Un nouveau traitement pour les comportements répétitifs axés sur le corps

Un traitement cognitif psychophysiologique mis au point par des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal) et de l’Université de Montréal permet maintenant de traiter différemment les comportements répétitifs centrés sur le corps, selon une étude publiée dans le Journal of Clinical Psychology.

Ces comportements répétitifs regroupent des gestes compulsifs tels que la trichotillomanie (s’arracher les cheveux), l’excoriation (s’arracher la peau sans s’automutiler) et l’onychophagie (se ronger les ongles).

Kieron O’Connor, chercheur

« Le traitement habituel pour les comportements répétitifs centrés sur le corps est une thérapie comportementale qui consiste principalement en l’apprentissage d’une réponse incompatible avec l’action, permettant ainsi de supprimer l’habitude, » explique Kieron O’Connor, chercheur et directeur du Centre d’études sur les tics et les tocs (CETOCT) de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

« Par exemple, pour empêcher son comportement, une personne qui se ronge les ongles de manière compulsive pourrait les vernir. En s’occupant différemment, l’habitude finie par changer et elle devient alors plus facile à arrêter. »

Cette étude a évalué 54 personnes qui ont suivi un nouveau traitement cognitif de la gestion des comportements répétitifs axés sur le corps sur une période de 14 semaines. Lors de la thérapie, les chercheurs ont évalué les facteurs déclencheurs du comportement chez les participants, en s’intéressant plus spécifiquement à l’interprétation de l’environnement de chacun lorsque l’habitude se manifeste. L’objectif du traitement était de permettre aux participants d’apprendre à réagir différemment à leur environnement, en particulier, en tentant d’être moins perfectionniste dans la planification leurs actions.

« Prenons l’exemple d’une personne qui a tendance à s’arracher des bouts de peau lorsqu’elle doit conduire sa voiture » explique Kieron O’Connor, premier auteur de l’article et professeur titulaire à l’Université de Montréal. « Pour cette personne, la conduite automobile est stressante et elle craint constamment les critiques des autres, ce qui fait qu’elle planifie minutieusement chaque aspect de sa conduite. Lors du traitement, elle apprend à accepter que sa conduite n’est pas parfaite et à abandonner la planification excessive de chacun de ses déplacements. Puisque la personne tolère mieux les critiques des autres et qu’elle n’essaie plus de contrôler chacun de ses gestes, elle ne ressent plus le besoin de s’arracher des petits bouts de peau ».

Résultats
Les résultats démontrent que le traitement cognitif psychophysiologique amène une amélioration significative chez 74% des participants, un taux de réussite qui est plus de 2 fois (2,24) supérieur à celui de participants qui sont en attente pour suivre une thérapie.

« Le progrès a autant été constaté chez les hommes que chez les femmes. La diminution des symptômes s’accompagne d’une baisse du perfectionnisme et de la planification excessive. Concrètement, la qualité de vie de ces personnes est grandement améliorée », souligne Kieron O’connor.

Les gains acquis par les participants étaient maintenus six mois après le traitement. Ce traitement cognitif innovateur est donc une alternative valable aux approches comportementales et à l’utilisation de médication pour les personnes aux prises avec des comportements répétitifs centrés sur certaines parties du corps.

Pour information
Catherine Dion
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