Rapport sur le trouble du spectre de l’autisme

L’Institut nationale de santé publique du Québec (INSPQ) vient de publier un rapport de surveillance sur les troubles du spectre de l’autisme auquel trois de nos experts de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) ont participé à titre de co-auteurs.

Dr Alain Lesage

Le Dr Alain Lesage, psychiatre et chercheur à l’IUSMM a été désigné par l’INSPQ comme porte-parole pour commenter les conclusions de ce rapport. Également, le Dr Alexis Beauchamp-Chatel, psychiatre au Programme de déficience intellectuelle en psychiatrie du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal et la chercheure à l’IUSMM Mélina Rivard sont associés à la rédaction du rapport.

Ce document présente la prévalence et le taux d’incidence du trouble du spectre de l’autisme (TSA). Il estime également les déterminants socioéconomiques, les maladies concomitantes, l’utilisation des services et la mortalité chez les enfants et les adolescents concernés à partir de données médico-administratives jumelées.

Mélina Rivard

Les estimations ont été obtenues à partir d’un suivi longitudinal allant du 1er avril 2000 au 31 mars 2015 pour toutes personnes admissibles à la couverture du régime de santé âgées de 1 à 24 ans. Pour être considéré comme ayant le TSA, l’individu devrait avoir eu au moins une visite médicale ou une hospitalisation avec un diagnostic principal de TSA.

Faits saillants
• Les résultats montrent un accroissement constant du TSA dans le temps. En 2014-15, il y avait au Québec près de 17 000 personnes âgées de 1 à 17 ans diagnostiqués pour un TSA.
• La prévalence du TSA variait considérablement d’une région à l’autre allant de 0,7 % à 1,8 % chez les personnes âgées de 4 à 17 ans.
• La prévalence à vie mesurée par le SISMACQ (1,4 %) est relativement semblable à celle du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (1,3 %) démontrant ainsi la possibilité d’utiliser des sources médico-administratives afin d’effectuer la surveillance du TSA.
• L’indice de défavorisation matérielle ne montre pas de relation claire avec la prévalence du TSA, alors que l’indice de défavorisation sociale suggère une augmentation linéaire du taux de prévalence du TSA allant des très favorisés aux très défavorisés.
• L’examen des maladies physiques et mentales concomitantes effectué dans la première année de vie et au cours de la vie indique, de manière générale, une prévalence plus importante parmi les personnes avec un TSA en comparaison à la population générale sans TSA.
• Les pédiatres et les psychiatres sont les médecins les plus consultés par les personnes avec un TSA. Les types de professionnels consultés changent avec l’âge des personnes ayant un TSA. L’examen de l’utilisation des services révèle qu’avec le passage à l’âge adulte, les services spécialisés aux fins de santé mentale diminuent et sont fournis par les médecins de famille.
• Avec 75 décès observés sur une période de 15 ans, le taux de mortalité total chez les personnes avec un TSA est trois fois plus élevé que dans la population générale sans TSA.

En conclusions, l’information issue de ce rapport permet de dresser un portrait inédit du TSA au Québec sur la base des nouveaux indicateurs de surveillance développés dans le cadre du SISMACQ et fournit de nombreuses pistes pour de futures recherches. Il s’agit notamment d’explorer les causes du TSA, la surmortalité observée avec ce trouble, ainsi que d’étudier l’association entre les variations de la disponibilité des services de santé et la prévalence du TSA.

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Les médias en parlent…
La Presse
Journal de Montréal
Radio-Canada – Mauricie

Pour information
Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
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