Effet des microbes intestinaux sur les maladies oculaires graves

Dr Przemyslaw (Mike) Sapieha
Dr Przemyslaw (Mike) Sapieha

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de cécité irréversible dans les pays industrialisés. En Amérique du Nord, plus de 10 millions de personnes en sont atteintes. Une étude dirigée par le Dr Przemyslaw (Mike) Sapieha, chercheur à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et professeur à l’Université de Montréal, qui vient d’être publiée dans la revue EMBO Molecular Medicine a montré que les bactéries intestinales auraient un rôle important à jouer pour déterminer si un sujet sera atteint de DMLA de type humide, une forme qui entraîne une perte de la vision.

La DMLA se caractérise par une réponse immunitaire renforcée, par des dépôts de graisse importants à l’arrière de l’œil, par les druses molles (DMLA au stade précoce), par la destruction de cellules nerveuses et par la formation de nouveaux vaisseaux sanguins malades (DMLA humide à un stade avancé). Même si elle ne constitue qu’à peine 10 % des cas de DMLA, la DMLA humide est celle qui entraîne le plus souvent la perte de la vision. Les traitements actuels sont de moins en moins efficaces au fil du temps. Il est toutefois important de trouver de nouvelles façons de prévenir l’apparition de cette maladie invalidante.

De nombreuses études sur la génétique de la DMLA ont identifié plusieurs gènes qui prédisposent à la DMLA, mais aucune d’entre elles n’a attribué l’apparition de la maladie à un gène en particulier. Les données épidémiologiques indiquent que chez les hommes, généralement, l’obésité abdominale vient au deuxième rang des facteurs de risques environnementaux, après le tabac, pour la progression de la DMLA à un stade avancé de perte de la vision. Jusque-là, les mécanismes qui font ressortir ce constat restent mal définis. Elisabeth Andriessen, doctorante au laboratoire du professeur Sapieha, a découvert que des changements dans les communautés bactériennes intestinales, comme ceux qu’apporte un régime riche en gras, peuvent causer une inflammation de faible intensité à long terme dans tout le corps, et favoriser par la suite des maladies telles que la DMLA humide. Parmi les expériences menées lors de cette étude, le groupe de chercheurs a effectué des greffes de matières fécales de souris recevant une alimentation à teneur normale en gras sur des souris recevant un régime riche en matières grasses, et a constaté  un ralentissement dans la progression de la DMLA humide.

« Il ressort de notre étude que des régimes riches en gras modifient le microbiote intestinal de façon à aggraver la DMLA humide, une maladie vasculaire due au vieillissement de l’œil. Le fait d’agir sur les types de microbes qui résident dans les intestins, par un régime alimentaire ou par d’autres moyens, pourrait donc modifier le risque de développer la DMLA et la progression de cette maladie qui entraîne une perte de la vision », explique le professeur Sapieha.

Le professeur Sapieha est titulaire de la Chaire de recherche translationnelle en dégénérescence maculaire de la Fondation Wolfe et de la Chaire de recherche du Canada en biologie cellulaire de la rétine. L’étude a été financée par la Foundation Fighting Blindness, par les Instituts de recherche en santé du Canada et par le Fonds de recherche en ophtalmologie de l’Université de Montréal.

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