Semaine de prévention du suicide

Cette année, la Semaine nationale de prévention du suicide aura lieu du 4 au 10 février. La semaine thématique a pour objectif de sensibiliser la population à ce problème et de faire connaître les ressources d’aide disponibles en encourageant la discussion au sujet du suicide. L’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) a donc orienté la campagne sous le thème Parler du suicide sauve des vies. Parlons-en alors avec Réal Labelle, chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM) et directeur par intérim du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide, enjeux éthiques et pratiques de fin de vie de l’UQAM.

Parlons-en avec Réal Labelle du CR-IUSMM

Photo de M. Réal Labelle

En discutant avec monsieur Labelle à propos du suicide, on voit tout de suite que c’est un sujet qui lui tient à cœur. En particulier, il mentionne les recherches et développements pour mieux repérer les signes des personnes à risque et augmenter le taux de succès des interventions. « Il existe beaucoup de recherches pour étudier le comportement des gens à risques. Grâce à ces études on développe des méthodes pour repérer les signes de risques de suicide et des approches pour intervenir. Par contre, le transfert des connaissances se fait difficilement auprès des intervenants et de la population » constate monsieur Labelle.

Malgré les constats et les recommandations de la recherche, les acteurs du réseau de la santé ne semblent pas avoir le temps nécessaire pour écouter la souffrance. Il faut suivre les protocoles, libérer les lits, etc. Par exemple, les hommes ne se confient pas dans la même façon que les femmes, ils ont moins tendance à s’ouvrir en étant assis à une table, ils sont plus enclins à parler de leur souffrance dans un contexte d’action comme en marchant ou en participant à une activité physique. Toutefois, on dispose de peu de temps pour adapter les services à ce type de comportement.

La technologie facilite l’accès à de l’information et à des soins. Les sites Web, les applications et les autres outils sont efficaces pour répondre au besoin d’intervention d’une personne présentant un faible risque de suicide. Cependant, le facteur humain demeure essentiel. Les outils technologiques fonctionnent à distance, alors que la relation directe de personne à personne est indispensable pour un grand nombre d’interventions. Il est clair pour Réal Labelle que le thème de la Semaine nationale de prévention du suicide est pertinent, car il est important d’en parler.

Premiers soins en santé mentale

Réal Labelle et Stéphane Guay, directeur scientifique du CR-IUSMM, en collaboration avec la Direction du programme Jeunesse et des activités de santé publique, ont le mandat d’étudier l’implantation du programme « Premiers soins en santé mentale » dans le territoire du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, grâce à un généreux don qu’a obtenu la Direction du programme Jeunesse et des activités de santé publique. Il s’agit d’un programme pour améliorer les connaissances et fournir des compétences pour reconnaître les signes de besoins de soins en santé mentale. Pour les personnes qui travaillent auprès des jeunes (professeurs, intervenants communautaires, etc.) cela leur donne des outils pour repérer les signes de risques de suicide et pour savoir comment intervenir. Monsieur Labelle explique que les facteurs de risques peuvent être observés à un jeune âge et qu’une intervention rapide peut faire une grande différence pour le succès des traitements.

Parler du suicide du point de vue intervention et soins nous donne un aperçu d’une facette d’un sujet très complexe. Le thème Parler du suicide sauve des vies est tout à fait approprié pour cette semaine de sensibilisation. En discutant avec Réal Labelle, on soulève des questions et on met en lumière des projets pour améliorer les ressources et les méthodes d’intervention pour prévenir le suicide. Peu importe le contexte, qu’on soit un professionnel du domaine de la santé, une personne qui travaille auprès des jeunes ou un citoyen concerné par le bien-être de ses proches, parler du suicide est un pas vers la prévention. Dans tous les cas, si parler peut faire avancer les choses et encourager les gens à s’ouvrir au sujet du suicide, il faut également savoir observer les signes et surtout savoir prendre le temps d’écouter.