Nouveau centre de dialyse de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Dialyse à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont – 53,5 M$ pour construire un nouveau pavillon

De gauche à droite : M. Jean Laurin, Président de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont; M. Yvan Gendron, PDG du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal; Dre Martine Leblanc, Directrice des services professionnels du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal; M. Gaétan Barrette, Ministre de la Santé et des Services sociaux et M. Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal

Dans le cadre des efforts pour améliorer l’accessibilité et la qu
alité des soins et des services offerts aux personnes souffrant de maladie chronique, le gouvernement du Québec investit 53,5 M$ pour la construction d’un nouveau pavillon à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), qui sera entièrement consacré aux services de dialyse.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Gaétan Barrette, a procédé aujourd’hui à l’annonce de ce projet qui vient répondre à un besoin majeur de la population de la région de Montréal.
La construction de ce nouveau pavillon vise à réunir au sein d’un même édifice l’ensemble des activités du Service de dialyse de l’HMR, lesquelles sont actuellement réparties entre le rez-de-chaussée du Pavillon Rachel-Tourigny et des roulottes temporaires ajoutées au besoin à l’arrière de celui-ci.
Ce nouveau service de dialyse, d’une superficie de 7 049 m2 partagée sur trois étages, sera constitué de 74 stations de traitement. Sur le plan financier, le coût total du projet sera entièrement assumé par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Citations :

« En matière d’insuffisance rénale, la clientèle et les besoins ne cessent d’augmenter, et ce, partout au Québec. Ce projet témoigne de l’importance que nous accordons aux besoins de ces personnes, notamment en privilégiant des infrastructures qui offrent une solution permanente et moderne aux patients ainsi qu’au personnel qui les traite. Le service de dialyse centralisé de l’HMR, l’un des plus importants au Québec, mérite de profiter d’installations à la hauteur du travail qui s’y fait chaque jour. »

Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

« Le projet annoncé est majeur et contribuera à accroître l’offre de service aux patients atteints d’insuffisance rénale de Montréal. L’investissement du gouvernement du Québec signifie que des soins de qualité seront fournis dans un cadre plus moderne et mieux adapté à leurs besoins. »

Martin Coiteux, ministre responsable de la région de Montréal

Faits saillants :

Le nouveau service de dialyse de l’HMR pourra compter sur une équipe multidisciplinaire constituée notamment :

  • de 14 néphrologues et de trois résidents en néphrologie;
  • de deux infirmières praticiennes spécialisées;
  • d’un pharmacien;
  • de deux diététistes;
  • et de trois techniciens en génie biomédical.

Les services d’hémodialyse seront offerts de 7 h 30 à 23 h 30, six jours par semaine, à raison de trois traitements par jour par station, alors que l’enseignement des modes de dialyse autonome sera ouvert cinq jours par semaine, de 8 h à 16 h.

Les 74 stations d’hémodialyse seront réparties comme suit :

  • 36 fauteuils de dialyse;
  • 10 fauteuils de dialyse en unité de transition vers les modes autonomes;
  • 12 fauteuils pour les patients hospitalisés;
  • 12 fauteuils pour les patients isolés;
  • et 4 fauteuils d’enseignement des modes de dialyse autonome.

Les travaux débuteront en juin 2017 et devraient se terminer en décembre 2018. Le déménagement des activités est prévu pour janvier 2019.

Les médias en parlent…
La Presse
Journal de Montréal
Radio-Canada – Nouvelles
Le Devoir
TVA – Nouvelles
Journal Métro
Radio-Canada – 15-18
Flambeau de l’Est

Une Maison bleue dans Saint-Michel

En présence de distingués invités, avait lieu le lundi 27 mars, l’inauguration de la troisième Maison Bleue dans le quartier St-Michel, un organisme à but non lucratif qui offre des services de périnatalité aux familles vivant dans un contexte de vulnérabilité, de la grossesse jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’âge de cinq ans. La Maison Bleue propose une approche accessible qui met de l’avant la complémentarité de services où s’activent sous un même toit médecins, sages-femmes, infirmières, travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés et psychoéducateurs. Cette approche favorise une expérience de grossesse heureuse et des conditions optimales pour la croissance d
u nouveau-né.

« L’arrivée d’un enfant constitue nécessairement un événement privilégié dans la vie d’une famille. Mais pour certaines familles vulnérables, une naissance peut comporter de nombreux défis, » affirme Yvan Gendron, président directeur-général du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. « Voilà pourquoi je suis particulièrement heureux de souligner l’ouverture de cette troisième Maison Bleue pour la population de l’Est de Montréal et la contribution du Programme jeunesse de notre CIUSSS et du Groupe de médecine familiale universitaire – Maisonneuve-Rosemont. »

À l’occasion de cette inauguration, le ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Gaétan Barrette, a procédé à l’annonce d’un financement de 300 000 $ récurrent annuel pour soutenir les activités des trois Maisons Bleues. Il était accompagné par le député de Viau et ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, monsieur David Heurtel, et la députée de Crémazie et adjointe parlementaire du ministre de la Santé et des Services sociaux, madame Marie Montpetit.

« La nouvelle Maison Bleue de Saint-Michel s’arrime aux services déjà existant de ce quartier reconnu pour sa vie communautaire dynamique, et vient répondre aux besoins importants d’une population vulnérable.  En intervenant dès la grossesse, notre objectif est de saisir ce moment unique pour intervenir au-delà du suivi médical. Les services de périnatalité  deviennent dès lors un levier pour changer la trajectoire de vie des enfants. Comme pour les maisons de Côte-des-Neiges et de Parc-Extension, notre équipe est motivée par le désir de créer des filets de sécurité et des tremplins de solidarité pour les mamans et leurs familles », explique Amélie Sigouin, cofondatrice et directrice générale de l’organisme.

À souligner que l’organisme a également bénéficié d’un don de 1,3 M$ de la part de la Fondation Marcelle et Jean Coutu, dont une partie a servi au financement de cette troisième maison sur le territoire montréalais.

Communiqué de presse du MSSS

Communiqué de presse de la Maison Bleue

Dr Denis-Claude Roy, ambassadeur et acteur de rayonnement international

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal est heureux et fier d’annoncer que Dr Denis-Claude Roy, directeur scientifique du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, a été honoré du titre d’Ambassadeur par le Palais des congrès de Montréal. Cette récompense souligne la contribution exceptionnelle d’un individu au succès et au rayonnement de Montréal par sa capacité à attirer des congrès de portée internationale.

Le travail de Dr Roy a en effet joué un rôle majeur dans le choix de la métropole québécoise pour la tenue en 2018 du congrès de l’ISCT (International Society for Cellular Therapy), le plus grand congrès international en thérapie cellulaire. Le Palais des Congrès estime que cet événement d’immense portée, qui attirera près de 2 000 délégués, pourrait générer jusqu’à 5,9 M$ en retombées économiques.

Dr Roy explique : « Montréal, le Québec et tout le Canada se positionnent de façon stratégique en thérapie cellulaire et génique et ceci appelle une reconnaissance internationale. Cette reconnaissance est étroitement liée au rôle important des réseaux CellCAN et ThéCell ainsi qu’à celui du Centre de commercialisation de l’immunothérapie du cancer (C3i) dont les institutions hôtes sont établies au Québec et collaborent étroitement avec l’International Society for Cellular Therapy. »

Yvan Gendron, président-directeur général du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, a pour sa part félicité Dr Roy, ajoutant que «son travail contribue à conforter la place de Montréal et du Québec comme chef de file dans le domaine de la thérapie cellulaire».

En présence de madame Julie Boulet, ministre du Tourisme et ministre responsable de la région de la Mauricie, des leaders ont été honorés lors de la cérémonie mettant en lumière l’apport majeur de ces nouveaux Ambassadeurs ayant confirmé la tenue à Montréal des événements majeurs qui généreront d’importantes retombées économiques pour la métropole et la province en attirant plus de 18 000 touristes d’affaires.

Rappelons aussi que tout récemment, sous l’égide de CellCAN, Dr Roy présidait à Montréal le tout premier forum stratégique pancanadien Révolution en thérapies cellulaires et géniques : Soyez prêts!, l’occasion pour les acteurs du domaine de jeter les bases d’une collaboration porteuse d’avenir.

Pour plus d’information
Florence Meney – Relations avec les médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
514 755-2516
fmeney.iusmm@ssss.gouv.qc.ca

Un coup de pouce pour l’innovation de la recherche à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal

Félicitations à Marie-France Marin, chercheure et à Stéphane Guay, directeur de la recherche à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) qui viennent d’obtenir un financement de 274 469 $ du Fonds des Leaders John-R.-Evans de la Fondation canadienne pour l’innovation, pour l’installation de nouveaux laboratoires et d’équipements de mesures psychophysiologiques.

Selon Yvan Gendron, président-directeur général du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, « cet appui accordé aux chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal constitue assurément une reconnaissance de l’excellence de leurs travaux. Il permettra d’améliorer notre compréhension des problèmes de santé mentale et nos interventions auprès des personnes qui en sont atteintes. »

Marie-France Marin

« Concrètement, cette subvention nous aidera à mettre sur pied un laboratoire de recherche pour étudier les mécanismes impliqués dans l’apprentissage de la peur par observation chez les enfants, » explique Marie-France Marin qui est également professeure adjointe au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal. « Ainsi, nous pourrons entreprendre des études afin de mieux comprendre les facteurs environnementaux et familiaux qui influent sur la transmission des peurs et du trauma entre les générations. »

Stéphane Guay

« Ces installations ainsi que les équipements mobiles associés pourront être utilisés par d’autres chercheurs et étudiants du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, » souligne Stéphane Guay qui est aussi professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. « C’est un apport significatif pour notre organisation qui favorisera le développement de nouvelles expertises en santé mentale. »

Dans les faits, ce financement permettra l’aménagement d’une salle d’observation, l’achat de matériel de mesures psychophysiologique (rythme cardiaque, tension artérielle, etc.) et l’acquisition d’ordinateurs.

Ces initiatives sont rendues possibles grâce à la participation financière du Gouvernement du Québec et celle de la Fondation de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Les récipiendaires du Fonds des Leaders John-R.-Evans doivent être des chefs de file reconnus dans leurs domaines de recherche respectifs ou qui ont la capacité de faire preuve – d’excellence dans le domaine de la recherche proposé. Également, ils doivent être engagés, ou sur le point de l’être, dans un programme de recherche ou de développement technologique original, de haute qualité et concurrentiel sur la scène internationale

Le Fonds des leaders John‑R.‑Evans (FLJE) appuiera 94 projets de 33 universités canadiennes dans le cadre du présent cycle de financement. Administré par le gouvernement fédéral par l’entremise de la FCI, le FLJE a pour objet d’aider les universités à recruter et à maintenir en poste les meilleurs chercheurs du monde. Les subventions du présent cycle totalisent près de 20 millions de dollars.

Les effets de la banalisation de la violence au travail sur les victimes

Banaliser la violence au travail entraînerait des conséquences psychologiques importantes chez les victimes, selon leur profession et leur sexe. C’est ce que conclut une recherche du Centre d’études sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal qui vient d’être publiée dans Annals of Work Exposures and Health.

Steve Geoffrion, chercheur

« Banaliser la violence au travail, c’est d’être convaincu que la violence fait partie du boulot et qu’il ne faut pas s’en plaindre » explique Steve Geoffrion, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. « Ainsi, beaucoup de travailleurs victimes d’actes de violence se taisent parce qu’ils pensent qu’un tel comportement conduirait à un jugement négatif de la part de leurs collègues ou de leur hiérarchie. Notre étude est la première du genre à s’intéresser à l’impact de cette banalisation sur le bien-être psychologique des travailleurs » affirme le professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Le but premier de cette recherche était d’évaluer concrètement les conséquences psychologiques de cette banalisation sur des individus victimes d’un acte de violence au travail et ce, en tenant compte des facteurs individuels (par exemple : l’âge, l’historique d’exposition à la violence au travail) et de soutien. Les chercheurs avaient également comme objectif de mesurer si le fait d’être un homme ou une femme et le type de profession pouvaient influencer la relation entre la banalisation de l’acte et les conséquences psychologiques.

Pour la réalisation de cette recherche, trois cent soixante-dix-sept participants qui exerçaient un métier d’agents chargés d’appliquer la loi (agents de sécurité, gardiens de parcs et policiers) ou qui travaillaient dans le réseau de la santé (majoritairement des infirmières et infirmiers) ont répondu à l’enquête. Les deux tiers des travailleurs de la santé étaient des femmes alors que la majorité des policiers étaient des hommes (74 %).

Les chercheurs ont demandé aux répondants de compléter un questionnaire afin de connaître le nombre de fois où ils ont été victimes et/ou témoins de différents actes de violence au travail au cours des 12 derniers mois, tels que des agressions verbales, des comportements destructeurs, des menaces, des vols avec violence ou à main armée ou des agressions sexuelles. De plus, ils interrogeaient leur perception de la violence dans leur milieu de travail et leur état de santé psychologique.

Résultats
Plus de la moitié (54 %) des participants pensent que la violence est normale dans leur environnement de travail tandis que 58 % estiment que leurs collègues ou employeurs les auraient jugés négativement s’ils s’étaient plaints d’être exposés à cette violence. La majorité des participants ont également rapporté avoir eu des séquelles psychologiques suite aux événements violents tels que des troubles de sommeil et de concentration, de l’irritabilité et de l’hyper vigilance.

Or, les travailleurs – et non les travailleuses – du milieu qui ont normalisé les actes de violences (c.-à-d. qu’ils acceptent qu’il s’agit d’une composante de leur travail et qu’ils sont formés pour gérer ce type de comportements) ont connu moins de problèmes psychologiques, contrairement à ceux qui n’osent pas se plaindre auprès de leurs collègues ou employeur. En somme, peu importe qu’ils soient travailleurs du milieu de la santé ou agents de la force, hommes ou femmes, les travailleurs qui croient qu’ils seront jugés par des collègues ou supérieurs s’ils se plaignent de la violence au travail ont subi davantage de problèmes psychologiques suite à un événement de violence au travail.

Stéphane Guay, directeur du Centre d’étude sur le trauma

Cette recherche nous apprend donc que plus les collègues et l’employeur soutiennent la victime, moins celle-ci aura des séquelles psychologiques. « L’importance du soutien social peut être lié au fait que la victime se sent comprise, a une meilleure estime de soi et parvient à utiliser des stratégies d’adaptation, » explique Stéphane Guay, directeur du Centre d’étude sur le trauma. « En revanche, il faut être prudent car un faible soutien social est un facteur de risque d’état de stress post-traumatique. Bref, le soutien social apporté par les employeurs ou les collègues peut représenter un mécanisme de protection pour les travailleurs, » complète le professeur titulaire à l’École de criminologie et au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

Retombées
Cette étude a démontré que les organisations devraient encourager les employés à discuter librement des actes de violence dont ils ont été victimes, car cela peut contribuer à leur bien-être au travail. Elle a également permis de mieux informer les organisations sur les interventions à prendre pour minimiser les conséquences psychologiques. Cette étude soulève aussi les potentiels bienfaits de la normalisation comme une stratégie adaptée aux hommes du milieu de la santé pour composer avec la violence au travail.

« Davantage de recherches sont cependant nécessaires afin d’évaluer les conséquences de la banalisation des actes de violence au travail sur les conséquences psychologiques des travailleurs, » affirme Steve Geoffrion. « Elles devront s’appuyer sur un échantillon plus large tout en contrôlant d’autres facteurs, tels que les antécédents personnels d’abus et les stratégies organisationnelles visant à prévenir la détresse psychologique. »

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Pour information

Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Bureau : 514 251-4000, poste 2986 | Cell. : 514 235-4036
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Schizophrénie et déficit de mémoire : certaines zones du cerveau en cause

Le déficit de mémoire des personnes atteintes de schizophrénie est associé à une baisse d’activité de certaines zones du cerveau, selon les résultats d’une étude publiée par des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal.

« Les gens souffrant de schizophrénie sont souvent aux prises avec un déficit cognitif, et en particulier, un déficit de la mémoire de travail. Cela se traduit par des difficultés à mémoriser à court terme les informations », explique David Luck, chercheur à l’ l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur adjoint au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

La mémoire de travail est une forme de mémoire à court terme qui retient temporairement une information. Cette information est retenue de manière inconsciente (par exemple : se souvenir de la couleur du vêtement de son voisin) ou intentionnelle (par exemple : retenir un numéro de téléphone pour le composer ensuite).

Cependant, aucune étude ne s’est intéressée, jusqu’à présent, à la façon dont le cerveau des personnes atteintes de schizophrénie fonctionne lors du traitement de l’information, que celle-ci soit intégrée de manière consciente ou non. « Il est probable que les gens souffrant de schizophrénie ont du mal à mémoriser de manière intentionnelle une information, alors que leur mémoire de travail inconsciente semble préservée, » affirme Stéphanie Grot, première auteure de l’étude et assistante de recherche dans le laboratoire de David Luck. « Notre objectif était de vérifier cette hypothèse et de regarder l’activité du cerveau de personnes atteintes de schizophrénie lors de tâches de mémoire de travail. »

Concrètement, l’équipe de recherche a recruté 42 participants, 19 personnes atteintes de schizophrénie et 23 sujets témoins, et leur a demandé d’effectuer une tâche faisant appel à la mémoire de travail inconsciente et une tâche faisant appel à la mémoire de travail intentionnelle. En parallèle, l’activité du cerveau était mesurée à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle.

Résultats
L’étude a révélé que les participants atteints de schizophrénie ne présentaient aucun problème pour mémoriser inconsciemment les informations, contrairement à la mémorisation intentionnelle qui s’est montrée hautement perturbée. Ce déficit spécifique pour les processus intentionnels se traduisait par une diminution de l’activation des lobes pariétal et frontal sur le plan cérébral. Le fait que le lobe pariétal soit moins activé dans la schizophrénie expliquerait pourquoi les patients ont plus de difficulté à prêter attention à une information, alors qu’une activité réduite du cortex préfrontal reflèterait une incapacité à utiliser des stratégies efficaces pour maintenir une information et la stocker temporairement.

« Ces observations nous suggèrent que les patients atteints de schizophrénie pourraient souffrir d’un déficit d’attention et que des techniques de stratégies de mémorisation pourraient les aider à encoder correctement l’information intentionnelle, » explique le chercheur David Luck.

La découverte d’un tel dysfonctionnement pourrait ouvrir la voie à de nouvelles interventions thérapeutiques, telles que les techniques de neuromodulation, comme la stimulation électrique transcrânienne par exemple, qui possèdent un potentiel prometteur pour améliorer la cognition et la mémoire en particulier.

Source : Grot S, Légaré VP, Lipp O, Soulières I, Dolcos F, Luck D. Abnormal prefrontal and parietal activity linked to deficient active binding in working memory in schizophrenia. Schizophr Res. 2017 Jan 14. pii: S0920-9964(17)30030-0. doi: 10.1016/j.schres.2017.01.021.

Communiqué PDF

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Catherine Dion
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4 février, Journée de lutte contre le cancer

Chaque année le 4 février, pour la Journée mondiale contre le cancer, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) soutiennent l’Union internationale contre le cancer (UICC) pour promouvoir les moyens de faire reculer la charge de morbidité imputable à cette maladie.

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal participe à cette initiative. En fait, la force de la recherche de pointe qui se déploie à l’intérieur de nos murs, combinée à l’excellence des soins dispensés aux patients en oncologie ne passe pas inaperçue. Deux reportages, l’un aux nouvelles de TVA, l’autre au Téléjournal Montréal de Radio-Canada, se sont attachés à montrer nos chercheurs, dont le docteur Jean-Sébastien Delisle du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui travaillent à mettre au point les thérapies de demain.

A signaler que le Centre d’excellence en thérapie cellulaire, le plus important au Canada, est un chef de file en la matière. Les deux reportages montrent aussi les techniques les plus à jour pour anéantir les cellules cancéreuses, y compris la radio-chirurgie.

TDAH et dépression : comment bien évaluer ses capacités cognitives?

Dre Valérie Tourjman

Des chercheurs du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) ont mis au point un questionnaire qui permet aux personnes souffrant de dépression majeure ou de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) d’évaluer eux-mêmes leurs problèmes cognitifs.

Le TDAH et la dépression sont des problèmes de santé mentale qui entraînent souvent des troubles de mémoire à court terme, une difficulté à planifier une tâche ou à traiter rapidement une information. « L’un des principaux défis dans l’évaluation du fonctionnement cognitif chez les populations atteintes de troubles de santé mentale est le choix d’un outil d’évaluation adaptée à la condition », déclare la Dre Valérie Tourjman, chercheure et psychiatre à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal).

C’est pourquoi, Dre Tourjman et son équipe ont élaboré un questionnaire auto-administré (EDEC) sur la façon dont un individu perçoit son propre fonctionnement cognitif selon la pathologie dont il est atteint. Concrètement, l’EDEC peut être facilement utilisé pour déceler de subtils changements d’humeur ou de comportement lors d’un rendez-vous de routine avec le psychiatre.

« Peu d’études ont comparé les échelles auto-administrées (qui sont subjectives) avec des tests neuropsychologiques reconnus qui évaluent de manière objective la performance cognitive », explique la professeure au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal. Ces derniers sont utilisés par des professionnels de la santé pour évaluer la plupart du temps des déficiences cognitives majeures chez des patients psychiatrisés. Par exemple, le Screen for Cognitive Impairment in Psychiatry (SCIP) qui sert à faire un dépistage de trouble cognitif, notamment la mémoire verbale, mémoire de travail, la fluence verbale et la rapidité de traitement de l’information.
Pour les fins de leur étude, Dre Tourjman et ses collaborateurs ont comparé la façon dont les patients atteints de dépression majeure et de trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité (TDAH) perçoivent leur état cognitif, en comparaison avec leur performance cognitive mesurée objectivement.

Peu importe le test complété, les participants à l’étude ont tous rapporté des problèmes cognitifs tels que des déficits de la mémoire de travail et de la vitesse de traitement de l’information ainsi qu’une difficulté à retenir des mots. Cependant, certains résultats diffèrent dépendant du test utilisé. Par exemple, les patients dépressifs ont tendance à surestimer leurs carences, car ils signalent plus de troubles cognitifs dans le test auto-administré que dans le test neuropsychologique dirigé. Dans les faits, les résultats au test d’autoévaluation permettent de mieux évaluer la façon dont les personnes fonctionnent dans la vie de tous les jours. Autrement dit, un faible résultat au test auto-administré reflète un mauvais fonctionnement quotidien du patient. Par exemple, plus un patient atteint de TDAH perçoit ses déficits cognitifs comme sévères plus son incapacité à fonctionner dans la vie de tous les jours sera marquée.

Ces résultats suggèrent que le test neuropsychologique comme le SCIP et celui du questionnaire auto-administré (EDEC) ne sont pas interchangeables mais complémentaires. L’évaluation du fonctionnement cognitif devrait idéalement inclure des mesures objectives et subjectives de la cognition, ce qui permet d’avoir une meilleure idée sur le fonctionnement quotidien du patient.

Voir la publication originale sur le site www.sciencedirect.com