Obésité et problèmes de santé: Une étude de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont met au jour des mécanismes naturels de protection de l’organisme

 

Dr Przemyslaw (Mike) Sapieha
Dr Przemyslaw (Mike) Sapieha

Montréal, le 16 mars 2018 – L’obésité et ses conséquences néfastes sur la santé, dont les dérèglements métaboliques, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, connaissent une progression qui confine à la pandémie planétaire (Taubes, 2009). L’incidence de l’obésité dans le monde a en effet plus que doublé depuis 1980, et en 2014 on comptait plus de 1,9 milliard d’adultes en situation de surpoids; de ce nombre, 600 millions de personnes étaient obèses, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Actuellement, nous pensons que le syndrome métabolique provoqué par l’obésité est dû à une accumulation excessive de graisses qui déclenche une inflammation dommageable pour l’organisme et qui empêche le bon fonctionnement des organes (Olefsky et Glass, 2010). Parmi les répercussions de ce dérèglement, on compte des perturbations des mécanismes de régulation du taux de sucre.

Une toute nouvelle étude menée par le Dr Przemyslaw (Mike) Sapieha, professeur à l’Université de Montréal et chercheur à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal), et publiée dans Science Immunology montre que, contrairement à ce qu’on pensait, toutes les formes d’inflammation accompagnant la prise de poids ne sont pas néfastes. En fait, des cellules blanches inflammatoires particulières, nommées macrophages de type Neuropilin1-positives, jouent un rôle crucial dans la préparation des tissus adipeux à l’augmentation pondérale. Le gras corporel est composé de milliards de cellules (adipocytes) qui encapsulent l’énergie.

Selon la quantité de calories que nous consommons, les tissus adipeux (gras corporel) prennent de l’expansion ou au contraire se contractent. Pour que l’expansion du gras corporel puisse se faire sans perturber l’organisme, celui-ci doit subir un processus de préparation que l’on peut comparer au sol d’un jardin qui doit être retourné et aéré avant la plantation des graines. La Dre Ariel Wilson, postdoctorante dans l’équipe de Mike Sapieha et première auteure de ces travaux, a ainsi découvert que ce type de cellules s’accumule dans les tissus adipeux et contribue à une prise de poids saine.

Les cellules immunitaires jouent un rôle important en éliminant de notre corps l’excès de gras et aident à intégrer les nouvelles réserves de gras sans causer les complications habituellement associées à l’obésité.

Cette recherche montre en outre que le fait de transférer des cellules immunitaires Neuropilin1-postives (par la moelle osseuse) à des souris qui en sont au départ dépourvues aide l’organisme de ces rongeurs à réguler de nouveau ses niveaux de sucre et confère même une meilleure santé métabolique aux souris. Plus largement, cette étude prouve qu’un sous-type de cellules immunitaires joue un rôle fondamental dans le maintien de la santé pendant la prise de poids, une découverte qui permet de mieux comprendre les complications associées à l’obésité.

À propos du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-Est) regroupe l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Santa Cabrini, le CHSLD Polonais Marie-Curie-Sklodowska et l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et de services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l’Île et Lucille-Teasdale. Il compte près de 15 000 employés et près de mille médecins (ETP) répartis au sein de 43 points de service pour une population de 500 000 personnes. Il offre une gamme complète de soins de santé et de services sociaux de première ligne, de soins hospitaliers généraux, spécialisés, surspécialisés et de soins en santé mentale. Il offre également des soins de longue durée en hébergement. Affilié à l’Université de Montréal, le CIUSSS-Est conjugue les missions d’enseignement, d’évaluation et de recherche avec la formation de médecins et de professionnels de la santé. Ses deux centres de recherche d’envergure se démarquent sur les plans national et international dans les sphères d’expertise que sont la santé mentale, l’immuno-oncologie, la santé de la vision, la néphrologie et la thérapie cellulaire.

Pour information et entrevues :
Florence Meney – relations avec les médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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