Nos experts au colloque de l’Ordre des ergothérapeutes du Québec

« Recentrer sa pratique au soutien à domicile sur la participation sociale des aînés, c’est possible? » C’est la question à laquelle tenteront de répondre les ergothérapeutes Pier-Luc Turcotte et Marie-Josée Filion lors du 7e colloque annuel de l’Ordre des ergothérapeutes, qui aura lieu à Québec, le 28 septembre prochain.

Tous deux ergothérapeutes au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, le premier est  étudiant-chercheur à la maîtrise en santé communautaire au Centre de recherche sur le vieillissement de l’Université de Sherbrooke et la seconde est clinicienne au CLSC de l’Est-de-Montréal. Ensemble, ils présenteront le fruit d’une recherche participative menée dans nos installations dont le but était de repenser la pratique des ergothérapeutes au soutien à domicile afin de favoriser la participation sociale des aînés.

« La participation sociale correspond à l’implication d’une personne dans des activités qui procurent des interactions sociales dans la communauté  », explique Monsieur Turcotte. La participation sociale permet également de briser la solitude et l’isolement social que peuvent vivre de nombreuses personnes aînées ou ayant des incapacités, en plus de favoriser leur estime de soi et de prévenir la détresse psychologique. « On sait que plus les personnes sont impliquées socialement, plus elles vivent longtemps et en meilleure santé et moins elles ont tendance à recourir aux soins de santé », poursuit-il.

Grâce à son projet, Pier-Luc Turcotte a été en mesure d’élaborer un continuum d’interventions innovantes ayant comme but de soutenir la participation sociale des aînés. Le continuum élaboré dans cette étude comprend notamment des interventions à l’échelle individuelle, d’un groupe ou de la communauté. Au moyen d’entretiens individuels et de groupe, les participants ont fait ressortir une série d’interventions en ergothérapie et ont réfléchi à la possibilité de les implanter au soutien à domicile.

La recherche dite « participative » s’est déroulée d’avril à octobre 2016 en partenariat avec des acteurs-clés d’un programme de soutien à domicile, des membres d’organismes communautaires ainsi que des usagers de services. L’objectif de ce processus est d’inclure tous les acteurs qui gravitent autour de la personne qui reçoit des soins à domicile, afin de favoriser sa participation sociale.

En intégrant ces résultats aux données issues des écrits scientifiques, les interventions auprès de groupes se sont avérées particulièrement prometteuses. L’ergothérapeute Marie-Josée Filion met en œuvre cette forme de pratique depuis près de 20 ans auprès de l’Association locale de la sclérose en plaques. « En 1998, j’ai approché le responsable de l’association afin de proposer un partenariat incluant des activités adaptées supervisées par des ergothérapeutes au soutien à domicile », rapporte Mme Filion.

Ces groupes consistent en des séances d’exercices en douceur d’une heure suivies d’un café-rencontre parrainé par l’association locale de la sclérose en plaques. « On rejoint environ 16 à 20 personnes, la plupart sont âgés de plus de 65 ans et sont surtout des membres de l’association, bien que les groupes soient ouverts à d’autres conditions. » précise-t-elle. Les groupes offerts par Marie-Josée Filion ont fait l’objet d’un article dans la revue Actualités ergothérapiques de l’Association canadienne des ergothérapeutes.

Cette présentation au Colloque, dont le thème est « L’occupation comme moteur de la santé et du bien-être des aînés », découle d’un riche partenariat entre les milieux de la recherche et de la pratique. Les deux ergothérapeutes offriront un survol de ces pratiques prometteuses et proposeront des stratégies en vue de les déployer en pratique.

Si d’autres études sont nécessaires pour appuyer l’efficacité d’un tel programme, cette forme de pratique est très prometteuse. En plus de fournir de nombreux avantages aux clients qui utilisent les services d’ergothérapie, ce programme pourrait possiblement potentiellement améliorer l’accès aux soins préventifs en ergothérapie et réduire les coûts liés au système de santé.

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Pour information
Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Bureau : 514 251-4000, poste 2986 | Cell. : 514 235-4036
catherine.dion.iusmm@ssss.gouv.qc.ca

 

Un nouveau traitement pour les comportements répétitifs axés sur le corps

Un traitement cognitif psychophysiologique mis au point par des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal permet maintenant de traiter différemment les comportements répétitifs centrés sur le corps, selon une étude publiée dans le Journal of Clinical Psychology.

Ces comportements répétitifs regroupent des gestes compulsifs tels que la trichotillomanie (s’arracher les cheveux), l’excoriation (s’arracher la peau sans s’automutiler) et l’onychophagie (se ronger les ongles).

Kieron O’Connor, chercheur

« Le traitement habituel pour les comportements répétitifs centrés sur le corps est une thérapie comportementale qui consiste principalement en l’apprentissage d’une réponse incompatible avec l’action, permettant ainsi de supprimer l’habitude, » explique Kieron O’Connor, chercheur et directeur du Centre d’études sur les tics et les tocs (CETOCT) de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

« Par exemple, pour empêcher son comportement, une personne qui se ronge les ongles de manière compulsive pourrait les vernir. En s’occupant différemment, l’habitude finie par changer et elle devient alors plus facile à arrêter. »

Cette étude a évalué 54 personnes qui ont suivi un nouveau traitement cognitif de la gestion des comportements répétitifs axés sur le corps sur une période de 14 semaines. Lors de la thérapie, les chercheurs ont évalué les facteurs déclencheurs du comportement chez les participants, en s’intéressant plus spécifiquement à l’interprétation de l’environnement de chacun lorsque l’habitude se manifeste. L’objectif du traitement était de permettre aux participants d’apprendre à réagir différemment à leur environnement, en particulier, en tentant d’être moins perfectionniste dans la planification leurs actions.

« Prenons l’exemple d’une personne qui a tendance à s’arracher des bouts de peau lorsqu’elle doit conduire sa voiture » explique Kieron O’Connor, premier auteur de l’article et professeur titulaire à l’Université de Montréal. « Pour cette personne, la conduite automobile est stressante et elle craint constamment les critiques des autres, ce qui fait qu’elle planifie minutieusement chaque aspect de sa conduite. Lors du traitement, elle apprend à accepter que sa conduite n’est pas parfaite et à abandonner la planification excessive de chacun de ses déplacements. Puisque la personne tolère mieux les critiques des autres et qu’elle n’essaie plus de contrôler chacun de ses gestes, elle ne ressent plus le besoin de s’arracher des petits bouts de peau ».

Résultats
Les résultats démontrent que le traitement cognitif psychophysiologique amène une amélioration significative chez 74% des participants, un taux de réussite qui est plus de 2 fois (2,24) supérieur à celui de participants qui sont en attente pour suivre une thérapie.

« Le progrès a autant été constaté chez les hommes que chez les femmes. La diminution des symptômes s’accompagne d’une baisse du perfectionnisme et de la planification excessive. Concrètement, la qualité de vie de ces personnes est grandement améliorée », souligne Kieron O’connor.

Les gains acquis par les participants étaient maintenus six mois après le traitement. Ce traitement cognitif innovateur est donc une alternative valable aux approches comportementales et à l’utilisation de médication pour les personnes aux prises avec des comportements répétitifs centrés sur certaines parties du corps.

Pour information
Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
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La Dre May Griffith devient titulaire de la Chaire Caroline Durand de l’Université de Montréal

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal est fier d’annoncer que l’une des chercheuses du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Dre May Griffith, Ph.D., une pionnière de la médecine régénérative de l’œil, est la toute nouvelle titulaire de la Chaire de la Fondation Caroline Durand en thérapie cellulaire des maladies de l’œil de l’Université de Montréal.

May Griffith, chercheure

Pionnière des soins de la cornée
May Griffith, Ph.D., se spécialise dans la mise au point de matériaux biomimétiques destinés à la santé de la vision. En 2007, en collaboration avec un chirurgien suédois, l’équipe canado-suédoise de Dre Griffith réussissait une première mondiale : la régénération de tissu cornéen humain malade et de nerfs endommagés au moyen d’implants sans cellules. Dix personnes ont subi la procédure et quatre ans après l’opération, tous les implants étaient stables.

La méthode mise au point repose sur l’utilisation de nouveaux matériaux biomimétiques qui permettent de cultiver les tissus en imitant de très près les mécanismes de la nature et en reproduisant artificiellement des propriétés essentielles d’un ou plusieurs systèmes biologiques.

La Chaire Fondation Caroline Durand de l’Université de Montréal permettra à May Griffith d’entamer une nouvelle phase de travaux. Ils seront centrés sur la réparation de cornées endommagées par des traumatismes.

Par un don exceptionnel de 4,25 M$ à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), la Fondation Caroline Durand a été le premier grand donateur à reconnaître l’excellence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont en ophtalmologie et en thérapie cellulaire. Le financement de cette chaire de 5 M$ a été complété par un don de 750 000 $ de la Fondation HMR.

May Griffith souhaite saluer la grande collaboration dans ses recherches avec plusieurs scientifiques, et tout particulièrement Dre Isabelle Brunette (Hôpital Maisonneuve-Rosemont) et Dr Bruce Jackson (Université d’Ottawa).

 

 

Pour information et entrevues
Florence Meney
Relations avec les médias | CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Cell. : 514 755-2516
fmeney.iusmm@ssss.gouv.qc.ca

Sonia Lupien élue présidente de la ISPNE

Sonia Lupien, directrice du Centre d’études sur le stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeure titulaire au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal vient d’être élue par ses pairs au titre de présidente de l’International Society of Psychoneuroendocrinology (ISPNE).

Créée il y a 48 ans, la Société internationale de psychoneuroendocrinologie regroupe des chercheurs d’à travers le monde qui étudient les effets des hormones sur le cerveau et particulièrement les effets du stress sur le cerveau animal et humain.

Dans le cadre du congrès annuel de la ISPNE qui avait lieu à Zurich du 8 au 11 septembre 2017, les chercheurs ont élu Sonia Lupien à titre de présidente de la société, et ce, pour une période de 3 ans.

Madame Lupien a accepté cet honneur avec plaisir et elle travaillera au développement de la société et à la représentation de la science du stress à travers le monde.

Un bel exemple du rayonnement international de nos chercheurs québécois!