Violence conjugale bidirectionnelle chez les jeunes couples et impacts psychologiques importants

Selon une nouvelle étude, plus du tiers des jeunes sont exposés à de la violence physique dans leur couple et lorsque cette violence est bidirectionnelle, les impacts psychologiques sont plus importants. Les résultats de cette recherche, réalisée par l’équipe du Centre d’étude sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal), viennent d’être publiés dans la revue Violence and Victims.

L’objectif de l’étude

Stéphane Guay

« L’objectif de cette étude était d’évaluer si la détresse psychologique et la manière dont elle se manifeste chez des jeunes hommes et femmes impliqués dans la violence conjugale dépend du rôle qu’ils estiment avoir eu, agresseur ou victime, durant l’acte de violence physique », mentionne Stéphane Guay, chercheur et directeur du Centre d’études sur le trauma de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Méthodologie
Plus de deux cents couples, âgés en moyenne entre 22 et 23 ans, ont été sélectionnés pour participer à cette étude. Durant la recherche, chaque participant a complété un premier questionnaire concernant la présence de violence physique entre son partenaire et lui-même, dans les 12 derniers mois. Un second questionnaire portait sur la fréquence des symptômes de détresse psychologique (anxiété, colère, dépression ou troubles cognitifs), dans les sept derniers jours.

Les principaux constats
Durant l’étude, les chercheurs ont constaté que le modèle le plus habituel de violence conjugale est le modèle bidirectionnel, c’est-à-dire un modèle où les deux conjoints sont à la fois des agresseurs et des victimes. Concrètement, 21,46 % des hommes disent vivre de la violence bidirectionnelle dans leur couple, comparativement à 24,39 % chez les femmes. Qui est l’agresseur? Qui est la victime? Est-ce que l’agresseur est aussi une victime? Cela reste une question de perception!

Josette Sader

« Également, nous nous entendons pour dire que la violence conjugale a toujours des impacts psychologiques, mais notre étude a démontré que la détresse psychologique, vécue par les deux membres du couple, est plus importante en présence de violence bidirectionnelle », souligne Josette Sader, première auteure de l’article et professionnelle de recherche au Centre d’étude sur le trauma.

Une explication possible : le phénomène de « l’accouplement assorti ». Suivant cette hypothèse, les individus qui courent le plus grand risque de commettre un acte de violence conjugale et de développer d’autres problèmes sociaux sont susceptibles de choisir des partenaires semblables à eux-mêmes.

En conclusion
À la lumière de ces découvertes et, considérant l’importance du sujet qu’est la violence conjugale chez les jeunes adultes, il serait important que davantage de stratégies de prévention soient déployées auprès des jeunes préadolescents ou des adolescents.

« Nous suggérons que les interventions commencent vers l’âge de treize ans, un âge auquel la plupart des adolescents s’intéressent aux rencontres entre garçons et filles », affirme Josette Sader et son équipe. Cela permettrait de sensibiliser les jeunes et de détecter certains comportements précurseurs de la violence physique. De plus, c’est lors de cette période, soit le début de l’adolescence, que les changements sont les plus susceptibles de devenir des comportements durables.

Source : Sader, J., Roy, C., & Guay, S. (2017). Intimate partner violence and psychological distress among young couples: The role of the pattern of violence.Violence and Victims. En impression.

Pour information
Catherine Dion
Agente d’information – relations médias
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