Trouble mental grave : les meilleures interventions pour obtenir et maintenir un emploi

Les programmes de soutien à l’emploi (PSE) et les programmes de soutien à l’emploi augmentés (PSE +) sont les interventions les plus efficaces pour une personne atteinte d’un trouble mental grave qui désire obtenir et maintenir un emploi sur le marché ordinaire du travail. C’est ce que nous apprend une méta-analyse réalisée par des chercheurs des Pays-Bas et de la Chaire de recherche en santé mentale et travail de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et qui est publiée dans Cochrane Database of Systematic Reviews.

Marc Corbière. chercheur

« Le but de cette méta-analyse était de savoir quels sont les programmes et interventions qui permettent d’aider des adultes aux prises avec un trouble mental grave (TMG) à trouver un emploi et à le conserver » explique Marc Corbière, co-auteur de cette méta-analyse et titulaire de la chaire. « Les personnes atteintes d’un TMG, tels que la schizophrénie ou les troubles bipolaires, sont la plupart du temps éloignées du marché du travail. Cependant, la majorité d’entre elles désirent décrocher un emploi et sont capables de travailler sur le marché du travail. Il faut toutefois que ces personnes aient accès à des interventions qui ont fait leurs preuves et d’autre part que certaines conditions de travail soient au rendez-vous. Dans le cadre de cette méta-analyse, nous voulions répertorier les meilleurs programmes et interventions pour aider ces personnes à réintégrer le marché du travail » explique le professeur en counseling de carrière du Département d’éducation et pédagogie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Pour la réalisation de cette méta-analyse, le chercheur et ses collaborateurs ont revu près de 50 essais contrôlés randomisés impliquant plus de 8 000 participants. Les programmes et interventions retenus pouvaient soit adopter une approche dite traditionnelle (train and place) de la réintégration au travail, mettant l’accent sur des interventions préparatoires à l’emploi, soit une approche dite plus proactive (place then train) dans laquelle sont inclus les programmes de soutien à l’emploi (PSE).

Résultats
L’exercice de la méta-analyse a permis d’arriver à la conclusion que les programmes de soutien à l’emploi (PSE) et les programmes de soutien à l’emploi augmentés (PSE +) sont les interventions les plus efficaces pour obtenir et maintenir un emploi standard. Les PSE sont des programmes définis par huit composantes. D’abord, l’inscription dans un PSE est basée sur le choix du client (exclusion zéro). Ensuite, l’obtention d’un emploi standard est l’objectif visé. Également, la recherche d’emploi doit être rapide après s’être inscrit au programme (1-3 mois). En plus, une attention particulière est portée à l’endroit des préférences de travail du client, et ce, dans le but d’atteindre une bonne congruence entre les intérêts/préférences professionnels de la personne et son milieu de travail. Aussi, le conseiller spécialisé du PSE travaille en étroite collaboration avec les membres de l’équipe soignante (ex. : psychiatre, infirmière, etc.). Sans oublier que le soutien et suivi offert par ce conseiller sont continus et sans limite, et ce, même après que le client ait obtenu un emploi. Par ailleurs, les conseils sur les avantages sociaux sont fournis aux clients afin de prendre connaissance des conséquences financières associées à la réintégration au travail. Enfin, le conseiller fait des démarches auprès d’employeurs locaux pour éventuellement permettre à ses clients d’obtenir un emploi sur le marché du travail (Corbière et al., 2017). Les PSE + renvoient à un PSE avec l’ajout d’interventions comme la remédiation cognitive (amélioration de la mémoire, de la concentration, de l’organisation), la formation aux habiletés sociales et la thérapie cognitive-comportementale (TCC), toutes destinées aux personnes avec un TMG.

En effet, « divers facteurs, tels que les déficits cognitifs ou les difficultés interpersonnelles, ont été identifiés comme pouvant contribuer à des obstacles au maintien en emploi » affirme Marc Corbière. « Par conséquent, il y a un intérêt croissant à combiner les PSE avec d’autres interventions psychosociales, telle qu’une intervention de groupe basée sur la TCC. Un certain nombre de personnes ayant un TMG peuvent avoir besoin d’un processus de réadaptation professionnelle qui combine divers types d’interventions, avec une approche mettant l’accent à la fois sur l’autonomie de l’individu et les conditions de travail requises. »

Selon la méta-analyse, les recherches en milieu de travail ont permis de constater qu’une personne servant d’intermédiaire entre l’équipe soignante et le milieu de travail peut réduire le temps de retour au travail. Cette personne pivot peut être un coordonnateur chargé du retour au travail, un conseiller spécialisé ou un spécialiste de la santé au travail. Il est possible que le conseiller spécialisé œuvrant dans le PSE soit l’un des éléments clés de cette intervention, permettant une meilleure concertation des actions des divers acteurs du retour sur le marché du travail (ex. : employeur, supérieur immédiat, représentant syndical, collègues, médecins et autres professionnels de la santé, agent d’assurance). D’ailleurs, Marc Corbière stipule que « la reprise professionnelle après une absence maladie due à un trouble mental, qualifié de grave ou de courant, reste une responsabilité collective où chaque acteur a son rôle à jouer. Il est donc important de travailler de concert. »

Sources
Corbière, M., Lecomte, T., Reinharz, D., Kirsh, B., Goering, P., Menear, M., Berbiche, D., Genest, K., Goldner, E. (2017). Predictors of acquisition of competitive employment for people enrolled in supported employment programs. Journal of Nervous and Mental Disease, 205(4), 275-282. doi: 10.1097/NMD.0000000000000612

Suijkerbuijk YB, Schaafsma FG, van Mechelen JC, Ojajärvi A, Corbière M, Anema JR. 
Interventions for obtaining and maintaining employment in adults with severe mental illness, a network meta-analysis. Cochrane Database of Systematic Reviews 2017, Issue 9. Art. No.: CD011867.
DOI: 10.1002/14651858.CD011867.

Pour information
Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Retour sur la séance publique d’information 2017

Le jeudi 2 novembre dernier se tenait la séance publique d’information au Pavillon de la radio-oncologie de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Cette séance publique avait pour but d’exposer le rapport annuel de gestion, de révéler le bilan des états financiers du CIUSSS, de partager les diverses plaintes recueillies et d’échanger avec deux protagonistes de la série De Garde 24/7 : François Marquis, interniste et chef de l’unité des soins intensifs et Sophie Mottard, médecin chirurgien orthopédique oncologue.

Les thèmes qui ont été abordé étaient entre autre l’inscription au guichet d’accès pour les médecins de famille qui relève d’un réel défi, l’attente chirurgicale en diminution par des efforts importants de l’équipe médicale ainsi que le soutien à domicile. Il a également souligné le succès de l’organisation des services en santé mentale et a présenté la nouvelle maison de naissance sur notre territoire.

Le président directeur général a terminé en remerciant le bénévoles, les fondations, le personnel et les médecins pour leur travail.

Également, nous avons eu la chance de visionner, en avant-première, l’épisode « La vie à tout prix » de la série De Garde 24/7.

Par la suite s’est tenue une séance de questions-réponses avec les docteurs Marquis et Mottard.

Le public s’est laissé tenter à poser quelques questions auxquelles ces deux invités ont répondu avec enthousiasme. Ils ont tenu à mettre en avant le travail fait quotidiennement au CIUSSS. Chacun a précisé à quel point participer à l’émission fut un réel défi face aux caméras. Mais tous deux étaient convaincus de la pertinence de l’enjeu de l’émission et ont remarqués que ce pari était un apprentissage et un exercice de remise en questions sur ses propres valeurs.

Enfin, si vous désirez consulter le rapport annuel de 2016-2017, cliquez ici. De plus, si vous souhaitez rester à l’affût des activités qui se passent au CIUSSS, abonnez-vous à notre infolettre.

Le ministre Gaétan Barrette annonce une nouvelle Maison de naissances à Montréal

Montréal, le 31 octobre 2017 – Afin d’améliorer l’offre de service de première ligne en périnatalité dans la région, le ministre de la Santé et des Services sociaux, monsieur Gaétan Barrette, a annoncé aujourd’hui la construction d’une Maison de naissances sur le territoire desservi par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS).

La Maison de naissances sera située sur le site du CLSC de Mercier-Est et ouvrira ses portes en novembre 2018. Un montant récurrent de 1,65 M$ est octroyé pour le fonctionnement de la Maison de naissances et le service de sages-femmes.

« Notre gouvernement est à l’écoute des besoins des familles, et la Maison de naissances est une option qui suscite l’adhésion de plus en plus de futurs parents au Québec. Je tiens à souligner le travail des équipes du CIUSSS et de ses partenaires dans l’élaboration de ce projet de Maison de naissances et de développement des services de sage-femme. Cette initiative s’inscrit en parfaite complémentarité avec les efforts que nous déployons pour rapprocher les services de la population et en améliorer l’accessibilité. Annuellement, on prévoit que la Maison accueillera environ 400 naissances. »

Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

« Ce projet représente une bonne nouvelle pour de nombreuses familles de la région montréalaise. Lors de cette étape de leur parcours de vie, les futurs parents auront la possibilité de bénéficier de soins et de services d’une grande qualité, ainsi que de l’expertise d’une sage-femme, dans un cadre à la fois personnalisé et rassurant. »

Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de Montréal

Faits saillants :
Les travaux de construction s’amorceront au début novembre et se termineront en octobre 2018. Lors de l’ouverture de la Maison de naissances, il est prévu qu’une équipe constituée de dix sages-femmes y œuvre.

Le site du CLSC de Mercier-Est a été retenu afin d’assurer une proximité géographique et fonctionnelle entre les différents services qui s’y trouvent et qui sont utiles pour les jeunes familles (centre de prélèvements, services médicaux, équipes de petite enfance et de périnatalité, cours prénataux, ateliers de stimulation et de parents, etc.)

La Maison de naissances sera située à moins de 6 kilomètres de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, ce qui permet un accès rapide et direct en cas d’urgence ou besoins de soins spécialisés, conformément au Cadre de référence pour le déploiement des services de sage-femme au Québec.

Rappelons que le CIUSSS a établi depuis quelques mois un partenariat avec l’organisme La Maison Bleue afin de mieux répondre aux besoins des femmes enceintes vulnérables et immigrantes du secteur. Une sage-femme est d’ailleurs intégrée à l’équipe de la Maison Bleue de Saint-Michel.

Les médias en parlent…
Flambeau de l’Est
Journal Métro
Pamplemousse – Mercier Est
La Presse

Renseignements :
Catherine W. Audet
Attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux
418 266-7171

Rapport sur le trouble du spectre de l’autisme

L’Institut nationale de santé publique du Québec (INSPQ) vient de publier un rapport de surveillance sur les troubles du spectre de l’autisme auquel trois de nos experts de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) ont participé à titre de co-auteurs.

Dr Alain Lesage

Le Dr Alain Lesage, psychiatre et chercheur à l’IUSMM a été désigné par l’INSPQ comme porte-parole pour commenter les conclusions de ce rapport. Également, le Dr Alexis Beauchamp-Chatel, psychiatre au Programme de déficience intellectuelle en psychiatrie du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal et la chercheure à l’IUSMM Mélina Rivard sont associés à la rédaction du rapport.

Ce document présente la prévalence et le taux d’incidence du trouble du spectre de l’autisme (TSA). Il estime également les déterminants socioéconomiques, les maladies concomitantes, l’utilisation des services et la mortalité chez les enfants et les adolescents concernés à partir de données médico-administratives jumelées.

Mélina Rivard

Les estimations ont été obtenues à partir d’un suivi longitudinal allant du 1er avril 2000 au 31 mars 2015 pour toutes personnes admissibles à la couverture du régime de santé âgées de 1 à 24 ans. Pour être considéré comme ayant le TSA, l’individu devrait avoir eu au moins une visite médicale ou une hospitalisation avec un diagnostic principal de TSA.

Faits saillants
• Les résultats montrent un accroissement constant du TSA dans le temps. En 2014-15, il y avait au Québec près de 17 000 personnes âgées de 1 à 17 ans diagnostiqués pour un TSA.
• La prévalence du TSA variait considérablement d’une région à l’autre allant de 0,7 % à 1,8 % chez les personnes âgées de 4 à 17 ans.
• La prévalence à vie mesurée par le SISMACQ (1,4 %) est relativement semblable à celle du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (1,3 %) démontrant ainsi la possibilité d’utiliser des sources médico-administratives afin d’effectuer la surveillance du TSA.
• L’indice de défavorisation matérielle ne montre pas de relation claire avec la prévalence du TSA, alors que l’indice de défavorisation sociale suggère une augmentation linéaire du taux de prévalence du TSA allant des très favorisés aux très défavorisés.
• L’examen des maladies physiques et mentales concomitantes effectué dans la première année de vie et au cours de la vie indique, de manière générale, une prévalence plus importante parmi les personnes avec un TSA en comparaison à la population générale sans TSA.
• Les pédiatres et les psychiatres sont les médecins les plus consultés par les personnes avec un TSA. Les types de professionnels consultés changent avec l’âge des personnes ayant un TSA. L’examen de l’utilisation des services révèle qu’avec le passage à l’âge adulte, les services spécialisés aux fins de santé mentale diminuent et sont fournis par les médecins de famille.
• Avec 75 décès observés sur une période de 15 ans, le taux de mortalité total chez les personnes avec un TSA est trois fois plus élevé que dans la population générale sans TSA.

En conclusions, l’information issue de ce rapport permet de dresser un portrait inédit du TSA au Québec sur la base des nouveaux indicateurs de surveillance développés dans le cadre du SISMACQ et fournit de nombreuses pistes pour de futures recherches. Il s’agit notamment d’explorer les causes du TSA, la surmortalité observée avec ce trouble, ainsi que d’étudier l’association entre les variations de la disponibilité des services de santé et la prévalence du TSA.

—- Lire le rapport —-

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La Presse
Journal de Montréal
Radio-Canada – Mauricie

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Catherine Dion
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Isabelle Ouellet-Morin, lauréate du prix Beccaria de la Société de criminologie du Québec

Montréal, le 16 octobre 2017 Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal est fier d’annoncer que la chercheuse Isabelle Ouellet-Morin, du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, recevra lors du congrès de la Société de criminologie du Québec, le 8 novembre 2017. Le prix Beccaria, qui récompense un chercheur ou une équipe dont l’apport à la criminologie s’est distingué aussi bien dans le domaine de la recherche fondamentale ou théorique que dans celui de la recherche appliquée.

La Société souligne ainsi l’ensemble du travail de Mme Ouellet-Morin en recherche appliquée, et notamment la mise au point de l’application mobile +Fort, destinée à outiller les jeunes victimes d’intimidation.

La présidente de la Société de criminologie du Québec, Marie-Marthe Cousineau, souligne que «la communauté scientifique a tenu à reconnaitre l’apport déjà fort impressionnant, à ce stade encore jeune de (votre) carrière, non seulement à la recherche, mais aussi à la pratique».

« Isabelle Ouellet-Morin a la capacité de faire le pont entre la recherche fondamentale et appliquée tout en développant des outils pour aider les populations vulnérables, telles que les jeunes victimes d’intimidation. Il est rare de rencontrer des chercheures en santé mentale avec autant d’aptitudes et de capacités. Elle mérite entièrement cet honneur!», a de son côté renchéri Stéphane Guay, Directeur scientifique du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et Directeur adjoint scientifique de la recherche au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

Plus qu’une simple application

Rappelons que +Fort, fruit de la collaboration de plusieurs chercheurs du Québec en criminologie, psychologie et en santé mentale, est téléchargeable gratuitement depuis le 1er septembre 2016 pour les jeunes, leur famille et les intervenants travaillant auprès d’eux. Il s’agit d’un outil unique par lequel les jeunes sont invités à s’informer sur l’intimidation, ont l’opportunité de mieux connaître leurs propres expériences et de prendre connaissance des moyens susceptibles de les aider à vivre moins d’intimidation. Le lancement de cette application a généré un vif intérêt tant chez les experts que dans le public, à commencer par les jeunes.
http://www.plusfort.org/

Isabelle Ouellet-Morin

Détentrice d’un doctorat en psychologie orientation clinique de l’Université Laval ainsi que de deux postdoctorats et récipiendaire d’importantes bourses et subventions des IRSC, Mme Ouellet-Morin déploie son expertise au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, au Centre d’études sur le stress humain, au Groupe de recherche en inadaptation psychosociale chez l’enfant et dans l’Équipe de recherche sur les pairs et la prévention.

Pour information et entrevues :

Florence Meney – relations avec les médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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Consommer du cannabis sur le long terme augmente les comportements violents chez les jeunes admis en milieu psychiatrique

Montréal, le 10 octobre 2017 – Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Institut en santé mentale de Montréal montre qu’une consommation durable de cannabis est associée à une hausse des comportements violents chez les jeunes adultes après un congé de l’hôpital psychiatrique.

Dr Alexandre Dumais

La recherche de Dr Alexandre Dumais (MD, PhD, FRCPC, psychiatre de l’Institut Philippe Pinel) et Dr Stéphane Potvin (PhD, professeur de l’université de Montréal), effectuée auprès de 1 136 patients (âgés entre 18 et 40 ans) ayant des troubles mentaux et ayant été suivis cinq fois au cours de l’année, prenait en compte la consommation de la substance ainsi que l’apparition de comportements violents.

Dr Stéphane Potvin

Des recherches antérieures avaient déjà établi qu’un trouble d’utilisation du cannabis est associé à un comportement violent. Or, selon ces nouveaux travaux, publiés dans Frontiers in psychiatry, les fumeurs qui ont rapporté à chacune de leur visite de suivi avoir continué à consommer du cannabis ont présenté un risque accru (+144%) de manifester des comportements violents.

Ces résultats confirment ainsi le rôle délétère d’une consommation chronique de cannabis chez les patients ayant des troubles mentaux. Selon le chercheur principal Alexandre Dumais (MD, PhD, FRCPC) : « un élément intéressant de nos résultats est de noter que l’association entre consommation persistante de cannabis et violence est plus forte qu’avec l’alcool ou la cocaïne ».

Indicateur pour le suivi externe
La persistance de l’utilisation du cannabis devrait ainsi être considérée comme un indicateur de comportements violents futurs lorsque le patient sort de l’hôpital psychiatrique pour être suivi dans une clinique externe, bien que les chercheurs soulignent que ces comportements ont tendance à s’estomper avec le temps.
« Cette diminution pourrait entre autres s’expliquer par une meilleure adhésion au traitement (le patient s’implique mieux dans le traitement au fil du temps) et à un meilleur soutien de son entourage. Bien que nous ayons observé que les comportements violents avaient tendance à diminuer au cours des périodes de suivi, l’association est demeurée statistiquement significative, » a tenu à souligner Dr Dumais.

Les résultats de ces travaux suggèrent par ailleurs qu’il n’existe pas de relation réciproque, à savoir que c’était l’utilisation du cannabis qui engendrait un comportement violent futur et non l’inverse (par exemple, une personne violente pourrait consommer suite à des comportements violents pour diminuer la tension associée aux événements), comme le laissaient entendre d’autres études précédentes.

Les effets du cannabis sur le cerveau
Une récente méta-analyse portant sur des études de neuroimagerie a montré que les utilisateurs chroniques de cannabis présentent des déficits au niveau du cortex préfrontal, une partie du cerveau qui agit entre autres comme un frein pour les comportements impulsifs.

Ces résultats sont importants car ils prodiguent des informations supplémentaires aux jeunes adultes, qui pourront jauger les risques de la substance avant de décider de la consommer ou non. Ils constitueront aussi un outil pour l’élaboration des stratégies visant à prévenir les risques de violence associés au cannabis, ces risques ayant des conséquences importantes sur le plan social et sur la santé des jeunes adultes et de la société en général.
Cette étude a été soutenue par le Fonds de la recherche Québec-Santé.
Cette étude a été réalisée en collaboration avec Jules R. Dugré, candidat Phd, Laura Dellazizzo, candidate Phd, et Charles-Édouard Giguère, statisticien.

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La Dre May Griffith devient titulaire de la Chaire Caroline Durand de l’Université de Montréal

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal est fier d’annoncer que l’une des chercheuses du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Dre May Griffith, Ph.D., une pionnière de la médecine régénérative de l’œil, est la toute nouvelle titulaire de la Chaire de la Fondation Caroline Durand en thérapie cellulaire des maladies de l’œil de l’Université de Montréal.

May Griffith, chercheure

Pionnière des soins de la cornée
May Griffith, Ph.D., se spécialise dans la mise au point de matériaux biomimétiques destinés à la santé de la vision. En 2007, en collaboration avec un chirurgien suédois, l’équipe canado-suédoise de Dre Griffith réussissait une première mondiale : la régénération de tissu cornéen humain malade et de nerfs endommagés au moyen d’implants sans cellules. Dix personnes ont subi la procédure et quatre ans après l’opération, tous les implants étaient stables.

La méthode mise au point repose sur l’utilisation de nouveaux matériaux biomimétiques qui permettent de cultiver les tissus en imitant de très près les mécanismes de la nature et en reproduisant artificiellement des propriétés essentielles d’un ou plusieurs systèmes biologiques.

La Chaire Fondation Caroline Durand de l’Université de Montréal permettra à May Griffith d’entamer une nouvelle phase de travaux. Ils seront centrés sur la réparation de cornées endommagées par des traumatismes.

Par un don exceptionnel de 4,25 M$ à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), la Fondation Caroline Durand a été le premier grand donateur à reconnaître l’excellence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont en ophtalmologie et en thérapie cellulaire. Le financement de cette chaire de 5 M$ a été complété par un don de 750 000 $ de la Fondation HMR.

May Griffith souhaite saluer la grande collaboration dans ses recherches avec plusieurs scientifiques, et tout particulièrement Dre Isabelle Brunette (Hôpital Maisonneuve-Rosemont) et Dr Bruce Jackson (Université d’Ottawa).

 

 

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Trouble de la personnalité limite : nouveau cadre de référence pour les soins de première ligne en santé mentale

Le Centre national d’excellence en santé mentale (CNESM), conjointement avec les instituts universitaires santé mentale de Québec (IUSMQ), de Montréal (IUSMM) et le Centre universitaire de santé de McGill (CUSM), viennent tout juste de publier un cadre de référence afin de restructurer l’offre de service des soins en première ligne en santé mentale pour les personnes présentant un profil trouble de la personnalité limite (TPL).

Pierre David

« Actuellement, les soins offerts sont inégaux dans le réseau de la santé. Malgré la bonne volonté des gestionnaires et des équipes en santé mentale, mettre un programme en place est un processus long et ardu et ils n’ont pas tous nécessairement les outils ou les ressources pour le faire. Le CNESM et ses partenaires veulent proposer un cadre de référence qui constitue un document de base des soins à offrir aux personnes atteintes de trouble de la personnalité », explique Pierre David, psychiatre et chef médical du Programme des troubles relationnels et de la personnalité à l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal). Les services de premières lignes, qui incluent CLSC et cliniques médicales, représentent la porte d’entrée des services de santé et doivent être en mesure de répondre aux besoins en santé mentale de la population.

« Le Centre national d’excellence en santé mentale a réuni un comité de travail composé d’experts, provenant d’instituts universitaires en santé mentale, ayant développé une réflexion et aussi expérimenté une offre de service plus adaptés aux services de proximité de 1re ligne. L’objectif est de proposer une offre de service qui rejoint les orientations du plan d’action en santé mentale 2015-2020, qui vise entre autres à assurer une réponse à 70 % des besoins en santé mentale en contexte de 1re ligne », explique Michel Gilbert, coordonnateur du CNESM . Ainsi, ce comité propose un modèle de soins par étape qui prend en considération la complexité et l’intensité des symptômes du patient. On évite alors les soins de longues durées qui ne sont pas nécessaires pour toutes les personnes et qui utilisent des ressources inutilement. Les soins par étape permettent une intervention efficace et de basse intensité, en premier lieu, et ce pour une grande portion des personnes ciblées, puis de plus forte intensité seulement si nécessaire.

Ils conseillent aussi d’établir une hiérarchisation des soins en mettant en place une meilleure définition des services offerts à chaque niveau (1re, 2e et 3e ligne). Ainsi, les patients, selon ses symptômes et son intensité, seraient référés à la bonne ressource. Chaque ligne d’intervention serait munie d’un plan d’intervention pour les patients présentant un profil TPL.

Des données inquiétantes                                                                                               Les personnes présentant des troubles de la personnalité, dont le TPL, sont une réalité clinique importante et comportent des enjeux de santé publique incontournables au Québec (200 000 Québécois). Selon une étude de l’Institut nationale de santé publique du Québec (INSPQ) récemment publiée dans la Revue canadienne de psychiatrie, les personnes atteintes de troubles de la personnalité de type B auraient une espérance de vie plus courte que la population générale. « Concrètement, elles présentent une espérance de vie réduite de 9 ans chez les femmes et de 13 ans chez les hommes, comparativement à la population générale », explique le Dr Lionel Cailhol, psychiatre et chercheur associé à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal qui est l’un des auteurs de l’article.

L’étude met en évidence que le taux de mortalité des personnes atteintes de trouble de la personnalité de type B est plus élevé que la moyenne. Le suicide est la principale cause de mortalité et représente 20.4 % des cas. Les personnalités limites et narcissiques seraient les plus grands contributeurs de ce résultat et les femmes sont deux fois plus à risque que les hommes. Outre la prévalence élevée du suicide, on retrouve aussi comme cause de mortalité les maladies cardiovasculaires (19.1 %), le cancer (18.6 %) et les maladies respiratoires (8.1 %). « Toutes les causes de mortalité sont surreprésentées. Un mode de vie à risque et des mauvaises habitudes de vie sont au centre de la problématique », précise Dr Cailhol.

De plus, l’étude démontre aussi que les individus atteints d’un TP de type B sont de grands utilisateurs des services de santé physique et mentale tous confondus. 78 % d’entre eux ont consulté un médecin omnipraticien, 62 % un psychiatre, 44 % ont été admis à l’urgence et 22 % ont dû être hospitalisés.

Au sein du milieu médical, il existe une stigmatisation des troubles de la personnalité qui entraîne des lacunes au niveau des soins offerts. « En plus d’être des cas complexes, il faut que les médecins généralistes soient en mesure d’évaluer et de gérer l’instabilité mentale de ces patients. Il arrive qu’un individu souffrant d’un TP de type B arrive chez le médecin pour un ajustement de sa médication et sera traité uniquement pour celui-ci alors que le problème du patient va bien au-delà», rapporte le Dr Pierre David. « Un diagnostic inadéquat ou incomplet de leur état de santé entraîne de la confusion pour les patients, mais aussi pour le réseau de santé, puisqu’ils utilisent plus souvent les services de soins ».

Les constats et propositions de l’équipe d’experts conjointement avec les conseillers du CNESM visent la prise en compte de ce contexte de même que le déploiement de services de base simples, plus accessibles, mieux coordonnés et plus équitables pour le bien-être de la personne atteinte et de ses proches.

Le CNESM espère que grâce à ce document les services de premières lignes soient mieux définis et outillés à répondre aux divers besoins des personnes atteintes de troubles de la personnalité limite. « En leur donnant un cadre de référence clé en main, il devient plus facile de faire l’application concrète de nos recommandations », ajoute Dr Pierre David. Les impacts réels de ce document pourraient apporter de grands changements puisqu’il vise une restructuration de l’offre de soin en santé mentale.

Au cours des prochains mois, une deuxième phase viendra consolider ce cadre de référence pour apporter des précisions sur les éléments plus spécifiques de l’offre de service.

Visionner le reportage de TVA Nouvelles à ce sujet

À lire…
Offre de services de groupe pour troubles de la personnalité en contexte de 1re
ligne santé mentale – Le trouble de personnalité limite

Surveillance des troubles de la personnalité au Québec : prévalence, mortalité et profil d’utilisation des services

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Centre d’excellence en thérapie cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont : Quatre ans de médecine du futur au service des patients

Faire multiplier des cellules souches pour permettre la greffe, sélectionner les cellules que l’on va injecter, «éduquer» le système immunitaire pour lui apprendre à reconnaître et à éliminer un virus ou des cellules tumorales, réparer des cellules malades en injectant des neuves, telles sont quelques-unes des applications récemment déployées au Centre d’excellence en thérapie cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal), qui, quatre ans après son ouverture officielle, peut se réjouir de l’étendue du travail accompli entre les murs de ce qui constitue le plus important centre du genre au Canada.

« Plusieurs de ces études cliniques en cours sont porteuses d’espoir de guérison à court ou moyen terme pour des maladies graves comme la leucémie, les lymphomes, les myélomes, la dégénérescence maculaire, la reconstruction articulaire, le diabète, la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer », a déclaré Yvan Gendron, président-directeur général du CIUSSS de de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

Le progrès en marche
Cette date anniversaire permet de souligner la réalisation d’avancées majeures du Centre d’excellence en thérapie cellulaire (CECT) qui ont permis de générer et d’injecter à des patients des cellules aux propriétés thérapeutiques uniques.

– Des patients ont par exemple reçu des cellules qui s’attaquent à des infections virales réfractaires à tous les autres traitements. Cette stratégie développée par le Dr Jean-Sebastien Delisle a été utilisée avec succès pour traiter des patients du Québec et d’ailleurs au Canada.

– Des patients atteints de maladie du greffon-contre-l’hôte réfractaire au traitement reçoivent, sous la direction du Dr Imran Ahmad, des cellules antirejet afin de contrôler leur maladie.

– Des approches des plus innovatrices à base de cellules souches de sang de cordon ombilical sont actuellement en évaluation par les Drs Sandra Cohen et Guy Sauvageau.

– Une nouvelle stratégie de greffe de cellules souches à partir de donneurs semi-compatibles permet de réaliser des greffes sans utiliser d’agent antirejet (Drs Silvy Lachance, Jean Roy et Denis-Claude Roy).

– Des cellules souches du sang ont été administrées à des patients avec une insuffisance cardiaque (Drs Nicolas Noiseux, Samer Mansour, Shant der Sarkissian et Denis-Claude Roy).

Cette date anniversaire est aussi l’occasion de mesurer l’ampleur de la tâche à poursuivre dans les prochaines années pour venir à bout d’une foule d’autres pathologies des plus dévastatrices.

Le Centre d’excellence en thérapie cellulaire
Le CETC, dirigé par Denis-Claude Roy, constitue l’un des pôles internationaux pour le développement de la thérapie cellulaire et de la médecine régénératrice. Ses scientifiques, affilés à l’Université de Montréal, s’illustrent régulièrement par leurs publications et découvertes de premier plan. Les travaux du CETC sont concentrés dans les domaines où l’expertise de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et de son centre de recherche est déjà reconnue, comme l’hémato-oncologie (leucémie, lymphomes, myélomes), l’ophtalmologie (dégénérescence maculaire et greffe de cornée), la néphrologie et l’orthopédie (reconstruction articulaire).

La thérapie cellulaire a le potentiel de soigner :
1. plusieurs types de cancer : leucémies, lymphomes, myélomes, cancer des os, cancer du sein, cancer du poumon, mélanome, cancer du rein, cancer des testicules et autres;
2. les maladies cardiaques : infarctus, insuffisance cardiaque;
3. désordres neurologiques : maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer, accidents cérébrovasculaires, traumatismes de la moelle épinière;
4. maladies oculaires : dégénérescence maculaire, glaucome, anomalies de la cornée;
5. maladies auto-immunes : diabète, sclérodermie, lupus érythémateux, arthrite rhumatoïde, atteintes rénales et autres;
6. maladies musculo-squelettiques : traumatismes endommageant le cartilage, arthrose, dystrophie musculaire.

Pour information et entrevues

Florence Meney
Relations médias | CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Cell. : 514 755-2516 | fmeney.iusmm@ssss.gouv.qc.ca

Victimes d’actes de violence au travail : une nouvelle étude pour évaluer l’efficacité du soutien aux employés des centres jeunesse

L’équipe du Centre d’études sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) entame une importante étude sur l’efficacité des programmes de soutien par les pairs pour aider les travailleurs victimes d’événements potentiellement traumatiques (EPT) dans les centres jeunesse du Québec.

Concrètement, ce type de programmes est mis en place dans des organismes à plus haut risques d’EPT comme les hôpitaux, les services de police et les milieux d’enseignement. Les principaux objectifs du soutien par les pairs sont de fournir une écoute empathique, d’identifier des collègues qui peuvent être à risques de conséquences psychologiques adverses et de faciliter l’accès à l’aide professionnelle suite à des EPT.

Steve Geoffrion, chercheur

Un programme de ce genre a notamment été développé dans les centres jeunesse du Québec où le personnel (éducateurs, travailleurs sociaux, agents de sécurité, etc.) est régulièrement exposé à des EPT et principalement à de la violence au travail. Selon une enquête réalisée en 2010-2011 auprès de 586 éducateurs de centres jeunesse, plus de la moitié (54 %) des répondants affirment avoir été agressés physiquement par un jeune au cours des 12 derniers mois. Cette étude, dirigée par Steve Geoffrion, chercheur au Centre d’études sur le trauma et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, rapporte que 60 % des participants avaient été agressés plus d’une fois et 10 % plus de cinq fois au cours de la dernière année. Enfin, 95 % des travailleurs interrogés avaient été témoins d’au moins un incident de violence.

Stéphane Guay

« Dans les faits, peu d’études ont démontré l’efficacité de programmes de soutien par les pairs lors d’événements potentiellement traumatiques (EPT) en milieu de travail d’un point de vue scientifique », a précisé Stéphane Guay, directeur du Centre d’études sur le trauma et professeur à l’École de criminologie ainsi qu’au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

Le but de cette nouvelle étude est de comparer l’évolution de la détresse psychologique (par exemple : stress aigu, stress post-traumatique, dépression, anxiété), du fonctionnement au travail (par exemple : absentéisme, qualité de travail, sécurité au travail) et des besoins concernant le soutien auprès de trois groupes de travailleurs ayant vécu un EPT dans deux centres jeunesse du Québec.

Au cours de la prochaine année, 222 travailleurs vont participer à cette étude et vont répondre à des questionnaires auto-rapportés à quatre moments précis après le début du programme (1, 2, 6 et 12 mois). Parmi ces travailleurs, 45 vont également participer à des entretiens qualitatifs approfondis avec un psychologue de l’équipe de recherche.

« Nous espérons que cette étude nous aidera à confirmer l’efficacité d’une intervention de soutien par les pairs sur le bien-être psychologique et le fonctionnement au travail chez les travailleurs qui subissent un EPT », explique Stéphane Guay. « Elle permettra également de mieux comprendre les besoins des travailleurs en matière de soutien. En somme, cette étude aura un impact important sur les programmes de santé et de sécurité des centres jeunesse au Québec et ailleurs », conclut-il.

Source : Guay S, Tremblay N, Goncalves J, Geoffrion S, et al. Effects of a peer support programme for youth social services employees experiencing potentially traumatic events: a protocol for a prospective cohort study. BMJ Open 2017 ;7:e014405. doi: 10.1136/bmjopen-2016-014405

 

En savoir plus
Analyse d’un protocole d’intervention post-traumatique et de mesures de gestion associées au Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire
Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal
Équipe VISAGE – Violence au travail selon le sexe et le genre

À propos des auteurs
Steve Geoffrion est chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de- Montréal) et professeur adjoint à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Jane Goncalves est analyste en recherche au Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Stéphane Guay est directeur adjoint à la recherche du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, directeur du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, directeur et chercheur du Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et professeur titulaire à l’École de criminologie et au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

 

Pour information

Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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