Nouvelle étude de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont : La sensibilisation à la douleur augmente le risque de douleur persistante au genou

Montréal, le 30 octobre 2018 – Le fait de devenir plus sensible à la douleur, ou sensibilisation à la douleur, est un facteur de risque important de douleurs persistantes au genou chez les patients atteints d’arthrose. C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs de l’École de réadaptation de l’Université de Montréal (UdeM) et du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CRHMR), CIUSSS-e-l’Est-de-l’Île-de-Montréal, en collaboration avec des chercheurs de la Boston University School of Medicine (BUSM). Les résultats de cette étude viennent d’être publiés dans la revue Arthritis and Rheumatology.

L’arthrose est une cause courante de douleur et de limitation des fonctions articulaires. Elle touche 302 millions d’adultes dans le monde. Elle peut entraîner une incapacité chronique dans l’articulation du genou. Selon des recherches précédentes, divers facteurs autres que la pathologie structurelle peuvent également être source de douleur chez les patients atteints d’arthrose.

« Il est essentiel de comprendre les facteurs qui entraînent une douleur persistante afin de mieux prévenir le déclenchement de la douleur, ainsi que sa transformation en douleur plus persistante », dit Lisa Carlesso, B.Sc, Physiothérapie, Ph.D, professeure adjointe à l’École de réhabilitation de l’UdeM et chercheuse au CRHMR.

Les chercheurs ont analysé les données d’une étude multicentrique sur l’arthrose ayant suivi 852 adultes (âgés de 50 à 79 ans) qui présentaient un risque d’arthrose du genou mais qui ne ressentaient pas de douleur persistante au genou au début de l’étude. Des données sociodémographiques, des mesures de sensibilisation à la douleur, ainsi que les facteurs de risque habituellement associés à la douleur au genou, comme les facteurs psychologiques, la douleur généralisée et le manque de sommeil, ont été recueillis auprès des participants, qui ont ensuite été observés sur une période de deux ans pour voir s’ils ressentaient une douleur persistante au genou.

Les chercheurs ont utilisé les facteurs de risque mentionnés ci-dessus et les données sur la sensibilisation à la douleur pour déterminer quatre sous-groupes distincts appelés

phénotypes de sensibilité à la douleur (PSP). Les auteurs ont constaté que ces PSP se caractérisaient principalement par des degrés différents de sensibilisation à la douleur. Le PSP ayant le degré de sensibilisation le plus élevé présentait le risque le plus élevé de ressentir une douleur persistante au genou. Parmi les indices sociodémographiques qui déterminent l’appartenance au PSP comportant le plus haut degré de sensibilisation à la douleur, on compte les femmes, les personnes non blanches et les personnes âgées de 65 ans et plus.

Selon les chercheurs, la distinction de ces PSP constitue une étape importante pour mieux comprendre le processus pathologique complexe de l’arthrose du genou. « Nos résultats laissent à penser que la thérapie axée sur la prévention ou sur l’amélioration de la sensibilisation à la douleur peut être une nouvelle approche pour prévenir la douleur persistante au genou », explique l’auteure Tuhina Neogi, MD, PhD, professeure de médecine et d’épidémiologie au BUSM et à la BU School of Public Health. « La prévention de la douleur est cruciale pour améliorer la qualité de vie et la mobilité des patients atteints d’arthrose. »

À propos de l’étude
Lisa Carlesso a bénéficié d’une bourse de recherche des Instituts de recherche en santé du Canada et d’une bourse de collaboration de l’Osteoarthritis Research Society International.

La recherche de Tuhina Neogi a reçu des National Institutes of Health (NIH) des États-Unis les subventions P60-AR-47785, R01-AR-062506 et K24-AR-070892.

L’étude multicentrique sur l’arthrose est financée par les subventions U01-AG-18820, U01-AG-18832, U01-AG-18947 et U01-AG-19079 des NIH.

À propos du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-EMTL) regroupe l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Santa Cabrini, le CHSLD Polonais Marie-Curie-Sklodowska et l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l’Île et Lucille-Teasdale. Il compte près de 15 000 employés et près de 1000 médecins répartis au sein de 43 points de services pour une population de 500 000 personnes. Il offre une gamme complète de soins de santé et de services sociaux de première ligne, de soins hospitaliers généraux, spécialisés, surspécialisés et de soins en santé mentale. Il offre également des soins de longue durée en hébergement. Affilié à l’Université de Montréal, le CIUSSS-Est conjugue les missions d’enseignement, d’évaluation et de recherche avec la formation de médecins et professionnels de la santé. Ses deux centres de recherche d’envergure se démarquent sur les plans national et international dans les sphères d’expertise que sont la santé mentale, l’immuno-oncologie, la santé de la vision, la néphrologie et la thérapie cellulaire. www.ciusss-estmtl.gouv.qc.ca

Pour information et entrevues :
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