Protection de la jeunesse : un milieu de travail parfois dangereux

Steve Geoffrion, chercheur à l’IUSMM

Montréal, le 12 décembre 2019 — Une récente étude dirigée par Steve Geoffrion, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, documente la violence tant physique que psychologique que les travailleurs en protection de la jeunesse affrontent dans le cadre de leur travail. L’étude rapporte que la violence vécue au travail avait des conséquences sur le plan de l’organisation du travail ainsi que sur la santé psychologique et des intervenants.

L’étude
Les chercheurs (Josianne Lamothe, doctorante à l’École de criminologie est la première auteure de l’article) ont procédé à l’analyse de témoignages de 30 intervenants (es) en protection de la jeunesse œuvrant tant en centre de réadaptation que dans le milieu familial de l’enfant. L’étude publiée dans la revue Child Abuse & Neglect cherchait à connaître comment ils font face aux menaces et aux manifestations de violence et quelles sont les ressources disponibles pour les aider. Menaces de mort, coups de poing, objets lancés, bris de propriété, agression au couteau, ces gestes sont posés autant par des enfants que des parents.

Les résultats démontrent que les situations de violence tant physique que psychologique sont récurrentes et omniprésentes, affectant lourdement la santé et le bien-être des travailleurs de ce milieu. Sur le terrain, les intervenants sont donc davantage laissés à eux-mêmes ce qui peut engendrer de la peur et un niveau de détresse élevé. Aux prises avec des réactions de stress post-traumatique, certains intervenants hésitent à en faire état à leurs supérieurs de crainte d’être perçus comme non qualifiés pour un tel travail. Ils se sentent donc isolés et sans ressources. Plusieurs vont même soutenir qu’ils ne sont pas affectés par les situations de violence alors qu’ils en souffrent en silence.

« Les intervenants en institution sont plus à risque d’être confrontés à de telles situations que ceux en milieu familial parce qu’ils sont toujours en contact avec des jeunes qui composent avec des troubles du comportement », précise le professeur Steve Geoffrion, également codirecteur du Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal.

Un changement de culture professionnelle
Deux principales pistes de solution sont soulevées : le soutien organisationnel et l’acquisition de stratégies permettant de faire face adéquatement aux situations conflictuelles. Un soutien institutionnel fort est de nature à favoriser la résilience des travailleurs et aider à dissiper les conséquences négatives des évènements violents, écrivent les auteurs. Selon Steve Geoffrion, les collègues de travail pourraient aussi agir à la manière de « sentinelles » et apprendre à dépister ceux qui ont besoin d’aide.

La formation reçue par les travailleurs en protection de la jeunesse n’est pas uniforme et, parfois même, déficiente. Une formation (en rappel) permettrait d’adapter les stratégies d’intervention en situation de conflit en plus d’inclure des mises en situation de comportements violents, à l’instar de ce qui se fait en sciences infirmières où l’on simule des interventions en milieu hospitalier.

Le codirecteur du Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal, Steve Geoffrion, se montre par ailleurs optimiste et dit observer plus d’ouverture organisationnelle face à l’expression des craintes vécues par ces intervenants, signe qu’un de changement de culture est en train de s’opérer.

À propos du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-EMTL) regroupe l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale, le CHSLD polonais Marie-Curie-Sklodowska et l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l’Île et de Lucille-Teasdale. Il compte près de 15 000 employés et près de 1 000 médecins répartis au sein de 43 points de services pour une population de 500 000 personnes. Il offre une gamme complète de soins de santé et de services sociaux de première ligne, de soins hospitaliers généraux, spécialisés, surspécialisés et de soins en santé mentale. Il offre également des soins de longue durée en hébergement.

Affilié à l’Université de Montréal, le CIUSSS-EMTL conjugue les missions d’enseignement, d’évaluation et de recherche avec la formation de médecins et professionnels de la santé. Ses deux centres de recherche d’envergure se démarquent sur les plans national et international dans les sphères d’expertise que sont la santé mentale, l’immuno-oncologie, la santé de la vision, la néphrologie et la thérapie cellulaire. www.ciusss-estmtl.gouv.qc.ca

 

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Lison Lescarbeau — relations avec les médias CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal 438 354-6934
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Bris d’une conduite d’eau devant le pavillon Rosemont de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont : la conduite est réparée et le pavillon Rosemont est alimenté en eau potabl

Montréal, le 23 novembre 2018 – Le bris de la conduite d’eau qui a perturbé la circulation et les activités du pavillon Rosemont de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont a été réparé en fin de soirée, jeudi. Une purge du système d’eau potable a été complétée vers 21 h et l’eau courante a été rétablie de façon définitive vers 21 h 30. Toutes les activités normales prévues au pavillon Rosemont auront donc lieu sans autres perturbations.

Seulement une voie du boulevard Rosemont, en direction ouest, est actuellement ouverte à la circulation et il en demeurera ainsi jusqu’à ce que le chantier soit complété dimanche soir. Les quatre voies du boulevard Rosemont devraient normalement être ouvertes à la circulation dans la nuit de dimanche à lundi. Certains ralentissements de circulation sont donc à prévoir pour les automobilistes qui auront à passer sur le boulevard Rosemont au cours de la fin de semaine.

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La prise de contraceptifs oraux liée à une augmentation des pensées vagabondes chez les femmes

Catherine Raymond, chercheure à l’IUSMM

Montréal, le 16 novembre 2018 – Une nouvelle étude menée par des chercheurs du Centre d’études du stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) démontre que les femmes utilisant un contraceptif oral présentent une fréquence plus élevée de pensées vagabondes (mind wandering) au quotidien. Les pensées vagabondes, un processus cognitif associé à toutes les pensées que nous avons et qui ne sont pas en lien avec la tâche que nous effectuons, ont d’ailleurs été reconnues comme un précurseur marqué de vulnérabilités cognitives chez les individus qui sont à risque de développer des troubles de l’humeur. « L’objectif de cette étude était de vérifier si la prise de ces hormones synthétiques était associée à des vulnérabilités cognitives chez des jeunes femmes en santé qui ne souffrent pas, ou pas encore, de dépression majeure », explique Catherine Raymond, chercheure associée à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Dans le cadre de l’étude, la fréquence des pensées vagabondes de 28 femmes qui prennent un contraceptif oral depuis au moins un an ont été évaluées en comparaison à deux groupes de contrôle, soit 14 femmes qui ne prennent pas de contraception orale et 29 hommes. Les résultats démontrent que les femmes qui prennent des contraceptifs oraux ont des pensées vagabondes plus fréquemment au quotidien contrairement aux deux autres groupes.

Un lien potentiel vers la dépression
Des études antérieures traçaient déjà un lien entre une humeur dysphorique et la prise d’un contraceptif oral. Les résultats de la présente étude suggèrent par contre que cette association pourrait être partiellement expliquée par l’impact de la prise d’un contraceptif oral sur le processus cognitif sous-jacent aux pensées vagabondes. « Cette étude supporte l’idée que la prise de contraceptifs oraux augmente la vulnérabilité cognitive qui pourrait mener à la dépression et qu’il pourrait être utile de mesurer les pensées vagabondes chez les femmes utilisant des contraceptifs oraux afin de savoir si elles sont plus à risque de souffrir de dépression ultérieurement. », conclut Catherine Raymond.

À propos de l’étude
L’étude « Increased frequency of mind wandering in healthy women using oral contraceptives » a été rédigée par Catherine Raymond, Marie-France Marin, Robert-Paul Juster, Sarah Leclaire, Olivier Bourdon, Sophia Cayer-Falardeau, & Sonia J. Lupien.

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4e Congrès québécois sur la maladie d’Alzheimer : à la frontière entre la psychiatrie et la neurologie cognitive

Le Dr Alain Robillard, neurologue de la cognition à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Montréal, le 2 novembre 2018 – Dans notre société vieillissante, la prévalence de la maladie d’Alzheimer et des démences associées est en passe de devenir un fléau de société. Plus de 500 000 aînés canadiens sont atteints de démence diagnostiquée, et ce chiffre inclut 120 000 Québécois. Plus des deux-tiers sont des femmes. La communauté médicale et scientifique explore activement toutes les pistes pouvant révéler la clé de ces affections débilitantes et très coûteuses pour la société. Pour y parvenir, la mise en commun du savoir est essentielle. C’est dans ce contexte que l’expertise du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal en la matière se déploiera lors du 4e Congrès québécois sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées, organisé par l’Association des médecins gériatres du Québec (AMGQ) et le Réseau des cliniques de mémoire du Québec, qui a lieu du 7 au 9 novembre 2018 à l’Hôtel Sheraton de Laval.

Le thème de la rencontre, cette année, est la frontière entre la psychiatrie et la neurologie cognitive. En effet, dans bien des cas, chez les personnes atteintes, les symptômes psychiatriques et neurologiques de la démence se chevauchent et s’entrecoupent, un défi pour les soins. Ce thème donnera lieu à des échanges sur des aspects passionnants tels que le TDAH et les troubles cognitifs, les troubles anxieux et la dépression en lien avec la Maladie d’Alzheimer, sans oublier le rôle des professionnels de la santé auprès des malades et de leurs proches, mais aussi des mises à jour sur les connaissances scientifiques actuelles et sur l’expertise québécoise dans ce domaine, qui est substantielle.

Pour Alain Robillard, neurologue de la cognition à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, « cet événement est l’occasion rêvée de réunir en un même lieu les grands spécialistes et les acteurs du réseau ainsi que tous les intervenants auprès des personnes touchées par la maladie». Il ajoute que « les manifestations psychologiques posent un véritable défi, tant en pratique générale que spécialisée».

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Nouvelle étude de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont : La sensibilisation à la douleur augmente le risque de douleur persistante au genou

Montréal, le 30 octobre 2018 – Le fait de devenir plus sensible à la douleur, ou sensibilisation à la douleur, est un facteur de risque important de douleurs persistantes au genou chez les patients atteints d’arthrose. C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs de l’École de réadaptation de l’Université de Montréal (UdeM) et du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CRHMR), CIUSSS-e-l’Est-de-l’Île-de-Montréal, en collaboration avec des chercheurs de la Boston University School of Medicine (BUSM). Les résultats de cette étude viennent d’être publiés dans la revue Arthritis and Rheumatology.

L’arthrose est une cause courante de douleur et de limitation des fonctions articulaires. Elle touche 302 millions d’adultes dans le monde. Elle peut entraîner une incapacité chronique dans l’articulation du genou. Selon des recherches précédentes, divers facteurs autres que la pathologie structurelle peuvent également être source de douleur chez les patients atteints d’arthrose.

« Il est essentiel de comprendre les facteurs qui entraînent une douleur persistante afin de mieux prévenir le déclenchement de la douleur, ainsi que sa transformation en douleur plus persistante », dit Lisa Carlesso, B.Sc, Physiothérapie, Ph.D, professeure adjointe à l’École de réhabilitation de l’UdeM et chercheuse au CRHMR.

Les chercheurs ont analysé les données d’une étude multicentrique sur l’arthrose ayant suivi 852 adultes (âgés de 50 à 79 ans) qui présentaient un risque d’arthrose du genou mais qui ne ressentaient pas de douleur persistante au genou au début de l’étude. Des données sociodémographiques, des mesures de sensibilisation à la douleur, ainsi que les facteurs de risque habituellement associés à la douleur au genou, comme les facteurs psychologiques, la douleur généralisée et le manque de sommeil, ont été recueillis auprès des participants, qui ont ensuite été observés sur une période de deux ans pour voir s’ils ressentaient une douleur persistante au genou.

Les chercheurs ont utilisé les facteurs de risque mentionnés ci-dessus et les données sur la sensibilisation à la douleur pour déterminer quatre sous-groupes distincts appelés

phénotypes de sensibilité à la douleur (PSP). Les auteurs ont constaté que ces PSP se caractérisaient principalement par des degrés différents de sensibilisation à la douleur. Le PSP ayant le degré de sensibilisation le plus élevé présentait le risque le plus élevé de ressentir une douleur persistante au genou. Parmi les indices sociodémographiques qui déterminent l’appartenance au PSP comportant le plus haut degré de sensibilisation à la douleur, on compte les femmes, les personnes non blanches et les personnes âgées de 65 ans et plus.

Selon les chercheurs, la distinction de ces PSP constitue une étape importante pour mieux comprendre le processus pathologique complexe de l’arthrose du genou. « Nos résultats laissent à penser que la thérapie axée sur la prévention ou sur l’amélioration de la sensibilisation à la douleur peut être une nouvelle approche pour prévenir la douleur persistante au genou », explique l’auteure Tuhina Neogi, MD, PhD, professeure de médecine et d’épidémiologie au BUSM et à la BU School of Public Health. « La prévention de la douleur est cruciale pour améliorer la qualité de vie et la mobilité des patients atteints d’arthrose. »

À propos de l’étude
Lisa Carlesso a bénéficié d’une bourse de recherche des Instituts de recherche en santé du Canada et d’une bourse de collaboration de l’Osteoarthritis Research Society International.

La recherche de Tuhina Neogi a reçu des National Institutes of Health (NIH) des États-Unis les subventions P60-AR-47785, R01-AR-062506 et K24-AR-070892.

L’étude multicentrique sur l’arthrose est financée par les subventions U01-AG-18820, U01-AG-18832, U01-AG-18947 et U01-AG-19079 des NIH.

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Mécanismes de protection de l’organisme: l’union des protéines fait la force face au cancer, montre une étude de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et de l’IRIC

Le Dr El Bachir Affar, professeur titulaire au Département de médecine de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ‒ CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal

Montréal, le 25 octobre 2018 – Les mécanismes qui régissent le fonctionnement de notre organisme et nous gardent en bonne santé sont complexes et comprennent d’importantes composantes moléculaires encore mal connues. Or, les récents travaux de l’équipe de recherche du Dr El Bachir Affar (professeur titulaire au Département de médecine de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ‒ CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal), publiés dans le prestigieux journal Nature Communications, mettent en lumière un aspect majeur de ces mécanismes, autour du rôle fondamental d’une protéine bien particulière, appelée BAP1, dont la fonction principale est de bloquer la formation de cancers. Ce travail a été réalisé en collaboration avec de nombreuses équipes, notamment celle du Dr Marc Therrien (professeur titulaire au Département de pathologie et biologie cellulaire de la Faculté de médecine de l’Université et chercheur à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’UdeM, l’IRIC), qui est co-investigateur principal dans cette étude.

Le rôle de la protéine BAP1
Des décennies de recherche ont montré que chaque cellule est une véritable usine contenant des milliers de travailleurs, des protéines actives aux fonctions bien précises et aux durées de vie bien définies. Dans une cellule, les protéines communiquent entre elles en parfaite harmonie afin d’exécuter leurs fonctions. Un mauvais fonctionnement des protéines peut causer de graves maladies dont le cancer. La protéine BAP1 est un élément clé de la protection des cellules contre le développement de cancers. Malheureusement, ces protéines, communément appelées «suppresseurs de tumeurs», peuvent être sujettes à des défaillances dans leur fonctionnement. En effet, BAP1 devient défectueuse dans de nombreux cancers, parmi lesquels le mésothéliome, le mélanome et le carcinome rénal. Par exemple, chez la moitié des patients atteints de mésothéliome, un type de cancer ayant un taux très élevé de mortalité, on observe une défaillance de BAP1. L’équipe du Dr Affar avait déjà établi que la protéine BAP1 a besoin d’alliés pour demeurer active et jouer son rôle protecteur, mais son mécanisme moléculaire demeurait mystérieux.

En utilisant des méthodes scientifiques d’avant-garde, les équipes du Dr Affar et du Dr Therrien ont réussi à comprendre certaines modalités de suppression de tumeurs en mettant en évidence une véritable symbiose moléculaire entre la protéine BAP1 et sa partenaire ASXL2. Cette association mutuellement bénéfique permet la protection des cellules, assurant ainsi une préservation des organes contre le cancer.

L’importance de ce mécanisme
Ces travaux ont permis d’approfondir la compréhension du fonctionnement des protéines entre elles et de déterminer des points sensibles qui ouvrent la porte au cancer en cas de défaillance. Comprendre ces enjeux pourrait permettre à terme de mettre en place de nouvelles stratégies de diagnostic et de traitement du cancer, avec potentiellement une influence significative sur la survie des patients atteints de mésothéliome ou d’autres formes de cancer. La compréhension des manifestations moléculaires qui résultent de la perte de l’association entre la protéine BAP1 et la protéine ASXL2 pourra permettre la mise en place d’une médecine personnalisée.

À propos de l’étude
L’étude «Monoubiquitination of ASXLs controls the deubiquitinase activity of the tumor suppressor BAP1» a été rédigée par S. Daou, H. Barbour, O. Ahmed, L. Masclef, C. Baril, N. Sen Nkwe, D. Tchelougou, M. Uriarte, E. Bonneil, D. Ceccarelli, N. Mashtalir, M. Tanji, J.-Y. Masson, P. Thibault, F. Sicheri, H. Yang, M. Carbone, M. Therrien et E. B. Affar.

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À propos de l’IRIC
Pôle de recherche et centre de formation ultramoderne situé au cœur de l’Université de Montréal, l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) a été créé en 2003 pour élucider les mécanismes du cancer et accélérer la découverte de nouvelles thérapies plus efficaces contre ce fléau. L’IRIC fonctionne selon un modèle unique au Canada. Sa façon innovante d’envisager la recherche a déjà permis de réaliser des découvertes qui auront, au cours des prochaines années, une incidence significative dans la lutte contre le cancer. En moins de 10 ans d’activité, l’IRIC a acquis une réputation d’excellence au sein des communautés scientifiques canadienne et internationale. L’IRIC adopte une approche en recherche basée sur la complémentarité de l’expertise, la collaboration et la collégialité, ainsi que la créativité et l’innovation, qui constituent sa recette gagnante pour vaincre le cancer.

Pour information et entrevues :
Florence Meney – relations avec les médias CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Les minorités ethniques sont plus à risque de développer des symptômes psychotique

Dr. David Luck, chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal

Montréal, le 24 septembre 2018 – Les personnes issues des minorités ethniques sont plus à risque de développer des symptômes psychotiques.

Telles sont les conclusions d’une collaboration franco-québécoise qui a analysé les résultats de 24 études incluant près de 50 000 personnes appartenant à différentes minorités ethniques dans 23 pays.

« Nous nous sommes intéressés aux expériences psychotiques – caractérisées par des délires et hallucinations – dont peuvent être victimes ces populations, en raison de leur faible niveau socio-économique et de leur appartenance à une ethnie minoritaire dans le pays d’accueil», déclare Dr. David Luck, chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et co-auteur de l’étude.

Les symptômes psychotiques touchent 7% de la population en général. Les personnes qui en souffrent présentent un risque plus élevé de développer plus tard des troubles psychotiques et des comportements suicidaires qui nécessitent des soins hospitaliers.

« Plusieurs études suggèrent que certaines ethnies vivant dans un pays où elles se retrouvent minoritaires sont plus à risque de troubles mentaux graves. Notre méta-analyse avait pour but de confirmer cette hypothèse pour les symptômes psychotiques et de déterminer, si tel était le cas, quelles étaient les ethnies les plus touchées », poursuit Dr. Edouard Leaune, auteur principal de l’étude et chercheur au Centre Hospitalier Le Vinatier en France.

Résultats
Le fait d’appartenir à une minorité ethnique augmente le risque de développer des expériences psychotiques (+ 36%) et des symptômes psychotiques (+ 44%). Cela concerne particulièrement les peuples du Maghreb et du Moyen Orient en Europe (+ 230%), les Hispaniques et vivant aux Etats-Unis (respectivement +98%) et la population noire (+ 85%). Ce sont les adultes et non les enfants et adolescents qui sont avant tout concernés.

Ceux qui ont le statut de migrants (c’est-à-dire ceux qui sont nés à l’étranger) ont quant à eux un risque accru de symptômes délirants (+47%), un des principaux symptômes psychotiques.

Comment interpréter ces résultats?
« Toutes les ethnies ne sont pas équitablement touchées. Il semblerait que deux facteurs aient une influence négative sur la santé mentale des minorités ethniques : l’adversité sociale et la discrimination perçue. Il semblerait que plus on se sent discriminé et moins bien accepté, plus le risque de souffrir de troubles mentaux graves est élevé. », suggère Dr Luck.

Source : Leaune E, Dealberto MJ, Luck D, Grot S, Zeroug-Vial H, Poulet E, Brunelin J. Ethnic minority position and migrant status as risk factors for psychotic symptoms in the general population: a meta-analysis. Psychol Med. 2018 Sep 4:1-14. doi: 10.1017/S0033291718002271.

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Mesurer l’activité cérébrale pour prédire le succès de la thérapie cognitivo-comportementale chez les patients atteints du syndrome de Gilles de la Tourette

Simon Morand-Beaulieu

Montréal, le 24 septembre 2018 – Le syndrome de Gilles de la Tourette est un trouble neuropsychiatrique dont les principales caractéristiques sont la présence de tics moteurs et vocaux. Un des traitements de choix pour cette condition est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Il a été démontré qu’elle était aussi efficace que la médication avec des effets secondaires indésirables bien moins importants. Toutefois, certains patients ne présentent pas de diminution significative des symptômes après la thérapie. Ainsi, une équipe de chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CRIUSMM) du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a voulu identifier des marqueurs permettant de prédire le succès de la thérapie. Les résultats de cette étude ont récemment été publiés dans la revue Journal of Psychiatric Research.

« Étant donné que la thérapie requière une implication importante de la part des patients, l’identification de marqueurs prédisant le succès de la thérapie permettrait d’offrir aux patients un traitement adapté à leurs caractéristiques individuelles » déclare Marc Lavoie, chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur-chercheur titulaire au Département de psychiatrie et d’addictologie de l’Université de Montréal.

Ainsi, l’équipe de chercheurs dirigée par M. Lavoie a enregistré l’activité cérébrale de 26 patients atteints du syndrome de Gilles de la Tourette avant que ceux-ci entreprennent une thérapie. Cette thérapie inclut des exercices de discrimination et de relaxation musculaire ainsi que de la restructuration cognitive et comportementale, entre autres. Les chercheurs ont également évalué la sévérité des symptômes avant et après la thérapie.

« En mesurant l’activité électrique du cerveau, nous avons pu établir si le traitement allait être efficace ou non» déclare Simon Morand-Beaulieu, doctorant au Département de neurosciences de l’Université de Montréal et premier auteur de l’étude. « Notre modèle prend en compte deux facteurs : un lié à la préparation des mouvements et l’autre lié au contrôle des mouvements par le cerveau ».

Les patients qui présentaient un délai au niveau de la préparation des mouvements avant la thérapie réussissaient mieux la thérapie. Ce délai leur permet donc d’avoir un meilleur contrôle de leurs mouvements en général, mais également un meilleur contrôle de leurs tics. « Ils sont donc plus en mesure d’appliquer les stratégies apprises durant la thérapie » affirme M. Lavoie. Aussi, les patients qui utilisaient davantage de ressources au contrôle des mouvements présentaient une réduction des tics plus importante après la thérapie.

Avant d’appliquer ce modèle de prédiction pour orienter les patients vers un traitement ou un autre, ces résultats devront être répliqués sur un échantillon plus grand. « Nous ne sommes pas encore au point où nous pouvons utiliser ces marqueurs pour choisir le traitement adapté pour un patient, mais on s’en approche » soutient M. Morand-Beaulieu. « Dans les prochaines années, il faudra combiner ces marqueurs électrophysiologiques avec d’autres biomarqueurs pour encore mieux prédire le succès de la thérapie. »

Source : Simon Morand-Beaulieu, Kieron P. O’Connor, Pierre J.Blanchet, Marc E.Lavoie. Electrophysiological predictors of cognitive-behavioral therapy outcome in tic disorders. Journal of Psychiatric Research. Volume 105, October 2018, Pages 113-122. https://authors.elsevier.com/a/1XjLU55vYtwmY

À propos du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-EMTL) regroupe l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale, le CHSLD polonais Marie-Curie-Sklodowska et l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l’Île et de Lucille-Teasdale. Il compte près de 15 000 employés et près de 1 000 médecins répartis au sein de 43 points de services pour une population de 500 000 personnes. Il offre une gamme complète de soins de santé et de services sociaux de première ligne, de soins hospitaliers généraux, spécialisés, surspécialisés et de soins en santé mentale. Il offre également des soins de longue durée en hébergement. Affilié à l’Université de Montréal, le CIUSSS-EMTL conjugue les missions d’enseignement, d’évaluation et de recherche avec la formation de médecins et professionnels de la santé. Ses deux centres de recherche d’envergure se démarquent sur les plans national et international dans les sphères d’expertise que sont la santé mentale, l’immuno-oncologie, la santé de la vision, la néphrologie et la thérapie cellulaire. www.ciusss-estmtl.gouv.qc.ca

Pour information et entrevues :
Christian Merciari – relations avec les médias CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
514 235-4036
christian.merciari.cemtl@ssss.gouv.qc.ca

L’importance de la thérapie comportementale dans le traitement du syndrome de Tourette chez les enfants

Julie Leclerc, chercheure au Centre de recherche de l’Institut Universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM) et professeure au département de psychologie de l’UQAM.

Montréal, le 20 septembre 2018 – Les thérapies cognitives comportementales sont efficaces chez les enfants et adolescents souffrant de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT).

Telles sont les conclusions d’une étude publiée par Julie Leclerc, chercheure au Centre de recherche de l’Institut Universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM) et professeure au département de psychologie de l’UQAM.

« Les TCC sont une alternative aux médicaments car elles sont à la fois efficaces et disponibles. Mais il en existe plusieurs. L’objectif principal de notre étude a été d’évaluer laquelle des TCC es la plus efficace dans la prise en charge du trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) », déclare Dre Leclerc.

Efficacité des thérapies pour le TOC
La thérapies cognitives comportementales TCC la plus utilisée est l’exposition avec prévention de la réponse (EPR). Son efficacité est cependant limitée, incitant des chercheurs à mettre au point une nouvelle thérapie : la thérapie basée sur les inférences (TBI). La TBI part du principe que les obsessions auraient pour origine un doute pathologique, c’est-à-doute survenant en l’absence totale de preuves provenant du monde réel et sensoriel. La TBI, qui fonctionne chez l’adulte, a été adaptée pour les enfants par une étudiante au doctorat puis, par l’équipe du centre d’études sur le TOC et les TIC (CETOC) au CRIUSMM, avec pour objectif de diminuer les symptômes du TOC. Les résultats préliminaires sont encourageants et une étude clinique de plus grande ampleur est en cours.

Efficacité des thérapies pour le SGT
Les thérapies existantes – renversement des habitudes (RH) et l’intervention behaviorale compréhensive pour les tics (IBCT) – sont régulièrement utilisées mais nécessitent de détecter la survenue du tic, ce que les jeunes enfants n’ont pas forcément conscience de ces phénomènes. Leur succès est donc limité.

Un nouveau protocole (appelé le CoPs) intégrant des facteurs cognitifs, comportementaux et physiologiques a ainsi été développé chez l’adulte par l’équipe du CETOC avec de très bons résultats, puis adapté par la Dre Leclerc auprès d’enfants et d’adolescents sous le nom de « Façotik ». Un essai pilote a montré une diminution de la fréquence et de la sévérité des tics après 12 à 14 séances hebdomadaires. La diminution (de près de 30 %) de l’occurrence des tics persiste après un an après la thérapie.

« Les nouvelles thérapies offertes sont très prometteuses car elles ciblent non seulement la réduction des symptômes visibles mais aussi les facteurs qui déclenchent la série de comportements ».

« Malheureusement, les résultats ne s’accompagnent pas toujours d’un changement des pratiques cliniques, par manque d’information et de formation des professionnels de santé. Il est donc important de mieux faire connaître nos protocoles de traitement », conclut-elle.

Source : Leclerc JB, Pabst A., Valois P., Bombardier M., Berthiaume C.,
 O’Connor., K. TCC spécialisées pour le TOC et le syndrome de Gilles de la Tourette chez l’enfant et l’adolescent : état des connaissances. Journal de thérapie comportementale et cognitive (2018), https://doi.org/10.1016/j.jtcc.2018.06.002

L’étude portant sur l’évaluation de l’effet de la thérapie pour les tics a bénéficié d’une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC : 340559), alors que celle portant sur l’évaluation de l’effet de la thérapie ciblant les épisodes explosifs dans le SGT a bénéficié d’une subvention des Fonds de recherche du Québec—Société et Culture (FRQSC : 180392)

À propos du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-EMTL) regroupe l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale, le CHSLD polonais Marie-Curie-Sklodowska et l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l’Île et de Lucille-Teasdale. Il compte près de 15 000 employés et près de 1 000 médecins répartis au sein de 43 points de services pour une population de 500 000 personnes. Il offre une gamme complète de soins de santé et de services sociaux de première ligne, de soins hospitaliers généraux, spécialisés, surspécialisés et de soins en santé mentale. Il offre également des soins de longue durée en hébergement. Affilié à l’Université de Montréal, le CIUSSS-EMTL conjugue les missions d’enseignement, d’évaluation et de recherche avec la formation de médecins et professionnels de la santé. Ses deux centres de recherche d’envergure se démarquent sur les plans national et international dans les sphères d’expertise que sont la santé mentale, l’immuno-oncologie, la santé de la vision, la néphrologie et la thérapie cellulaire. www.ciusss-estmtl.gouv.qc.ca

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Un autre honneur pour Mike Sapieha Le chercheur de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont entre au Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en arts et en science de la Société royale du Canada

Dr Mike Sapieha

Montréal, le 18 septembre 2018 – Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-EMTL) est fier d’annoncer que le chercheur Mike Przemyslaw Sapieha (Hôpital Maisonneuve-Rosemont et Université de Montréal) a été élu au Collège des nouveaux chercheurs et créateurs en arts et en science de la Société royale du Canada. Tout premier organisme canadien de reconnaissance multidisciplinaire destiné à la nouvelle génération d’intellectuels canadiens, il s’agit du quatrième organe de la SRC (qui compte trois académies).

«Encore une fois, Mike Sapieha nous démontre combien ses importants travaux rayonnent au Canada et au-delà», a déclaré Yvan Gendron, Président-directeur général du CIUSSS-EMTL. De son côté, le directeur scientifique du CIUSSS-EMTL, Denis-Claude Roy, a constaté que «pas une année ne passe sans que Mike Sapieha ne récolte un nouvel honneur».

Un parcours exceptionnel
Professeur aux départements d’ophtalmologie et de biochimie et médecine moléculaire, directeur de l’unité de recherche des maladies neurovasculaires oculaires du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biologie cellulaire de la rétine, Mike Sapieha a reçu plusieurs prix au cours de sa carrière, dont le Prix du jeune chercheur de l’Association canadienne des neurosciences en 2017. Les recherches du professeur Sapieha portent sur l’élucidation des causes de maladies vasculaires de la rétine telles que la rétinopathie diabétique et la dégénérescence maculaire liée à l’âge. Ces maladies représentent les principales causes de perte de la vision dans les pays développés. Mike Przemyslaw Sapieha est aussi le lauréat 2019 du prix Cogan, décerné par l’Association for Research in Vision and Ophthalmology, la plus importante organisation du monde vouée à la recherche en santé de la vision.

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Pour information et entrevues :
Florence Meney – relations avec les médias CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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