulté un médecin omnipraticien, 62 % un psychiatre, 44 % ont été admis à l’urgence et 22 % ont dû être hospitalisés.

Au sein du milieu médical, il existe une stigmatisation des troubles de la personnalité qui entraîne des lacunes au niveau des soins offerts. « En plus d’être des cas complexes, il faut que les médecins généralistes soient en mesure d’évaluer et de gérer l’instabilité mentale de ces patients. Il arrive qu’un individu souffrant d’un TP de type B arrive chez le médecin pour un ajustement de sa médication et sera traité uniquement pour celui-ci alors que le problème du patient va bien au-delà», rapporte le Dr Pierre David. « Un diagnostic inadéquat ou incomplet de leur état de santé entraîne de la confusion pour les patients, mais aussi pour le réseau de santé, puisqu’ils utilisent plus souvent les services de soins ».

Les constats et propositions de l’équipe d’experts conjointement avec les conseillers du CNESM visent la prise en compte de ce contexte de même que le déploiement de services de base simples, plus accessibles, mieux coordonnés et plus équitables pour le bien-être de la personne atteinte et de ses proches.

Le CNESM espère que grâce à ce document les services de premières lignes soient mieux définis et outillés à répondre aux divers besoins des personnes atteintes de troubles de la personnalité limite. « En leur donnant un cadre de référence clé en main, il devient plus facile de faire l’application concrète de nos recommandations », ajoute Dr Pierre David. Les impacts réels de ce document pourraient apporter de grands changements puisqu’il vise une restructuration de l’offre de soin en santé mentale.

Au cours des prochains mois, une deuxième phase viendra consolider ce cadre de référence pour apporter des précisions sur les éléments plus spécifiques de l’offre de service.

Visionner le reportage de TVA Nouvelles à ce sujet

À lire…
Offre de services de groupe pour troubles de la personnalité en contexte de 1re
ligne santé mentale – Le trouble de personnalité limite

Surveillance des troubles de la personnalité au Québec : prévalence, mortalité et profil d’utilisation des services

Pour information
Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
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Annonce du don de 40 000 $ soins palliatifs à la Pointe de l’île

Nous remercions la Fondation des gens d’affaires et des industries de l’Est de Montréal pour sa généreuse contribution de 40 000 $ destinée aux soins palliatifs à domicile à la Pointe-de-l’Île.

« Nous sommes ravis de ce don qui permettra l’acquisition d’aides techniques, d’équipements médicaux ainsi qu’unfonds de dépannage destiné aux clientèles plus vulnérables », déclare M. Yvan Gendron, président-directeur général du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. « Je tiens aussi à témoigner toute ma reconnaissance à la Fondation des gens d’affaires et des industries de l’Est de Montréal pour leur grande implication dans la communauté. C’est grâce à la mobilisation de tous que nous pouvons, notamment, contribuer concrètement au bien-être des personnes en fin de vie et de leur famille », ajoute-t-il.

Centre d’excellence en thérapie cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont : Quatre ans de médecine du futur au service des patients

Faire multiplier des cellules souches pour permettre la greffe, sélectionner les cellules que l’on va injecter, «éduquer» le système immunitaire pour lui apprendre à reconnaître et à éliminer un virus ou des cellules tumorales, réparer des cellules malades en injectant des neuves, telles sont quelques-unes des applications récemment déployées au Centre d’excellence en thérapie cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal), qui, quatre ans après son ouverture officielle, peut se réjouir de l’étendue du travail accompli entre les murs de ce qui constitue le plus important centre du genre au Canada.

« Plusieurs de ces études cliniques en cours sont porteuses d’espoir de guérison à court ou moyen terme pour des maladies graves comme la leucémie, les lymphomes, les myélomes, la dégénérescence maculaire, la reconstruction articulaire, le diabète, la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer », a déclaré Yvan Gendron, président-directeur général du CIUSSS de de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

Le progrès en marche
Cette date anniversaire permet de souligner la réalisation d’avancées majeures du Centre d’excellence en thérapie cellulaire (CECT) qui ont permis de générer et d’injecter à des patients des cellules aux propriétés thérapeutiques uniques.

– Des patients ont par exemple reçu des cellules qui s’attaquent à des infections virales réfractaires à tous les autres traitements. Cette stratégie développée par le Dr Jean-Sebastien Delisle a été utilisée avec succès pour traiter des patients du Québec et d’ailleurs au Canada.

– Des patients atteints de maladie du greffon-contre-l’hôte réfractaire au traitement reçoivent, sous la direction du Dr Imran Ahmad, des cellules antirejet afin de contrôler leur maladie.

– Des approches des plus innovatrices à base de cellules souches de sang de cordon ombilical sont actuellement en évaluation par les Drs Sandra Cohen et Guy Sauvageau.

– Une nouvelle stratégie de greffe de cellules souches à partir de donneurs semi-compatibles permet de réaliser des greffes sans utiliser d’agent antirejet (Drs Silvy Lachance, Jean Roy et Denis-Claude Roy).

– Des cellules souches du sang ont été administrées à des patients avec une insuffisance cardiaque (Drs Nicolas Noiseux, Samer Mansour, Shant der Sarkissian et Denis-Claude Roy).

Cette date anniversaire est aussi l’occasion de mesurer l’ampleur de la tâche à poursuivre dans les prochaines années pour venir à bout d’une foule d’autres pathologies des plus dévastatrices.

Le Centre d’excellence en thérapie cellulaire
Le CETC, dirigé par Denis-Claude Roy, constitue l’un des pôles internationaux pour le développement de la thérapie cellulaire et de la médecine régénératrice. Ses scientifiques, affilés à l’Université de Montréal, s’illustrent régulièrement par leurs publications et découvertes de premier plan. Les travaux du CETC sont concentrés dans les domaines où l’expertise de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et de son centre de recherche est déjà reconnue, comme l’hémato-oncologie (leucémie, lymphomes, myélomes), l’ophtalmologie (dégénérescence maculaire et greffe de cornée), la néphrologie et l’orthopédie (reconstruction articulaire).

La thérapie cellulaire a le potentiel de soigner :
1. plusieurs types de cancer : leucémies, lymphomes, myélomes, cancer des os, cancer du sein, cancer du poumon, mélanome, cancer du rein, cancer des testicules et autres;
2. les maladies cardiaques : infarctus, insuffisance cardiaque;
3. désordres neurologiques : maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer, accidents cérébrovasculaires, traumatismes de la moelle épinière;
4. maladies oculaires : dégénérescence maculaire, glaucome, anomalies de la cornée;
5. maladies auto-immunes : diabète, sclérodermie, lupus érythémateux, arthrite rhumatoïde, atteintes rénales et autres;
6. maladies musculo-squelettiques : traumatismes endommageant le cartilage, arthrose, dystrophie musculaire.

Pour information et entrevues

Florence Meney
Relations médias | CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Victimes d’actes de violence au travail : une nouvelle étude pour évaluer l’efficacité du soutien aux employés des centres jeunesse

L’équipe du Centre d’études sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) entame une importante étude sur l’efficacité des programmes de soutien par les pairs pour aider les travailleurs victimes d’événements potentiellement traumatiques (EPT) dans les centres jeunesse du Québec.

Concrètement, ce type de programmes est mis en place dans des organismes à plus haut risques d’EPT comme les hôpitaux, les services de police et les milieux d’enseignement. Les principaux objectifs du soutien par les pairs sont de fournir une écoute empathique, d’identifier des collègues qui peuvent être à risques de conséquences psychologiques adverses et de faciliter l’accès à l’aide professionnelle suite à des EPT.

Steve Geoffrion, chercheur

Un programme de ce genre a notamment été développé dans les centres jeunesse du Québec où le personnel (éducateurs, travailleurs sociaux, agents de sécurité, etc.) est régulièrement exposé à des EPT et principalement à de la violence au travail. Selon une enquête réalisée en 2010-2011 auprès de 586 éducateurs de centres jeunesse, plus de la moitié (54 %) des répondants affirment avoir été agressés physiquement par un jeune au cours des 12 derniers mois. Cette étude, dirigée par Steve Geoffrion, chercheur au Centre d’études sur le trauma et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, rapporte que 60 % des participants avaient été agressés plus d’une fois et 10 % plus de cinq fois au cours de la dernière année. Enfin, 95 % des travailleurs interrogés avaient été témoins d’au moins un incident de violence.

Stéphane Guay

« Dans les faits, peu d’études ont démontré l’efficacité de programmes de soutien par les pairs lors d’événements potentiellement traumatiques (EPT) en milieu de travail d’un point de vue scientifique », a précisé Stéphane Guay, directeur du Centre d’études sur le trauma et professeur à l’École de criminologie ainsi qu’au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

Le but de cette nouvelle étude est de comparer l’évolution de la détresse psychologique (par exemple : stress aigu, stress post-traumatique, dépression, anxiété), du fonctionnement au travail (par exemple : absentéisme, qualité de travail, sécurité au travail) et des besoins concernant le soutien auprès de trois groupes de travailleurs ayant vécu un EPT dans deux centres jeunesse du Québec.

Au cours de la prochaine année, 222 travailleurs vont participer à cette étude et vont répondre à des questionnaires auto-rapportés à quatre moments précis après le début du programme (1, 2, 6 et 12 mois). Parmi ces travailleurs, 45 vont également participer à des entretiens qualitatifs approfondis avec un psychologue de l’équipe de recherche.

« Nous espérons que cette étude nous aidera à confirmer l’efficacité d’une intervention de soutien par les pairs sur le bien-être psychologique et le fonctionnement au travail chez les travailleurs qui subissent un EPT », explique Stéphane Guay. « Elle permettra également de mieux comprendre les besoins des travailleurs en matière de soutien. En somme, cette étude aura un impact important sur les programmes de santé et de sécurité des centres jeunesse au Québec et ailleurs », conclut-il.

Source : Guay S, Tremblay N, Goncalves J, Geoffrion S, et al. Effects of a peer support programme for youth social services employees experiencing potentially traumatic events: a protocol for a prospective cohort study. BMJ Open 2017 ;7:e014405. doi: 10.1136/bmjopen-2016-014405

 

En savoir plus
Analyse d’un protocole d’intervention post-traumatique et de mesures de gestion associées au Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire
Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Équipe VISAGE – Violence au travail selon le sexe et le genre

À propos des auteurs
Steve Geoffrion est chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de- Montréal) et professeur adjoint à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Jane Goncalves est analyste en recherche au Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Stéphane Guay est directeur adjoint à la recherche du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, directeur du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, directeur et chercheur du Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur titulaire à l’École de criminologie et au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

 

Pour information

Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
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Santa Cabrini tisse des liens avec l’Italie

L’Hôpital Santa Cabrini suscite l’intérêt des dignitaires italiens.

Nous avons en effet reçu une délégation italienne au début du mois de juin qui est venue se pencher sur l’excellence de nos pratiques pour ensuite en faire rapport au président italien Sergio Matterella.

Les visiteurs ont montré un vif intérêt pour notre établissement unique à Montréal. Au cours de leur brève mais enrichissante visite, la délégation a notamment visité la Chapelle, un lieu de recueillement très fréquenté quotidiennement par les patients et leurs familles. Par la suite, les visiteurs se sont dirigés vers le département d’Urgence puis le Centre de lutte contre le cancer, récemment rénové, pour terminer par l’Auditorium, un lieu fort utilisé par nos employés, nos médecins et nos nombreux stagiaires tout au long de l’année.

Ces fructueux échanges auront permis de tisser des liens intéressants et certainement durables avec les dignitaires italiens.

La délégation a également remercié les organisateurs de la visite de leur chaleureux accueil préparée dans des délais très courts, et ce, en collaboration avec la Fondation de l’Hôpital Santa Cabrini.

La délégation était composée de :

  • Monsieur Riccardo Guariglia, chef du Protocole diplomatique,
  • Monsieur Fabrizio Saggio, attaché diplomatique,
  • Monsieur Jacopo Albergoni, conseiller à la tournée présidentielle,
  • Monsieur Pasquale Attolico, chef adjoint de la tournée présidentielle
  • Madame Sonia Benedet, responsable de la logistique
  • Monsieur Andrea Marasco, du service de sécurité,
  • Son Excellence Claudio Taffuri, Ambassadeur désigné de l’Italie au Canada
  • Monsieur Francesco Corsaro, Commerce et Économie,
  • Madame Carrie Snider, coordonnatrice des visites.

Saviez-vous qu’en 2011, la ville de Montréal comptait 263 565 personnes d’origine italienne disséminées sur son territoire.

Quelques images de la visite :

Des étudiants en arts de Longueuil embellissent la vie des résidents

Depuis quelques temps, un œil observateur qui connait bien le CHSLD Benjamin Victor-Rousselot remarquera une légère fébrilité dans l’air du centre d’accueil. Le long des couloirs, dans les aires communes, des résidents se promènent et examinent avec un intérêt renouvelé leur milieu de vie. La cafétéria, les salons et autres lieux de rencontre semblent susciter un regain d’attraction.

Il faut dire que quelque chose s’est passé récemment, quelque chose qui tient presque de l’événement pour la petite communauté.

En effet, à la suite d’une entente entre la direction et une professeure du Centre de formation professionnelle Pierre-Dupuy de Longueuil, une cohorte d’étudiants de l’école de décoration intérieure du Centre de formation professionnelle Pierre-Dupuy de Longueuil est venue décorer les parties communes du centre d’accueil, histoire de lui donner un coup de jeune et de mettre la déco, qui datait de plusieurs années, à la page.

Lynne Durand, coordonnatrice à l’hébergement CHSLD Nicolet, Benjamin-Victor-Rousselot et Marie-Rollet (par intérim), qui compte aussi parmi les bons anges du centre, regarde d’un œil émerveillé, n’ayons pas peur des mots, le résultat du travail des étudiants :

«On se cachera pas que le rose pastel style années 80 avait besoin d’être changé», dit-elle en riant.

La professeure Curodeau, et ses élèves ont pris les choses en main. Le vieux pastel a disparu sous le vert lime, le beau brun chocolat et le gris acier au goût du jour, tandis des rideaux neufs aux motifs floraux très contemporains apparaissaient aux fenêtres et que des fresques laissant filtrer un rare soleil de juin agrémentaient les couloirs.

Le thème général de la nouvelle décoration est centré autour de la nature, avec des déclinaisons spécifiques à chaque étage, ce qui aide par exemple les personnes en perte cognitive à mieux de situer.

Lynne Durand souligne combien il était réjouissant de voir les résidents s’intéresser aux travaux de transformation et en parler avec les jeunes gens. La nouveauté, les échanges, un regain d’activité…tout cela n’était pas sans plaire aux résidents qui semblent apprécier la transformation, même si, pour certains, il a fallu un certain temps pour s’habituer aux nouveaux agencements chromatiques.

L’initiative de l’école s’est déclinée dans plusieurs CHSLD de la région. Un travail important, car, comme le disait l’une des décoratrices en herbe, elle permet de mettre en contact des générations habituellement éloignées l’une de l’autre tout en prodiguant un bonus de bonheur sur le plus long terme.

Prix Camille-Laurin remis à deux de nos psychiatres

Dr Pierre Lalonde

Félicitations au Dr Pierre Lalonde et au Dr Georges-F. Pinard qui ont reçu le Prix Camille-Laurin de la réalisation de l’année qui vient récompenser leur immense travail pour la publication de la 4e édition de l’ouvrage « Psychiatrie clinique: approche bio-psycho-sociale ».Ce prix leur a été décerné lors du 51e congrès annuel de l’Association des médecins psychiatres du Québec, qui s’est tenu dans la capitale nationale du 1er au 3 juin dernier. 

Yvan Gendron, PDG du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal tient à féliciter Dr Lalonde et Dr Pinard pour cette importante distinction et à souligner l’immense travail qu’ils ont fait afin de mener cette vaste entreprise de synthèse et de mise à jour des connaissances en psychiatrie. Il salue également cette heureuse initiative que d’investir le 3 000$ accompagnant ce prix afin de procéder à l’achat et à la diffusion d’exemplaires de cet ouvrage dans des bibliothèques de facultés de Médecine de la francophonie, dont en Haïti, au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Égypte, au Togo, et même à la grande bibliothèque mythique d’Alexandrie en Égypte.

Dr Georges-F. Pinard

L’ouvrage « Psychiatrie clinique: approche bio-psycho-sociale », dont les précédentes éditions se sont révélées idispensables dans la pratique de la psychiatrie au Québec, est le fruit d’un riche travail de collaboration qui condense 35 ans d’évolution de soins psychiatriques. Pour cette vaste entreprise de synthèse et de mise à jour de l’avancement des connaissances en psychiatrie, les docteurs Lalonde et Pinard ont fait appel au savoir de près de 200 experts en santé mentale : psychiatres, cliniciens et chercheurs. Un travail titanesque! Unique en son genre en langue française, l’ouvrage s’adresse en particulier aux médecins de famille et aux étudiants en sciences de la santé. Les psychiatres et les autres professionnels y trouveront aussi une information intelligible et pratique, dont la lecture permettra même au grand public de comprendre des concepts scientifiques complexes exposés avec rigueur.

 

Dérégulation du circuit neuronal de la peur chez les personnes atteintes de troubles anxieux

Une meilleure compréhension du fonctionnement des structures cérébrales liées à la peur chez les personnes atteintes de troubles anxieux pourrait permettre de développer des traitements plus efficaces qui cibleraient les caractéristiques neurobiologiques de cette maladie mentale. C’est ce que nous apprend une étude réalisée par une chercheure de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) en collaboration avec ses collègues du Massachusetts General Hospital et de la Harvard Medical School qui vient d’être publiée dans JAMA Psychiatry.

Le but de cette recherche était d’étudier l’activation cérébrale de personnes souffrant de troubles anxieux qui ont été soumises à une situation engendrant un conditionnement de peur, suivie par une période d’extinction. L’objectif était d’examiner si les personnes avec un trouble anxieux ont des patrons d’activations cérébrales et des caractéristiques psychophysiologiques différentes.

Marie-France Marin, chercheure

«Nous connaissons bien le rôle de diverses régions cérébrales dans l’apprentissage de la peur et son extinction » explique Marie-France Marin, chercheure à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. « Par exemple, si on se fait mordre par un chien, on peut développer une peur envers cet animal, ce qui fait référence à l’apprentissage de la peur conditionnée. Avec le temps, si on est exposé à différentes situations où il y a un chien et qu’il n’y a aucune conséquence négative, il est fort possible que notre cerveau forme un nouvel apprentissage de sécurité et que notre peur des chiens diminue, ce qui fait référence à l’extinction » poursuit la professeure adjointe au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal. « En étudiant le fonctionnement neuronal à l’origine des mécanismes d’apprentissage de peur et d’extinction de la peur, nous avons observé que les circuits de peur sont dérégulés chez les personnes atteintes de troubles anxieux ».

La méthode
Concrètement, 21 individus contrôles (dont 10 femmes) et 61 personnes atteintes de troubles anxieux (dont 36 femmes) ont participé à cette étude. Ils ont tous été évalués par une clinicienne et ont complété des questionnaires afin de quantifier leurs symptômes d’anxiété. Ils ont ensuite été exposés à un protocole de conditionnement de la peur et d’extinction au cours duquel des mesures psychophysiologiques et de neuroimagerie ont été prises.

Résultats
Dans les faits, l’extinction est un phénomène adaptatif au cours duquel un nouvel apprentissage se produit, où on apprend que le stimulus conditionné n’entraîne plus la conséquence négative. L’amygdale joue un rôle central pour apprendre une association de peur, alors que le cortex préfrontal ventromédian joue un rôle important dans l’apprentissage de l’extinction de la peur, et de façon plus générale, dans la régulation des émotions.

Ainsi, les chercheurs ont observé une activation plus faible du cortex préfrontal ventromédian (vmPFC) chez les participants atteints de troubles anxieux lors du rappel d’extinction de la peur. L’hypoactivité du vmPFC était associée à la sévérité des symptômes d’anxiété que les individus rapportaient ainsi qu’au nombre de troubles anxieux co-existant. C’est donc dire que plus un individu est symptomatique moins cette région sera active lorsqu’il est temps de rappeler la mémoire de sécurité. « L’hypoactivation de cette même région avait d’ailleurs été bien documentée chez les individus ayant un trouble de stress post-traumatique » selon Marie-France Marin. « Il semble donc qu’il s’agisse là d’une signature qui s’applique à plusieurs psychopathologies qui sont caractérisés par des niveaux élevés de peur et une faible régulation émotionnelle » explique la docteure en neurosciences.

En somme, plus le trouble anxieux est sévère, soit par le nombre de diagnostics ou par la sévérité des symptômes que l’individu rapporte, moins le vmPFC est actif. De plus, cette même région est connectée différemment au reste du circuit de la peur chez les sujets sains comparativement aux individus atteints de troubles anxieux.

En comprenant mieux les circuits neuronaux impliqués dans le trouble anxieux, cela permettra de mieux cibler les traitements et possiblement d’en développer d’autres.

Marie-France Marin est chercheure à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) ainsi que professeure-chercheure adjointe au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal. Docteure Marin a complété récemment un stage postdoctoral au Département de psychiatrie du Massachusetts General Hospital, Harvard Medical School à Boston.

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Catherine Dion
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