L’importance de la thérapie comportementale dans le traitement du syndrome de Tourette chez les enfants

Julie Leclerc, chercheure au Centre de recherche de l’Institut Universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM) et professeure au département de psychologie de l’UQAM.

Montréal, le 20 septembre 2018 – Les thérapies cognitives comportementales sont efficaces chez les enfants et adolescents souffrant de trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT).

Telles sont les conclusions d’une étude publiée par Julie Leclerc, chercheure au Centre de recherche de l’Institut Universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM) et professeure au département de psychologie de l’UQAM.

« Les TCC sont une alternative aux médicaments car elles sont à la fois efficaces et disponibles. Mais il en existe plusieurs. L’objectif principal de notre étude a été d’évaluer laquelle des TCC es la plus efficace dans la prise en charge du trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) », déclare Dre Leclerc.

Efficacité des thérapies pour le TOC
La thérapies cognitives comportementales TCC la plus utilisée est l’exposition avec prévention de la réponse (EPR). Son efficacité est cependant limitée, incitant des chercheurs à mettre au point une nouvelle thérapie : la thérapie basée sur les inférences (TBI). La TBI part du principe que les obsessions auraient pour origine un doute pathologique, c’est-à-doute survenant en l’absence totale de preuves provenant du monde réel et sensoriel. La TBI, qui fonctionne chez l’adulte, a été adaptée pour les enfants par une étudiante au doctorat puis, par l’équipe du centre d’études sur le TOC et les TIC (CETOC) au CRIUSMM, avec pour objectif de diminuer les symptômes du TOC. Les résultats préliminaires sont encourageants et une étude clinique de plus grande ampleur est en cours.

Efficacité des thérapies pour le SGT
Les thérapies existantes – renversement des habitudes (RH) et l’intervention behaviorale compréhensive pour les tics (IBCT) – sont régulièrement utilisées mais nécessitent de détecter la survenue du tic, ce que les jeunes enfants n’ont pas forcément conscience de ces phénomènes. Leur succès est donc limité.

Un nouveau protocole (appelé le CoPs) intégrant des facteurs cognitifs, comportementaux et physiologiques a ainsi été développé chez l’adulte par l’équipe du CETOC avec de très bons résultats, puis adapté par la Dre Leclerc auprès d’enfants et d’adolescents sous le nom de « Façotik ». Un essai pilote a montré une diminution de la fréquence et de la sévérité des tics après 12 à 14 séances hebdomadaires. La diminution (de près de 30 %) de l’occurrence des tics persiste après un an après la thérapie.

« Les nouvelles thérapies offertes sont très prometteuses car elles ciblent non seulement la réduction des symptômes visibles mais aussi les facteurs qui déclenchent la série de comportements ».

« Malheureusement, les résultats ne s’accompagnent pas toujours d’un changement des pratiques cliniques, par manque d’information et de formation des professionnels de santé. Il est donc important de mieux faire connaître nos protocoles de traitement », conclut-elle.

Source : Leclerc JB, Pabst A., Valois P., Bombardier M., Berthiaume C.,
 O’Connor., K. TCC spécialisées pour le TOC et le syndrome de Gilles de la Tourette chez l’enfant et l’adolescent : état des connaissances. Journal de thérapie comportementale et cognitive (2018), https://doi.org/10.1016/j.jtcc.2018.06.002

L’étude portant sur l’évaluation de l’effet de la thérapie pour les tics a bénéficié d’une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC : 340559), alors que celle portant sur l’évaluation de l’effet de la thérapie ciblant les épisodes explosifs dans le SGT a bénéficié d’une subvention des Fonds de recherche du Québec—Société et Culture (FRQSC : 180392)

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