Web-conférence : « Le cannabis et vous »

Dans le cadre de la légalisation du cannabis, Marie-Claude Lavallée anime cette entrevue-conférence durant laquelle Stéphane Potvin, chercheur et le Dr François Noël répondent à vos questions sur les effets du cannabis sur la santé mentale.

Les minorités ethniques sont plus à risque de développer des symptômes psychotique

Dr. David Luck, chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal

Montréal, le 24 septembre 2018 – Les personnes issues des minorités ethniques sont plus à risque de développer des symptômes psychotiques.

Telles sont les conclusions d’une collaboration franco-québécoise qui a analysé les résultats de 24 études incluant près de 50 000 personnes appartenant à différentes minorités ethniques dans 23 pays.

« Nous nous sommes intéressés aux expériences psychotiques – caractérisées par des délires et hallucinations – dont peuvent être victimes ces populations, en raison de leur faible niveau socio-économique et de leur appartenance à une ethnie minoritaire dans le pays d’accueil», déclare Dr. David Luck, chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et co-auteur de l’étude.

Les symptômes psychotiques touchent 7% de la population en général. Les personnes qui en souffrent présentent un risque plus élevé de développer plus tard des troubles psychotiques et des comportements suicidaires qui nécessitent des soins hospitaliers.

« Plusieurs études suggèrent que certaines ethnies vivant dans un pays où elles se retrouvent minoritaires sont plus à risque de troubles mentaux graves. Notre méta-analyse avait pour but de confirmer cette hypothèse pour les symptômes psychotiques et de déterminer, si tel était le cas, quelles étaient les ethnies les plus touchées », poursuit Dr. Edouard Leaune, auteur principal de l’étude et chercheur au Centre Hospitalier Le Vinatier en France.

Résultats
Le fait d’appartenir à une minorité ethnique augmente le risque de développer des expériences psychotiques (+ 36%) et des symptômes psychotiques (+ 44%). Cela concerne particulièrement les peuples du Maghreb et du Moyen Orient en Europe (+ 230%), les Hispaniques et vivant aux Etats-Unis (respectivement +98%) et la population noire (+ 85%). Ce sont les adultes et non les enfants et adolescents qui sont avant tout concernés.

Ceux qui ont le statut de migrants (c’est-à-dire ceux qui sont nés à l’étranger) ont quant à eux un risque accru de symptômes délirants (+47%), un des principaux symptômes psychotiques.

Comment interpréter ces résultats?
« Toutes les ethnies ne sont pas équitablement touchées. Il semblerait que deux facteurs aient une influence négative sur la santé mentale des minorités ethniques : l’adversité sociale et la discrimination perçue. Il semblerait que plus on se sent discriminé et moins bien accepté, plus le risque de souffrir de troubles mentaux graves est élevé. », suggère Dr Luck.

Source : Leaune E, Dealberto MJ, Luck D, Grot S, Zeroug-Vial H, Poulet E, Brunelin J. Ethnic minority position and migrant status as risk factors for psychotic symptoms in the general population: a meta-analysis. Psychol Med. 2018 Sep 4:1-14. doi: 10.1017/S0033291718002271.

À propos du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-EMTL) regroupe l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale, le CHSLD polonais Marie-Curie-Sklodowska et l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l’Île et de Lucille-Teasdale. Il compte près de 15 000 employés et près de 1 000 médecins répartis au sein de 43 points de services pour une population de 500 000 personnes. Il offre une gamme complète de soins de santé et de services sociaux de première ligne, de soins hospitaliers généraux, spécialisés, surspécialisés et de soins en santé mentale. Il offre également des soins de longue durée en hébergement. Affilié à l’Université de Montréal, le CIUSSS-EMTL conjugue les missions d’enseignement, d’évaluation et de recherche avec la formation de médecins et professionnels de la santé. Ses deux centres de recherche d’envergure se démarquent sur les plans national et international dans les sphères d’expertise que sont la santé mentale, l’immuno-oncologie, la santé de la vision, la néphrologie et la thérapie cellulaire. www.ciusss-estmtl.gouv.qc.ca

Pour information et entrevues :
Christian Merciari – relations avec les médias CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
514 235-4036
christian.merciari.cemtl@ssss.gouv.qc.ca

Mesurer l’activité cérébrale pour prédire le succès de la thérapie cognitivo-comportementale chez les patients atteints du syndrome de Gilles de la Tourette

Simon Morand-Beaulieu

Montréal, le 24 septembre 2018 – Le syndrome de Gilles de la Tourette est un trouble neuropsychiatrique dont les principales caractéristiques sont la présence de tics moteurs et vocaux. Un des traitements de choix pour cette condition est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Il a été démontré qu’elle était aussi efficace que la médication avec des effets secondaires indésirables bien moins importants. Toutefois, certains patients ne présentent pas de diminution significative des symptômes après la thérapie. Ainsi, une équipe de chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CRIUSMM) du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a voulu identifier des marqueurs permettant de prédire le succès de la thérapie. Les résultats de cette étude ont récemment été publiés dans la revue Journal of Psychiatric Research.

« Étant donné que la thérapie requière une implication importante de la part des patients, l’identification de marqueurs prédisant le succès de la thérapie permettrait d’offrir aux patients un traitement adapté à leurs caractéristiques individuelles » déclare Marc Lavoie, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur-chercheur titulaire au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal.

Ainsi, l’équipe de chercheurs dirigée par M. Lavoie a enregistré l’activité cérébrale de 26 patients atteints du syndrome de Gilles de la Tourette avant que ceux-ci entreprennent une thérapie. Cette thérapie inclut des exercices de discrimination et de relaxation musculaire ainsi que de la restructuration cognitive et comportementale, entre autres. Les chercheurs ont également évalué la sévérité des symptômes avant et après la thérapie.

« En mesurant l’activité électrique du cerveau, nous avons pu établir si le traitement allait être efficace ou non» déclare Simon Morand-Beaulieu, doctorant au Département de neurosciences de l’Université de Montréal et premier auteur de l’étude. « Notre modèle prend en compte deux facteurs : un lié à la préparation des mouvements et l’autre lié au contrôle des mouvements par le cerveau ».

Les patients qui présentaient un délai au niveau de la préparation des mouvements avant la thérapie réussissaient mieux la thérapie. Ce délai leur permet donc d’avoir un meilleur contrôle de leurs mouvements en général, mais également un meilleur contrôle de leurs tics. « Ils sont donc plus en mesure d’appliquer les stratégies apprises durant la thérapie » affirme M. Lavoie. Aussi, les patients qui utilisaient davantage de ressources au contrôle des mouvements présentaient une réduction des tics plus importante après la thérapie.

Avant d’appliquer ce modèle de prédiction pour orienter les patients vers un traitement ou un autre, ces résultats devront être répliqués sur un échantillon plus grand. « Nous ne sommes pas encore au point où nous pouvons utiliser ces marqueurs pour choisir le traitement adapté pour un patient, mais on s’en approche » soutient M. Morand-Beaulieu. « Dans les prochaines années, il faudra combiner ces marqueurs électrophysiologiques avec d’autres biomarqueurs pour encore mieux prédire le succès de la thérapie. »

Source : Simon Morand-Beaulieu, Kieron P. O’Connor, Pierre J.Blanchet, Marc E.Lavoie. Electrophysiological predictors of cognitive-behavioral therapy outcome in tic disorders. Journal of Psychiatric Research. Volume 105, October 2018, Pages 113-122. https://authors.elsevier.com/a/1XjLU55vYtwmY

À propos du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-EMTL) regroupe l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale, le CHSLD polonais Marie-Curie-Sklodowska et l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l’Île et de Lucille-Teasdale. Il compte près de 15 000 employés et près de 1 000 médecins répartis au sein de 43 points de services pour une population de 500 000 personnes. Il offre une gamme complète de soins de santé et de services sociaux de première ligne, de soins hospitaliers généraux, spécialisés, surspécialisés et de soins en santé mentale. Il offre également des soins de longue durée en hébergement. Affilié à l’Université de Montréal, le CIUSSS-EMTL conjugue les missions d’enseignement, d’évaluation et de recherche avec la formation de médecins et professionnels de la santé. Ses deux centres de recherche d’envergure se démarquent sur les plans national et international dans les sphères d’expertise que sont la santé mentale, l’immuno-oncologie, la santé de la vision, la néphrologie et la thérapie cellulaire. www.ciusss-estmtl.gouv.qc.ca

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Une grande série radiophonique consacrée à la Maladie d’Alzheimer, avec notre expertise (Radio-Canada)

21 septembre – L’expertise de notre CIUSSS s’est encore illustrée récemment avec la participation de notre neurologue de la cognition, chercheur et clinicien Dr Alain Robillard (Hôpital Maisonneuve-Rosemont) à une grande série radiophonique animée par Marie-France Bazzo, Alzheimer- Fais ce qui est le mieux pour moi, basée sur l’expérience très personnelle de l’animatrice. Un document riche en information, un vrai incontournable.

A écouter sans faute!

https://ici.radio-canada.ca/premiere/premiereplus/sante/6072/alzheimer-marie-france-bazzo-balado

L’importance de la thérapie comportementale dans le traitement du syndrome de Tourette chez les enfants

Julie Leclerc, chercheure au Centre de recherche de l’Institut Universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM) et professeure au département de psychologie de l’UQAM.

Montréal, le 20 septembre 2018 – Les thérapies cognitives comportementales sont efficaces chez les enfants et adolescents souffrant de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT).

Telles sont les conclusions d’une étude publiée par Julie Leclerc, chercheure au Centre de recherche de l’Institut Universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM) et professeure au département de psychologie de l’UQAM.

« Les TCC sont une alternative aux médicaments car elles sont à la fois efficaces et disponibles. Mais il en existe plusieurs. L’objectif principal de notre étude a été d’évaluer laquelle des TCC es la plus efficace dans la prise en charge du trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) », déclare Dre Leclerc.

Efficacité des thérapies pour le TOC
La thérapies cognitives comportementales TCC la plus utilisée est l’exposition avec prévention de la réponse (EPR). Son efficacité est cependant limitée, incitant des chercheurs à mettre au point une nouvelle thérapie : la thérapie basée sur les inférences (TBI). La TBI part du principe que les obsessions auraient pour origine un doute pathologique, c’est-à-doute survenant en l’absence totale de preuves provenant du monde réel et sensoriel. La TBI, qui fonctionne chez l’adulte, a été adaptée pour les enfants par une étudiante au doctorat puis, par l’équipe du centre d’études sur le TOC et les TIC (CETOC) au CRIUSMM, avec pour objectif de diminuer les symptômes du TOC. Les résultats préliminaires sont encourageants et une étude clinique de plus grande ampleur est en cours.

Efficacité des thérapies pour le SGT
Les thérapies existantes – renversement des habitudes (RH) et l’intervention behaviorale compréhensive pour les tics (IBCT) – sont régulièrement utilisées mais nécessitent de détecter la survenue du tic, ce que les jeunes enfants n’ont pas forcément conscience de ces phénomènes. Leur succès est donc limité.

Un nouveau protocole (appelé le CoPs) intégrant des facteurs cognitifs, comportementaux et physiologiques a ainsi été développé chez l’adulte par l’équipe du CETOC avec de très bons résultats, puis adapté par la Dre Leclerc auprès d’enfants et d’adolescents sous le nom de « Façotik ». Un essai pilote a montré une diminution de la fréquence et de la sévérité des tics après 12 à 14 séances hebdomadaires. La diminution (de près de 30 %) de l’occurrence des tics persiste après un an après la thérapie.

« Les nouvelles thérapies offertes sont très prometteuses car elles ciblent non seulement la réduction des symptômes visibles mais aussi les facteurs qui déclenchent la série de comportements ».

« Malheureusement, les résultats ne s’accompagnent pas toujours d’un changement des pratiques cliniques, par manque d’information et de formation des professionnels de santé. Il est donc important de mieux faire connaître nos protocoles de traitement », conclut-elle.

Source : Leclerc JB, Pabst A., Valois P., Bombardier M., Berthiaume C.,
 O’Connor., K. TCC spécialisées pour le TOC et le syndrome de Gilles de la Tourette chez l’enfant et l’adolescent : état des connaissances. Journal de thérapie comportementale et cognitive (2018), https://doi.org/10.1016/j.jtcc.2018.06.002

L’étude portant sur l’évaluation de l’effet de la thérapie pour les tics a bénéficié d’une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC : 340559), alors que celle portant sur l’évaluation de l’effet de la thérapie ciblant les épisodes explosifs dans le SGT a bénéficié d’une subvention des Fonds de recherche du Québec—Société et Culture (FRQSC : 180392)

À propos du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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