La prise de contraceptifs oraux liée à une augmentation des pensées vagabondes chez les femmes

Catherine Raymond, chercheure à l’IUSMM

Montréal, le 16 novembre 2018 – Une nouvelle étude menée par des chercheurs du Centre d’études du stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM) démontre que les femmes utilisant un contraceptif oral présentent une fréquence plus élevée de pensées vagabondes (mind wandering) au quotidien. Les pensées vagabondes, un processus cognitif associé à toutes les pensées que nous avons et qui ne sont pas en lien avec la tâche que nous effectuons, ont d’ailleurs été reconnues comme un précurseur marqué de vulnérabilités cognitives chez les individus qui sont à risque de développer des troubles de l’humeur. « L’objectif de cette étude était de vérifier si la prise de ces hormones synthétiques était associée à des vulnérabilités cognitives chez des jeunes femmes en santé qui ne souffrent pas, ou pas encore, de dépression majeure », explique Catherine Raymond, chercheure associée à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Dans le cadre de l’étude, la fréquence des pensées vagabondes de 28 femmes qui prennent un contraceptif oral depuis au moins un an ont été évaluées en comparaison à deux groupes de contrôle, soit 14 femmes qui ne prennent pas de contraception orale et 29 hommes. Les résultats démontrent que les femmes qui prennent des contraceptifs oraux ont des pensées vagabondes plus fréquemment au quotidien contrairement aux deux autres groupes.

Un lien potentiel vers la dépression
Des études antérieures traçaient déjà un lien entre une humeur dysphorique et la prise d’un contraceptif oral. Les résultats de la présente étude suggèrent par contre que cette association pourrait être partiellement expliquée par l’impact de la prise d’un contraceptif oral sur le processus cognitif sous-jacent aux pensées vagabondes. « Cette étude supporte l’idée que la prise de contraceptifs oraux augmente la vulnérabilité cognitive qui pourrait mener à la dépression et qu’il pourrait être utile de mesurer les pensées vagabondes chez les femmes utilisant des contraceptifs oraux afin de savoir si elles sont plus à risque de souffrir de dépression ultérieurement. », conclut Catherine Raymond.

À propos de l’étude
L’étude « Increased frequency of mind wandering in healthy women using oral contraceptives » a été rédigée par Catherine Raymond, Marie-France Marin, Robert-Paul Juster, Sarah Leclaire, Olivier Bourdon, Sophia Cayer-Falardeau, & Sonia J. Lupien.

À propos du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS-EMTL) regroupe l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Santa Cabrini Ospedale, le CHSLD polonais Marie-Curie-Sklodowska et l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, de même que les centres de santé et services sociaux de Saint-Léonard et de Saint-Michel, de la Pointe-de-l’Île et de Lucille-Teasdale. Il compte près de 15 000 employés et près de 1 000 médecins répartis au sein de 43 points de services pour une population de 500 000 personnes. Il offre une gamme complète de soins de santé et de services sociaux de première ligne, de soins hospitaliers généraux, spécialisés, surspécialisés et de soins en santé mentale. Il offre également des soins de longue durée en hébergement.

Affilié à l’Université de Montréal, le CIUSSS-EMTL conjugue les missions d’enseignement, d’évaluation et de recherche avec la formation de médecins et professionnels de la santé. Ses deux centres de recherche d’envergure se démarquent sur les plans national et international dans les sphères d’expertise que sont la santé mentale, l’immuno-oncologie, la santé de la vision, la néphrologie et la thérapie cellulaire. www.ciusss-estmtl.gouv.qc.ca

Pour information et entrevues :
Christian Merciari – relations avec les médias
CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal
514 235-4036 christian.merciari.cemtl@ssss.gouv.qc.ca